dimanche 20 mai 2007

Les mystères de la vie

Si vous êtes à la recherche de sujets de conversation originaux qui pourraient vous mettre en valeur lors de soirées mondaines, vous apprécierez certainement ce qui suit.

Posez tout d’abord la question « Des frères siamois sont-ils des jumeaux ? ». Vous serez ébahi par la diversité des réponses obtenues. Le sujet garantit au moins un quart d’heure de discussions acharnées. Vous pouvez pimenter le débat en ajoutant : « Jumeaux oui, mais vrais ou faux jumeaux ? ».

Dès que l’effervescence retombe vous pouvez relancer la machine en demandant : « Combien de temps au maximum peut-il s’écouler entre la naissance de deux bébés (de la même mère) pour qu’ils soient encore considérés comme jumeaux ? ». Il y a toujours quelqu’un pour proposer deux semaines, ou encore neuf mois.

Si cela ne suffit pas, essayez de vous aventurer dans la génétique. Une femme (dont les cellules possèdent une paire de chromosomes XX) accouche d’un garçon (affublé, lui d’une paire XY). « A quel endroit de la mère et du bébé se trouve la frontière entre les cellules XX et les cellules XY ? ». Beaucoup penseront au cordon ombilical, mais ce n’est pas la bonne réponse. Documentez-vous sur le sujet afin d’épater vos amis.

Juste avant de quitter cette charmante soirée, racontez l’histoire des deux frères siamois, dont l’un a été séparé, mais pas l’autre. L’un des deux, celui qui n’avait pas été séparé, s’est suicidé de désespoir. Jusqu’où est-il mort ??

Moralité : une soirée, ça se prépare.

samedi 19 mai 2007

La Suisse est-elle une secte ?

En observant attentivement cet inutile nombril au centre de l’Europe, ce modèle inadapté de démocratie virtuelle, certains détails surprennent.

En début d’année, la TSR (Très Sainte Religion) énumère quasi quotidiennement, dans les journaux télévisés, les indécents bénéfices des grandes multi nationales helvétiques. Plus de sept milliards de bénéfice annuel pour Novartis, près de dix milliards pour Roche (le pharmacien de quartier) et quasiment autant pour des dizaines d’autres sociétés.

Visiblement le gourou et ses évangélistes se portent bien. Où est donc le problème ? Chaque Suisse devrait exploser de joie à l’annonce de ces réussites financières. Le pays prospère et chaque citoyen naïf pourrait se prendre à espérer des retombées bénéfiques sur sa vie quotidienne.

C’est sans compter sur un détail : ces milliards engrangés ne profitent pas aux adeptes dont le seul rôle est de travailler à l’expansion des organes de propagande. Les bénéfices sont communiqués dans le but que chacun se remotive régulièrement pour œuvrer dans l’intérêt général de la communauté.

Les assurances se portent à merveille, alors que les assurés passent pour quantité négligeable. Les primes ne cessent d’augmenter et les disciples n’ont aucune autre alternative que de payer sans rien dire.

Dans cette « référence démocratique », la moindre virgule, le moindre poisson supplémentaire dans le Léman sont soumis à votation. Encore faut-il que les objets soient simplement énoncés, que les sous-entendus et les effets de bord soient avoués. Plus d’un membre de cette étrange communauté s’est retrouvé à subir les conséquences néfastes d’une votation dont il n’a pas forcément mesuré les impacts, faute de clarté. Il se sent alors coupable et l’équipe de gestion le prend alors sous son aile protectrice et le console.

Quand il s’agit de voter sur une question du genre « Etes-vous d’accord pour une gestion plus saine et transparente des finances de l’Etat ? », qui oserait dire non ? Le résultat n’est pas acquis d’avance ; il y a souvent une raison cachée derrière une question anodine.

Un adepte pourrait vouloir se rebeller, vouloir partir ailleurs ! Une telle décision est difficile à prendre tant les liens qui le retiennent sont nombreux : travail, obligations militaires ou fiscales, études. Il peut alors devenir pauvre et errant dans le pays le plus riche du monde. Avec un peu de chance, il parviendra même à mourir de faim.

N’oublions pas que chaque Suisse dont la situation devient désespérante dispose, dans son armoire, d’un fusil d’assaut. Son utilisation inappropriée provoque près de 300 morts par an. S’agirait-il de déçus tentant un transit vers Sirius, autosuggestionnés qu’ils sont d’être devenus inadaptés ? Pour un pays neutre et sans ennemis, disposant d’une armée de « paix », cela fait beaucoup de vies perdues.

Moralité : non, la Suisse n’est pas une secte, mais un merveilleux pays géré par chacun dans l’intérêt de tous.

vendredi 18 mai 2007

La création

Une vieille dame agresse sauvagement une bande de skinhead.

Un piéton renverse et tue un automobiliste.

Un jeune enfant blesse un pitbull dans un parc.

Une société licencie 30 directeurs.

Un handicapé en fauteuil roulant utilise abusivement des places de parc automobile.

Une mère de famille se suicide en se jetant par la fenêtre de son appartement du rez-de-chaussée.

Un chat sauve un pompier coincé dans un arbre.

Un parapentiste chevronné se tue dans un ascenseur.

Le groupe de sauvetage nautique retrouve un canard noyé dans le Léman.

Un automobiliste mécontent se casse une jambe en voulant déféquer dans un nid de pigeons.

Un cycliste amateur qui refusait le dopage par peur des aiguilles meurt du tétanos.

Dorénavant, pour des raisons d’économie, le transport d’organes pour les greffes se fera par les transports publics.

Un badaud fait exploser accidentellement trente kamikazes.

Un taureau met à mort un torero et repart avec les oreilles et la queue.

Un gardien de prison se fait la belle ; les prisonniers sont à sa recherche.

Un moustique pulvérise une tapette à mouches.

Intoxication dans une église : les hosties n’étaient pas fraîches.

Dans une pharmacie un client demande deux hosties pour mieux avaler un crucifix.

Un curé se confesse par accident à l’un de ses fidèles.

Un iceberg coule à pic en heurtant un chalutier.

Un paysan transgénique meurt après avoir mangé du maïs bio.

Une icône du bureau de Windows fabriquée par Ikea s'effondre et tue le Docteur Watson.

Un adolescent disparaît. Google engage des recherches et pense pouvoir le retrouver en 0.03 secondes.

Un chômeur travaille dur pour retrouver un emploi.

Un vétérinaire pique sept fois un chat en fin de vies.

Un dragueur invétéré met en place un réseau « Oui, fille ! »

lundi 14 mai 2007

Grippe aviaire

Bonaparte aimait le chocolat. Il faut bien avouer que ce n'est pas très utile. Fleur coupée et mousse n'amassent pas le baratin de Xavier. Qui est Xavier ? Je ne sais pas, peut-être jeudi ou Robinson. Et là, plus personne ne suit, ciel bleu et nuages. Dans le triangle de la fenêtre ouverte, on sent le vent à travers les feuilles de l'arbre à drogue qui rugit dans sa caisse. Poules et crustacés, avec un matelas pneumatique, promenez-vous en ville. Les palmes et le tuba sont des moyens de communication rouges et jaunes. Et si la canne adhère c'est la grippe aviaire.

Le chat n'est plus là, il est parti avec le réfrigérateur et le répondeur. Le pauvre s'ennuyait, car le poulailler a brûlé jeudi matin. C'est la faute de Xavier, mais qui est donc ce Xavier ? Le Titanic a sombré hier après-midi. Ce n'est pas très grave, car il était déjà au fond de la piscine lorsqu'on l'a découvert. Aucune victime à déplorer, uniquement des morts. L'armoire ne s'en est pas sortie, il faut dire à sa décharge qu'elle était normande. Tout le monde le dit: "Armoire normande, Poivre d'Arvor".

Je préfère le poivre de Cayenne, surtout le court. Et les cheveux, on n’en parle pas, mais les cheveux c'est important. Ça sert à friser, à défriser, et à sucrer les fraisiers. Après tout, les fraises c'est bleu et conique comme un clown blanc.

Encore Napoléon, mais cette fois-ci le rouge a gagné. C'était prévisible, car il n'avait pas d'armoire normande, lui. Mais si le rouge a gagné, c'est aussi parce que le jaune a coulé le Titanic. À l'envers Titanic ça fait Cinatit. N'est-ce pas une marque de colle tout usage ? Non, c'est Bergamote, le chat de Zébulon qui ne colle pas dans l'histoire. Oui, toujours cette histoire de poulailler. Il faut dire que les poules se sont toutes échappées en moto.

La voiture roulait vite; normal, le chauffeur était mort. C'est bien la première fois que le jaune conduisait tout en étant décédé. Le kiosque vert trônait au centre de la place. On l'appelait Joséphine, car il était en face du café Bonaparte. Manchot, son casque était noir, peut-être même blanc, ça dépend de la lumière.

L'éléphant à trois cornes jouait de la cornemuse en sifflant dans un tuba. Le tuba de la mouche, on ne se mouche pas dans un tuba, sinon ça fait un démonte-pneu.

mardi 8 mai 2007

La banane tue


L'OMSAC a récemment publié une étude démontrant la dangerosité des bananes. La consommation, même modérée, de bananes serait nocive pour la santé. Cette conclusion se fonde sur une analyse effectuée pendant trois ans sur les statistiques d’accidents/décès liés directement à la consommation de bananes.

Il peut paraître étonnant, voire troublant, qu'une banane puisse être dangereuse. Ce problème pourtant bien connu des services d'urgences des hôpitaux est fréquemment évincé des médias. L'économie mondiale de la banane est l'une des plus florissantes. La banane est une source de revenus importante pour les pays en voie de développement. Les conclusions de cette étude déplaisent fortement aux pays exportateurs de bananes.

Pourtant l'aspect nocif de ce fruit ne peut être négligé. D’après des analyses scientifiques certains décès peuvent être imputés directement à la banane.

Mme Schickitung, mère de famille depuis 1993 témoigne : "J'ai vu toute ma famille décimée à cause de ce fruit. Au début, je ne comprenais pas. Il a fallu que je me rende à l'évidence. La banane avait causé la perte de tous les êtres que j'aimais". Ce témoignage poignant est une preuve de plus que la banane est dangereuse.

Une campagne d'information sera prochainement diffusée dans tous les médias afin d'aider la population à comprendre tous les aspects néfastes de la banane. Une loi est également à l'étude afin d'apporter un nouvel étiquetage qui porterait la mention « La banane tue ».

Après ces terribles constatations, l'OMSAC (Organisation Mondiale de Surveillance des Aliments Courbés) tient à rassurer la population concernant la toxicité d'autres fruits. La papaye n'est absolument pas dangereuse. C'est le cas également des oranges et des mandarines. Toutefois, une réserve est émise pour les citrons. Nous pourrions bientôt assister à un moratoire sur la vente , et donc la production, de ces derniers.

Moralité: avoir la banane devient dangereux. Il faut très vite se rabattre sur la frite.

dimanche 6 mai 2007

Mes documents

Encore une fois, merci à Microsoft sans qui je ne saurais pas où mettre mes affaires. Depuis que le dossier Mes documents existe je suis sauvé ; tout ce que je possède est enfin à portée de main.

Avant, mon disque dur était totalement désorganisé. J’avais des fichiers dans tous les recoins. Depuis que Windows m’a suggéré un endroit unique pour enfouir mes documents, je me sens mieux. Plus besoin de réfléchir. Ma vie est un paradis, aussi bien organisée qu’une fourmilière.

Je sais maintenant que j’ai 180 Goctets de choses qui m’appartiennent. Quand je vois une belle photo au hasard de mon butinage de toile, je la place dans Mes documents. Instantanément elle devient mienne. Après tout ce sont Mes documents ! C’est mon espace privé. D’ailleurs Mes documents se trouve dans un dossier qui porte Mon nom. Son contenu est même doublement en ma possession.

Microsoft a pensé à tout. Pour bien me convaincre que ces fichiers son en ma possession, il a créé des subdivisions bien pratiques pour l’organisation de mon bordel ambiant : Ma musique, Mes albums, Mes eBooks, Mes fichiers PSP, Mes formes, Mes Google Gadgets, Mes images, Mes ordinateurs virtuels, Mes vidéos. Et Microsoft sait que je dois travailler mon anglais ; alors il m’a aussi créé des dossiers My Light Notes, My Pictures, My Skype Received Files, May Wallpapers, My Web Sites, My Widgets, etc

Tout est regroupé, tout est à moi. Ma vie est dans Mes documents. Quand je pars en vacances je prends Mes documents avec moi. Rien n’y manque. Quoi que…

Comme j’ai bien compris cette avancée technico-philosophique de Microsoft, je l’ai améliorée en ajoutant Ma voiture, Mon dentifrice, Mon dernier rhume, Mes animaux, Ma poubelle, Ma carte d’identité, Mes fantasmes, Mes lunettes, Ma femme, Ma plante verte et bien d’autres.

J’ai même fait mieux ; le premier niveau ne m’a pas suffi. Dans Mes animaux j’ai créé Mon chien, Mon chat.

Et là, tout à coup, la faille du système, le grain de sable qui met le bâton dans les roues. Mon chien m’appartient, mais il a parfois des tiques et ses tiques me posent des problèmes. S’agit-il de Ses tiques ou de Mes tiques ? J’ai demandé conseil à Microsoft et il est ressorti que les tiques de Mon chien sont, pour des raisons techniques d’organisation de fichiers, également les miennes.

Moralité : depuis quelque temps mon dos me démange. Je pense prendre un rendez-vous chez mon vétérinaire.

samedi 5 mai 2007

Le lingot dort


Tout le monde en a vu un au moins une fois dans un film et s'en fait une image très précise. Pourtant, c'est un objet dont on ignore quasiment tout : le lingot d'or.

Selon l'encyclopédie, le lingot est une masse définie d'un métal coulée en un bloc solide. On l'utilise surtout pour les métaux précieux. L'or, l'argent ou le platine sont ainsi lingotés afin de permettre aux banques centrales de thésauriser des réserves de fonds. On parle également de lingot en finance et notamment en bourse. Il existe même un lingot spécial dit "lingot d'or de bourse". Attention, il ne s'agit pas d'un vulgaire morceau de métal ; ce lingot-là possède des propriétés qui le distinguent de ses congénères.

Tout d'abord son poids ; il pèse entre 995 et 1005 grammes. Son titre de pureté est au moins de 995 grammes d'or pur pour 1000 grammes de lingot. Et il est toujours accompagné de son diplôme de lingot d'or appelé aussi « certificat ». En revanche, ce n'est pas un kilo d'or normal. C’est un kilo d'or « de bourse ». Grâce à cette fonction, il n'est pas soumis à la TVA. Étonnant ? Ce n'est pas tout. Lorsque vous le vendez, il n'est pas non plus soumis au BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux). Le lingot d'or de bourse, c'est la crème des crèmes.

Les lingots sont fabriqués par des fondeurs, mais il existe un métier bien plus surprenant dans le domaine, celui « d'essayeur ». Ce dernier est chargé d’établir le certificat après mesure et validation du lingot. Une des techniques utilisées consiste à faire « sonner » le lingot. En fonction de la douce mélodie entendue, on peut identifier un faux lingot d’un vrai.

Pendant la guerre, on a fabriqué de faux lingots. Appelés lingots « tocs » ou lingots « fourrés » ils sont, pour les premiers, entièrement en plomb et leur poids et leur certificat sont faux. Les seconds sont bien plus finement pensés. Sous une épaisseur d'or, ils cachent une âme de plomb ou de tungstène. Ils pèsent le même poids qu'un vrai lingot et sont muni d'un certificat authentique. Ils étaient entièrement évidés à la main, avec une gouge, afin d'être rempli avec un autre métal. Les finitions étaient parfois faites avec une fraise de dentiste.

Il existe également des mégas lingots ; ceux que l'on voit d’ailleurs dans les films. Il s'agit d’une « barre d'or de bourse ». Elle pèse plus de douze kilos, ce qui la rend plus facilement falsifiable. En effet, les balances qui mesurent des poids d’une dizaine de kilo avec une précision d’un dixième de gramme ne sont pas légion.

On peut trouver différentes qualités de lingots. En fonction des pays dans lesquels ils sont coulés, certaines caractéristiques peuvent changer. Heureusement tous pèsent légalement un kilo. Les lingots de facture française sont, par exemple, un peu plus irréguliers, épais et portent des traces du moule. En Suisse ou en Afrique du Sud, les lingots sont beaucoup plus soignés. Leur poids est rigoureusement exact et identique pour tous, 1000 grammes, et leur titre est toujours de 995/1000. Ils contiennent donc exactement 995 grammes d'or. Leur forme de petite plaque parfaitement régulière et lisse permet de les appeler « lingots d'or plats ». Ils sont toutefois plus rares et légèrement plus chers.

Tous les lingots ne se valent décidément pas.

Moralité : quand le lingot dort, le banquier veille.

vendredi 4 mai 2007

Tromperie par omission

Tout ce que nous absorbons, regardons, touchons et utilisons est sain, testé, approuvé et dépourvu de tout danger potentiel. Les normes et les lois sont respectées, donc nous vivons dans un monde technologiquement et sanitairement parfait.

Oui, mais…Est-ce que par hasard…Est-on absolument sûr…La relativité et la subjectivité n’auraient-elle pas une petite place…

Tout n’est pas noir ou blanc. La moyenne gaussienne des individus supporte parfaitement le blanc, éventuellement un peu de gris. Mais le noir représente le poison mortel, la guillotine en costume de fête, la mort subite. Alors que faire ? Très simple : on invente les normes, les valeurs limites, les doses à ne pas dépasser ou pire, les doses maximales admissibles. Tout à fait rassurant et très cartésien, mais quelle valeur maximale faut-il indiquer dans la loi ? Gris foncé, gris anthracite, noir clair, blanc noirci à la suie ?

Même après avoir fixé des normes, tout peut évoluer. Prenons le cas du taux de pollution de l’eau des puits artésiens de la plaine du Po. Le jour où une majorité d’entre eux fournissait de l’eau trop polluée, les autorités ont simplement modifié la valeur légale maximale de polluants autorisés et, comme par miracle, l’eau est devenue pure et inoffensive.

Prenons un exemple analogue, mais plus simple, à la hauteur de tous les neurones. Dans une piscine sont jetées une dizaine de crottes de chiens. La loi dit que jusqu’à douze crottes on peut se baigner sans risques. Or, après quelques jours on découvre de nouvelles crottes, ce qui porte le total à quinze. La baignade devrait être interdite ; elle ne répond plus aux normes légales. Il faudrait supprimer quelques crottes, mais cela demande du travail et coûte de l’argent. Autre solution : changer la norme. Dorénavant, c’est jusqu’à vingt crottes que la baignade est jugée sans danger. Eh voilà ! Rapide, gratuit et tout le monde est rassuré.

Un autre problème encore plus inquiétant est basé sur cette évidence : « On ne peut pas craindre une chose dont on ignore l’existence ». Il y a quelques années on a pu voir apparaître, par exemple sur les emballages d’enveloppes postales « maintenant non blanchies au chlore ». Jusque-là, la plupart des gens ne se doutait pas de l’utilisation du chlore pour blanchir du papier. Du fait que la loi a été modifiée, probablement dans le but de préciser si cette substance a servi lors de la fabrication, le consommateur moyen apprend d’une part que ce produit était largement utilisé sans qu’il le sache, d’autre part qu’il est désormais possible d’acheter des enveloppes aussi blanches qu’avant sans faire appel au chlore.

Nous sommes alors en droit de nous poser la question « Combien y a-t-il encore de produits toxiques et/ou polluants entrant dans la fabrication du papier ? » Nous découvrirons la réponse à cette question au fur et à mesure que l’évolution des lois imposera des limites plus strictes.

Un nouveau discours commence à pointer le bout de son nez. Dans une publicité télévisée on vante un yaourt « sans aspartame ». Sur un déodorant bio on peut lire dans la composition : sans chlorhydrate d’aluminium, sans paraben, sans phenoxyethanol, sans propylène glycol, sans silicone, sans huile issue de la pétrochimie, sans parfum ni colorant de synthèse, sans matière première d’origine animale.

Indirectement, cette nouvelle présentation nous indique ce à quoi nous avons échappé.

Moralité : vive les non-ingrédients, dont la présence améliore la transparence.

jeudi 26 avril 2007

Le blog m'a tuer

Avec internet les blogs remplacent avantageusement le canapé des psychanalystes. Sur la toile chacun a la possibilité d’étaler en toute impudeur ses angoisses et ses contrariétés. C'est l'habitude qu'a prise Norbert depuis qu'il s'est abonné à Alice, une voisine qui bosse dans la communication.

Tout commence un soir de décembre 2005. Les fenêtres sales du sordide petit studio de banlieue laissent entrevoir un paysage dévasté, ponctué ça et là de voitures incendiées. Mais Norbert se moque de sa chambre avec vue. Sa vision d’avenir, sa nouvelle raison de vivre, c'est le blog qu'il vient de créer grâce à son PC au tuning douteux.

Norbert vit seul et depuis la dernière élection de miss France il cherche l'âme sœur. Tous ses espoirs reposent sur son journal. Il compte emballer les filles et a choisi un pseudonyme au nom évocateur : Norbite. On reconnaît bien là toute la finesse de Norbert.

Affalé devant son écran, une bière posée sur le tapis de souris pour éviter de marquer la table en stratifié, il cherche sa première phrase, l'essence même de l'histoire qu'il va raconter. Mais rien ne vient, la page reste blanche. Norbert parvient péniblement jusqu’à son coin-cuisine et se venge sur un pain au chocolat.

Quelques heures et un match de foot plus tard, Norbert tient le début de son histoire, cette agglomération de mots savamment choisis qui vont le transformer en star : "Bienvenue sur le blog de Norbite, c'est cool les blogs". Ouf ! Des idées se forment dans son esprit. Il est transcendé par une inspiration quasi divine, mais bientôt le sommeil lui tippexe sa mémoire. Il s'endort.

Les semaines puis les mois défilent. Sur son blog Norbert dévoile frénétiquement ses journées et ses nuits. Pas un détail ne manque. Du traditionnel Nespresso matinal avec ses collègues de travail aux manœuvres délicates pour garer sa voiture, tout y passe.

Le quotidien de Norbert est consigné dans ses moindres détails. Mais, tel un manuel d'aide à la résolution du jeu du taquin, sa vie n'a strictement aucun relief. Une existence sous perfusion, pas le moindre événement original.

Un soir de Star Académie, seul devant son écran, Norbert déprime. La rubrique commentaires de son blog reste désespérément vide. Tout à coup, un compteur brise la loi du silence et passe de 0 à 1. L'adrénaline envahi instantanément son système nerveux parasympathique et redresse d’un coup sec sa colonne vertébrale recourbée. Quelque un vient de lui écrire.

Le texte laissé par cet inconnu est cinglant de vérité. Sans aucune diplomatie, il détruit l’existence de Norbert avec des mots qu’il est inutile de préciser.

Norbert s’écroule sur les touches de son clavier, provoquant l’affichage de cinq mots qui résument sa vie.

mercredi 25 avril 2007

Pétunia mon amour

La grande passion des Helvètes c’est le pétunia. Sans toutefois détrôner l'éternel Géranium nullium, le pétunia est l'une des fleurs qui fait chavirer les étalages des jardineries. Violet, blanc ou encore bicolore, elle est une formidable mauvaise herbe qui décore les bacs à fleurs des appartements et des villas de haut standing.

Surtout connue pour ses pouvoirs magiques, cette fleur, aussi décorative soit-elle, possède la capacité d'embaumer son environnement de manière particulière. Respirée trop souvent elle peut vous transformer en sanglier ou en tesson de bouteille par altération directe de votre ADN. D’ailleurs tous les scientifiques qui l'ont étudiée ont mystérieusement disparu.

Les feuilles de pétunia sont collantes ce qui est très désagréable au toucher. C'est le pendant horticole de l'homme aux mains moites. Heureusement, le pétunia n'est pas fait pour être touché ni senti comme la rose ou toute autre fleur catholique.

Pourquoi les Suisses achètent-ils autant de pétunias ? Parce que cette fleur est absolument indestructible par les jardiniers amateurs, comme le géranium ?

Non, les Suisses aiment en elle une vertu médicinale rare en botanique, elle ne contient aucune substance utile en médecine. On peut la définir comme chimiquement neutre. C’est important pour un Suisse. La neutralité avant tout, même dans le jardin !

La Confédération lancera cette année une campagne de promotion du pétunia en incitant chaque citoyen à en planter au moins un pied. L’objectif de la campagne, promouvoir la neutralité, est de recouvrir au moins 80 pourcent du territoire national. Une Suisse neutre au sens propre et au sens figuré, que peut-on rêver de mieux ?

Pétunia, je t'aime. Dites-le et plantez-en partout.

Moralité : attention aux effets secondaires ! Il vaut mieux être neutre alité que partial et en pleine forme.

lundi 23 avril 2007

Autocensure

Au départ ce Blog voulait être un « coup de gueule ». Plutôt que des prises de position bêtes et méchantes nous avons opté pour un ton ironique, souvent au second degré. Cela explique pourquoi certains lecteurs traversent ce blog sans comprendre ou en ayant l’impression d’être face à un amas hétéroclite de propos insensés.

Professeur Black a l’air gentillet et anodin, l’objectif n’étant pas de polémiquer ni de choquer, mais plutôt de révéler des situations absurdes, aberrantes ou intolérables.

Malheureusement certains messages ont dérapé vers des délires plus ou moins contrôlés. D’autres ont subi une autocensure qui les a mis de côté. Ils sont entièrement écrits, mais ne seront pas publiés. Nous nous contenterons de temps à autre d’expliquer pourquoi ils ne sont pas disponibles.

dimanche 22 avril 2007

Cohérence

La publication de cet article a failli se faire. Le sujet abordé est la cohérence des décisions de justice, qui s’apparentent souvent à des décisions d’injustice.

Textes de loi à l’appui, on voit comment le pire des criminels s’en tire à moindres frais par rapport à une personne ayant commis des manipulations de données, même par négligence.

En matière de justice la cohérence n’existe pas, nous allons donc en rester là.

Je suis fou

Je pense que tous les astrologues et les voyants sont des charlatans infiltrant la crédulité des gens dans le but unique de s’enrichir. A l’heure actuelle aucun phénomène paranormal ou parapsychologique n'a pu être démontré de manière scientifique et formelle.

Je suis convaincu que les fabricants de produits alimentaires n'ont d'autre objectif que le profit. Lorsqu’un ingrédient équivalent mais moins cher est disponible l’occasion est trop tentante. Peu sûr, douteux, pas assez de recul dans les études de ses effets secondaires ? Rien n’y fait. L’important est « équivalent » et surtout « moins cher ».

J'ai la certitude que les autorités de certaines grandes villes s’évertuent, de manière tacite ou avouée, à entraver jusqu’à l’excès la circulation dans les centres urbains, au mépris le plus total de l’intérêt des commerçant et des clients.

Une chose est évidente pour moi : la majorité des gens pense que l'informatique relève de la magie et utilise gris-gris et rites incantatoires afin d'éviter les plantages intempestifs.

Une grande partie de la population pense que ce dont elle ignore l’existence n'existe pas.

Le règne du « c’est pas de ma faute » est à son apogée. Chacun veut avoir raison, même si de toute évidence il a tort. Chaque conducteur est un as du volant, aux yeux duquel tous les autres sont des chauffards. La maladresse, l’ignorance ou simplement l’erreur commise n’est jamais reconnue. Nous assistons à la naissance d’une nouvelle société privée de tout responsable, dans laquelle plus personne ne commet d’erreur. L’erreur, c’est les autres.

J’observe des congénères convaincus qu’un vélo à 1000 euros fera d’eux de meilleurs sportifs qu’avec un engin à 100 euros.

A défaut de sport, le nec plus ultra est de passer à la télévision, dans le but unique d’être le centre d’intérêt du monde. Cette obsession relayée et amplifiée par les médias pousse à l’extrême l’idée d’Andy Warhol sur le fameux quart d’heure de célébrité.

Certains citadins n'ont jamais vu de vache ou de cochon vivant, mais en revanche, ils ont tous observé un éléphant ou un zèbre au moins une fois dans leur vie.

Dans les supermarchés, les gérants n'ont aucune envie d'améliorer le confort des clients en augmentant la qualité du service, à la caisse notamment. Le client est une vache à lait qu'il faut traire jusqu'à la moelle épinière.

Docteur! Maintenant je sais : le monde va bien, c’est moi qui suis fou.

Les nouvelles expressions

Le français est une langue en pleine évolution, non seulement au niveau de l’introduction de néologismes, mais également en ce qui concerne les expressions.

Passons sur les comparaisons scientifiques comme « électron libre », expression apparue il y a un peu plus de dix ans qui a trouvé son domaine de prédilection dans la politique. Rappelons tout de même qu’une personne qui n’est pas un électron libre est censée être captive et tourner autour d’un noyau. L’exception « électron libre » devrait en fait être la règle.

Autre expression très présente dans les discussions : « rebondir ». Contraction probable entre réagir et abonder, ce détournement de verbe transforme tout débat en concours sportif digne d’un troupeau de marsupilamis.

La « gauche plurielle », elle, a quasiment disparu. A croire que lorsqu’elle est trop plurielle, la gauche devient singulière.

On constate également une tendance à la pluralisation lorsque l’on nous parle de scolaires pour désigner des élèves, de précaires pour des SDF, ou encore de personnels pour les employés d’une société. Du coup, un chef du personnel devient chef des personnels, sans toutefois mériter une augmentation de salaire.

Que penser de cette phrase entendue aux actualités télévisées : « devant l’usine en grève on compte déjà plusieurs centaines de Moulinex ». Voici donc des travailleurs transformés en robots ménagers ?

Un homme politique ayant un problème avec « les affaires » n’a pas un souci de rangement ou de compétence. Il est simplement impliqué dans les magouilles les plus sordides liées implicitement à sa fonction.

Certaines nuances sont encore plus subtiles. Dans la géographie urbaine il ne faut pas confondre « les quartiers » et les quartiers. Les premiers posent d’énormes problèmes alors que les seconds véhiculent une image paisible, bienfaisante, contrastant avec le stress des grandes villes.

Que faut-il penser enfin des raccourcis publicitaires. Ces phrases qui ne veulent absolument rien dire et que tout le monde comprend. Premier exemple d’une telle expression « Vous constaterez les effets dès quinze jours ». Elle n’a aucun sens logique, pourtant les publicitaires lui en ont imposé un, au mépris de la langue française.

Autre exemple encore plus incompréhensible : « Attention médicament pas avant six ans ». Prise au pied de la lettre cela signifie « Attention, ceci est un médicament seulement si vous avez plus de six ans ». Donc si vous avez moins de six ans ce n’est pas un médicament. Cette phrase, découlant certainement d’une obligation légale, dit le contraire de qu’elle devrait.

Moralité : si un électron libre rebondit, pas avant six ans, sur un Moulinex pluriel embourbé dans les affaires, les quartiers pourraient connaître de graves problèmes dès quinze jours.

Le retour du messie

Cet article n’a pas été publié car jugé trop dérangeant. On y parle de clonage humain et de l’intérêt de l’Eglise à cloner Jésus en vue d’une évangélisation globale. Vatican-music connaît un succès mondial et J2 (Jésus 2) conquiert la planète. Mais, suite à des problèmes complexes, il décide de mettre fin à ses jours en s’agrafant sur une croix.

Sans commentaire.