
Depuis quelques jours une nouvelle cathédrale jaune et bleue est disponible pour les fidèles genevois. Certains le craignaient, d'autres l'attendaient. Le fait est que le rouleau compresseur a agi, au sens propre et au figuré.
Dans une ville où il faut plusieurs années pour aménager un tunnel d'une centaine de mètres, dans une ville paralysée par les travaux, dans une ville sinistrée où la majorité de la population est constituée d'ouvriers s'affairant à creuser, démolir, dévier, construire, redémolir, Ikea aura au moins démontré un fait dont tout un chacun était conscient sans jamais oser l'exprimer. Oui, il est possible de construire à une vitesse normale.
Le parallélépipède suédois a été achevé en quelques mois seulement. On n'ose même pas imaginer combien d'années il aurait fallu, si les travaux avaient été confiés aux habituels zombies semi-anesthésiés. Lorsque l'on vit dans un monde englué d'incompétence et d'aberrations, on peine à imaginer qu'une autre réalité puisse exister.
Un passage rapide par le parking du géant bleu à col jaune nous rappelle que Genève est une ville de riches. Eh oui! Tous les parkings des grandes surface et centres commerciaux sont payants. Dans les pays voisins on a bien compris que faire payer des clients pour qu'ils aient le droit de dépenser leur argent est une idée saugrenue. Le raisonnement très subtil et typiquement suisse, c'est-à-dire strictement au premier degré, voire moins, est ahurissent: rendre les parkings payants serait censé inciter les clients à emprunter les transports publics.
Une mère de famille peut effectivement très facilement transporter une dizaine de cabas dans lesquels elle a déversé le contenu d'un caddie rempli à ras bords des courses de la semaine. Ikea n'échappe donc pas à la règle. Vous achetez un lit et quelques autres meubles aux noms imprononçables ? Quoi de plus facile que de les glisser dans un bus ou un tram ?
Mais qui donc a eu cette géniale idée ? On peut hésiter entre un sadique et un écolo pervers. Mais revenons-en à Ikea, le spécialiste des notices de montage en trois étapes, quinze langues et deux tournevis. Pour la surface de vente, aucun problème, tout est parfaitement organisé. Même les vendeurs sont anormalement aimables; c'est normal, ils viennent d'être engagés. Dans deux mois, ils auront vite intégré le marasme local consistant à parler par onomatopées, voire à se défiler devant les questions potentielles des otages du grand labyrinthe.
Quatre jours après l'ouverture, je me rends en voiture dans cette Mecque du meuble insignifiant. Le parking, pourtant bien étudié et dûment fléché de panneaux lumineux à l'ergonomie irréprochable, est peuplé par une armée de bipèdes fluorescents et quadrillé par des banderoles redéfinissant complètement les itinéraires d'origine. Soudain, un gilet fluo me stoppe net, retire consciencieusement un ruban coloré et m'invite à m'engager dans une allée vide. Au bout de dix mètres, je me trouve face à une cohorte de véhicules se dirigeant vers moi. Visiblement un bipède jaune les a libérés sans consulter ses acolytes. Vite je m'enfile dans une case. Ouf! Je vais enfin pouvoir vérifier que cet Ikea-là est vraiment un sosie des autres.
Après quelques minutes passées à admirer les tiroirs qui peuvent s'ouvrir cent mille fois, les fauteuils résistant à des poids de deux cent kilos et les cuillères pour gauchers en alliage de bois lamellé-collé et aluminium bio, j'essaie de retrouver ma voiture. Pas évident, puisque tout est fait pour que les clients viennent à pied.
Enfin les automates à tickets! Eux-aussi survoltés, mais probablement au sens propre. A droite une femme se plaint en parlant devant la grille de la machine, comme si son interlocuteur était assis à l'intérieur. Son ticket est illisible; probablement écrit dans une autre langue que les quinze officielles. "Quand vous serez devant la barrière de sortie, appuyez sur le bouton rouge et on vous l'ouvrira". Génial, me dis-je. Voilà le moyen subtil pour échapper au péage. Mais, empreint d'honnêteté, je veux absolument payer. Moi aussi je suis riche. Moi aussi je veux payer un franc pour les dix minutes passées à essayer de sortir du dédale surpeuplé. Je glisse une pièce de deux francs dans la fente aguichante. Elle retombe. Je l'y glisse à nouveau, cette fois avec un large sourire. Elle retombe. Je répète l'opération une dizaine de fois, rien n'y fait. J'essaie encore et encore avec d'autres pièces de deux francs.
Derrière moi, les autres otages s'impatientent. Enfin, l'appareil daigne accepter mon obole. Des bruits de ferraille et des lumières clignotantes le confirment. L'appareil me crache la monnaie, deux pièces de cinquante centimes, directement sur le sol. Une des deux a même glissé sous l'appareil. En quittant le robot caissier, j'entends son voisin éructer un "erci". Il s'agit probablement d'une nouvelle race d'appareils, polis, mais anormalement concis.
Ma voiture vite retrouvée, je m'apprête à sortir du monument. C'était sans compter sur les bipèdes bornés et leur complète réorganisation. Ce qui se passa pendant les dix minutes qui suivirent est inracontable. Aucun mot, sauf peut-être en suédois, ne peut décrire un tel cahot, une telle aberration. Quand je pense qu'il suffisait de laisser agir la signalisation en place!
Ce n'est pas aujourd'hui que j'achèterais l'armoire Pax Uggdal à portes coulissantes, l'étagère Tjusig ou le vase Pålitlig avec le fameux petit 'o' sur le 'a'.
Grâce à Ikea, le suédois est une langue qui n'est pas près de disparaître.
mercredi 22 septembre 2010
Ikea arrive !
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Libellés : Mondialisation
dimanche 23 août 2009
La mort des eBooks
Les eBooks vont probablement mourir avant de naître, phénomène assez rare pour le souligner. On nous bassine depuis des années avec les livres électroniques, technologie moderne, écologique et pratique. Mis à part le fait que feuilleter physiquement un livre ne pourra certainement jamais être remplacé par un moyen électronique, les raisons pour lesquelles le marché du eBook tel qu'il est actuellement conçu va droit dans le mur sont évidentes. Une fois de plus, ces chères multinationales de l'industrie des médias n'ont rien compris. D'une part, toute information n'est pas forcément utilisable sous format numérique, et le livre en est la preuve. D'autre part, il est illusoire de penser que le consommateur acceptera indéfiniment de se faire ruiner. Son pouvoir d'achat est limité, ou du moins évolue peu, et les vendeurs, surtout les nouveaux, qui s'en prennent à lui, veulent chacun leur part de marché. Ce n'est mathématiquement pas possible. La répartition de l'argent entre les différents acteurs du livre est approximativement la suivante. Le libraire absorbe 30 % du prix de vente, le distributeur 20 %, l'éditeur 20 % et l'auteur 10 %. Le reste est utilisé pour payer l'imprimeur, le marketing, les invendus et autres frais annexes. Actuellement tous les éditeurs veulent vendre un eBook quasiment au prix de la version papier. C'est la principale cause de la mort imminente du livre électronique. Si on inventorie tous les avantages du eBook pour l'industrie du livre, la seule conclusion qui s'impose est qu'il s'agit de vol organisé (un peu comme les SMS à 20 centimes, mais ceci est une autre histoire). Pour la mise en vente d'un livre électronique l'éditeur ne doit rien saisir, relire ou mettre en page, car il possède déjà la version électronique du livre papier. Pas besoin d'imprimeur, pas de frais de transport, car les livres se téléchargent. Pas d'invendus. Pas de pub pour le moment, car elle a déjà été faite pour la version papier. Pas besoin d'études de marchés pour prévoir le tirage. Aucun problème de stockage avec tous les frais et la manutention que cela exigerait; un disque dur à 100 euros peut contenir toutes les publications d'un éditeur. Pas de librairie physique. Pas de livres endommagés. Toutes ces économies devraient ramener le prix d'un livre électronique à des valeurs très basses, certainement moins de la moitié d'un livre ordinaire. Cela paraîtrait parfaitement logique même à un enfant de huit ans. Or, les éditeurs n'ont apparemment pas encore atteint l'âge de raison, car la plupart proposent, dans leur infinie bonté, des versions électroniques seulement 10 % moins chères que les versions traditionnelles. Il y a manifestement tromperie sur la marchandise. Sans compter les DRM, les problèmes en cas de crash de l'ordinateur contenant des eBooks achetés à prix d'or et le fait que l'on ne possède plus rien de matériel. Décidément, les problèmes liés à l'industrie de la musique avec toutes les aberrations qu'ils engendrent, n'ont visiblement pas suffit aux éditeurs de livres. Les habitudes et les techniques changent; les consommateurs ne sont pas des abrutis. Tant pis. Le temps donne généralement toujours raison à la logique, mais ça peut être long. 
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vendredi 21 août 2009
Vive la grippe!
La grippe, cette banale maladie avait perdu un peu de son aura. Depuis les épidémies meurtrières des siècles passés, elle ne faisait plus parler d'elle. Tout à coup, grâce à l'industrie pharmaceutique, pardon, grâce à ce charmant animal à queue en tire-bouchon, on s'intéresse à nouveau à elle. Là ou les poules, canards et autres volatiles ont lamentablement échoué, les cochons y sont parvenus. Ils ont contribué à nous concocter une grippe bien virulente. C'est dire si le porc est un animal intelligent. D'ailleurs à l'avenir deux philosophies s'opposent. Manger du porc, sinon c'est lui qui anéantira l'espèce humaine; ou manger uniquement de la volaille et préserver le porc, car il serait criminel de consommer un animal aussi astucieux et brillant. Les derniers rapporcs concernant la grippe porcine nous expliquent comment s'en prémunir. Le virus se propage facilement par contact, par exemple en se serrant la main. Il faut donc favoriser la bise au détriment de la virile poignée de mains. Non, non! Ce serait trop beau. La salive est également un vecteur de la grippe H1N1 (merci Justine). Donc, pas de bises, mais des baisers langoureux, avec ou sans la langue. En effet, la bouche et la langue ne sont pour rien dans la propagation de l'épidémie; la coupable est la salive. Il suffit d'éliminer la salive de la bouche et l'on pourra embrasser à tout va sans danger, sans risque de contamination. Les plus radicaux vont se faire faire une ablation des glandes salivaires, les plus timides utiliseront un sèche-cheveux, qui peut assécher complètement une bouche en une dizaine de minutes. Attention tout de même aux tricheurs. Prévoir également de la glycérine afin de ne pas rester collés. Il convient aussi d'éviter tout contact, volontaire ou involontaire, avec les porcs. Si vous voyez un cochon qui toussote et qui semble être enrhumé, c'est un cygne. Eloignez-vous immédiatement, car vous pourriez attraper la grippe aviaire. L'OMS prévoit plusieurs grippes atypiques dans les prochaines années. Toutes auront en commun leur provenance animale. Après la grippe du dromadaire et celle du pingouin (surtout dans les régions froides) nous auront probablement droit à la grippe du Lama venue du Tibet, la grippe du verseau transmise essentiellement par les astrologues âgés, et la grippe du Gruyère qui, d'ici là, aura acquis son statut d'animal de compagnie. Comme l'OMS pense à tout, il s'apprête à envoyer 7 milliards de petits paquets contenant un kit de survie en cas de pic de pandémie de grippe. En plus du traditionnel masque buco-nasal blanc, des gants en laine bleus, des protège-yeux en coton vert et des couvre-oreilles jaunes seront ainsi diffusés à grande échelle. De quoi réjouir les futurs casseurs de banques. Ils passeront pour des personnes banales lorsqu'ils commettront leurs forfaits. Si l'OMS pouvait ajouter une barre de chocolat Cailler dans les colis à destination du tiers-monde, cela pourrait par la même occasion éviter quelques morts de faims. Une grippe, un masque et c'est bientôt Carnaval!
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jeudi 16 juillet 2009
Je veux attraper la grippe H1N1
La mode H5N1 est passée, vive H1N1. Qu'on y soit sensible ou non, qu'on soit inquiet ou qu'on s'en fiche, il semble que cette nouvelle grippe porcine soit une cochonnerie. Dans le même laps de temps que H1N1 a tué quelques centaines d'individus, plusieurs millions sont certainement morts d'autres causes bien moins sympathiques: cancers, sida, paludisme, guerres… Depuis plusieurs années les médias nous préparent à la grande pandémie des grippes HN (Hélas Nouvelles). Serait-ce à cause d'un réel danger épidémiologique, serait-ce pour participer à enrichir les usines à vaccins ou simplement par oisiveté journalistique redirigée vers une nouveauté intéressante ? Nous le saurons certainement dans une vingtaine d'années. Nous saurons également tout ce qu'il aurait fallu faire et qui n'a pas été fait, mais également l'inverse. Les scandales, procès et autres s'enchaîneront, ou alors nous aurons déjà laissé notre place aux insectes et aux oiseaux. Faisons donc une hypothèse réaliste, à savoir qu'il s'agit bien d'une épidémie qui va devenir globale et qui nous concernera tous d'ici l'automne prochain. Dans plusieurs pays les préparatifs vont bon train et tout s'organise en conséquence. Ainsi la télévision suisse nous montre un docteur du gigantesque hôpital de Genève expliquant que les patients suspects seront accueillis, puis conduits vers le box Y. Un box, c'est un box, au pire dix mètres carrés. Si la pandémie prend les proportions attendues dans un scénario pessimiste, ce seront peut-être deux ou trois mille personnes par jours qui se retrouveront dans le box Y. A ce rythme c'est plutôt quelques stades de football qui seront nécessaires. Décidément il y aura toujours des naïfs pour qui tout est simple. On entend aussi dire que les malades pourront être accueillis, disons plutôt hébergés, dans des EMS (pensions pour personnes âgées). Le but est-il d'effectuer un regroupement pré-mortel dans ces établissements d'où l'on sort rarement guéri ? Les écoles n'ont-elles pas plus de place avec leurs innombrables salles de sport certainement inutilisées si la situation est telle que les élèves resteront chez eux ? Partant de plusieurs constatations pessimistes, certaines personnes relativement futées ont eu une idée qui est loin d'être stupide. Elles essaient mordicus d'attraper la grippe H1N1. Pour cela, elles se rendent dans tous les endroits que les médias nous signalent comme étant dangereux, par exemple un camp de vacances ou une école contaminés. Il y aurait même des personnels soignant qui se laisseraient volontairement infecter. Mais pourquoi cette attitude ? S'agit-il d'un comportement suicidaire ? Pas du tout. Une personne atteinte de la grippe H1N1 qui se présente actuellement dans un service hospitalier sera forcément choyée, chouchoutée, surveillée et certainement tellement bien soignée qu'elle bénéficiera de fortes probabilités de guérison rapide. De plus, elle sera immunisée, comme dans tous les cas de grippes classiques. Au contraire, si cette personne arrive en milieu médical en plein boom de l'évolution pandémique, elle sera anonyme parmi des millions d'autres. Sera-t-elle aussi bien prise en charge et soignée, par un personnel débordé ? On est en droit d'en douter. Et la morale alors ? Est-il moral d'attraper volontairement une maladie contagieuse, contribuant ainsi à sa propagation, pour son simple confort personnel ? Certainement non. Mais, dans les situations d'extrême urgence, peut-on encore parler d'égalité, de fraternité et de morale ? 
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jeudi 15 novembre 2007
Google a gagné
Depuis deux ans Google est devenue l'unique société de la planète. A partir de 2008 Google a commencé à lancer des antennes de rachat de sociétés, secteur par secteur. Ce n'est qu'en septembre 2010 que les 128 antennes, mutées en dernières survivantes et héritières de la totalité des entreprises mondiales, se sont subitement regroupées en une seule entité. Prenant de court les milieux financiers déjà fragilisés par la diminution constante du nombre des acteurs boursiers, Google s'érige donc en maître absolu de la planète. Rien ne peut plus lui échapper et la situation est dramatiquement irréversible. Les médias, l'industrie, la finance, la politique, bref tout ce qui porte un nom appartient à Google. N'ayant plus de raison d'être, les bourses ont fermé. Le mot concurrence a été rayé du célèbre moteur de recherche, et a fortiori de toutes les langues. Le "Comité des sept sages" préside à la destinée de l'humanité. Il met en place les présidents des états et dicte la politique à suivre, identique et uniforme sur tout le globe. Cette globalisation extrême a permis de mettre un terme à toutes les sortes de conflits, faute d'armement et de fabriques d'armes. Une redistribution des richesses signa l'arrêt de mort du chômage et de la misère, chaque personne occupant un poste dans la nouvelle société, y compris dans le tiers monde. Depuis 2008, le Comité a commencé à réorganiser la planète, notamment grâce à toutes les informations issues la gigantesque base de données dont il dispose. Impossible de tricher, le Comité est au courant de tout, avant même qu'une idée ne soit mise en pratique. En effet, l'analyse comportementale des citoyens facilitée par la connaissance de leurs moindres faits, gestes et intentions, est mise à contribution dans le but de prévenir toute rébellion. Il faut dire que depuis la mise en place du Comité, il y a douze ans, les conditions de vie n'ont cessé de s'améliorer, tout en optimisant et en préservant les ressources énergétiques. Les gens sont heureux, mais surtout rassurés. Les inquiétudes quotidiennes ont disparu. Le Comité n'ayant pas pour objectif de s'agrandir, et pour cause, il se consacre entièrement à organiser la vie des quinze milliards d'humains. Les salaires et la durée du travail ont graduellement baissé, parallèlement au coût de la vie. Pas question de grève, puisqu'à chaque diminution de salaire des compensations matérielles garantissent un meilleur confort de vie. L'abolition du salaire, et donc de l'argent, s'est accompagnée par l'attribution à chaque personne en âge de travailler d'un "pack de vie" proportionnel à sa rentabilité intellectuelle ou physique. Chaque personne est employée en tenant compte de ses capacités et de ses désirs, quitte à créer des nouveaux postes correspondants, même si le besoin n'est parfois que virtuel. En douze ans, la gestion de la planète n'a souffert d'aucune faille, comme si tout avait été minutieusement préparé de longue date. Une seule chose a disparu: les moteurs de recherche, jugés trop subversifs. Le contenu de leurs bases de données est bien trop précieux pour risquer une apocalypse anticipée. 
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samedi 21 juillet 2007
Finis les codes à mémoriser
Avec l’ère de l’informatique personnelle sont apparus d’innombrables problèmes de conservation de données, entre autres. Un utilisateur modéré doit gérer plusieurs dizaines de codes, mots de passe et autres sobriquets, pseudonymes ou phrases secrètes. Parmi ces codes, on peut citer les codes des cartes de crédit, des téléphones portables (PIN), de l’autoradio, du contrôle parental de la télévision, de la photocopieuse, de l’alarme, de la zone de sécurité du GPS, de la montre avec base de données, du récepteur satellite. En se plongeant plus particulièrement dans l’informatique on trouve tous les comptes de messagerie avec leurs codes d’accès, le code d’accès au Bios des ordinateurs portables, les noms et mots de passe pour le système d’exploitation, pour le routeur ADSL, les codes de sécurité pour le WiFi, ceux permettant d’accéder aux sites FTP ou au télébanking. Sans compter qu’il faut garder à portée de main plusieurs dizaines de codes et clés pour les logiciels, jeux et autres. Pour corser le tout, de plus en plus de sites demandent d’ouvrir un compte pour avoir accès aux informations, aussi inintéressantes soient-elles. Il y a aussi les données personnelles telles que numéro de passeport, de sécurité sociale, nunéros d’assurances etc. On trouve bien entendu des logiciels capables de centraliser toutes ces informations. Encore faut-il avoir confiance et être sûr de pouvoir accéder aux données dans n’importe quelle circonstance, même si l’ordinateur ou la maison brûlent. Ne cherchez plus ! La solution miracle existe. Elle est gratuite. Absolument rien ne lui échappe. Vous n’avez même pas besoin de vous préoccuper d’enregistrer les données, tout est automatique. Aucune limitation de taille ou de complexité. Elle fonctionne dans le monde entier, jour et nuit. Elle est gérée par une organisation gigantesque et bénévole. Cette solution est quasiment capable de vous dire dans quelle pièce vous avez oublié vos lunettes. Elle est tellement digne de confiance qu’il paraît même que le réseau Bouygues Télécom s’est adapté pour être totalement en accord et compatible avec elle. Cette organisation existe depuis quasiment la deuxième guerre mondiale. Elle porte un nom : « le réseau Echelon ». Dorénavant vous pouvez dormir tranquille. Si vous oubliez une information, Echelon s’en souvient pour vous. Il vous suffit de la demander à Echelon.
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vendredi 8 juin 2007
Abuser n'est pas jouer
Rien n’est plus énervant que de se sentir commercialement pris en otage. Pire encore : être un otage consentant. Pourtant nous le sommes tous, à des degrés différents. Mais qui sont donc ces vilains kidnappeurs ? Le commerce en général, et plus particulièrement les sociétés ayant mis la main sur une activité liée à des produits induisant dépendance et accoutumance. Prenons les SMS. Il est techniquement évident que le prix d’un SMS ne devrait pas dépasser un ou deux centimes. Or, nos jeunes têtes blondes et les quelques invétérés des messages courts et bourrés de néologisme les paient bien plus cher. Pourquoi peut-on acheter une imprimante à jet d’encre pour 20 à 30 euros, alors qu’un seul jeu de cartouches de rechange coûte plus du double ou du triple ? Est-ce vraiment justifié que cet encre coûte plusieurs milliers d’euros par litre ? Même combat pour les cartouches de toner pour imprimantes à laser. Autre escroquerie : on peut trouver des brosses à dents électriques pour une vingtaine d’euros, mais quatre petites brosses de rechange coûtent plus cher que l’appareil lui-même. Que faut-il penser des machines à cafés dont le prix des capsules est bientôt plus élevé que celui d’un vrai café servi dans un bar ? Est-il logique d’acheter un projecteur vidéo à 600 euros (avec une ampoule neuve incluse, bien entendu) et de payer une ampoule de rechange 400 euros ? Il en va de même avec nombre de produits d’utilité courante comme les sacs d’aspirateurs, les piles de montres ou les ampoules électriques. Tous ces exemples participent de la même stratégie escroquo-commerciale : on attire le client à l’aide d’un produit séduisant et, qui plus est, souvent très utile, ensuite on le fidélise de force en aspirant jusqu’à la moelle le contenu de son portemonnaie en échange de quelques consommables vendus à prix d’or. Moralité : on ne tue pas une vache à lait, surtout si elle a des millions de congénères, traînant chacun un camion-citerne de ce liquide tant convoité.
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mardi 20 février 2007
Ikea rachète Emmaüs
Récemment la société Ikea a fait part de son intention de racheter Emmaüs. Des discussions avaient déjà eu lieu il y une dizaine d’années, mais l’Abbé Pierre s’était toujours désintéressé de l’offre. Suite à son décès les tractations vont reprendre. Les similitudes entre les deux entreprises sont assez nombreuses pour qu’une fusion se réalise. Les deux sont implantées dans de nombreux pays, les deux proposent régulièrement des articles nouveaux, les deux font de gros efforts pour proposer des articles à prix abordables, les deux sont sensibles aux problèmes écologique, notamment en ce qui concerne le recyclage. L’idée d’Ikea est de proposer un éventail de ses produits les plus populaires dans les centres Emmaüs. En échange, environ 20 pourcent de la surface de chaque magasin Ikea sera réservée pour des meubles de provenance Emmaüs. D’après les dirigeants d’Ikea, cette union devrait être profitable aux deux entités, en boostant le chiffre d’affaire d’Emmaüs et en attirant de nouveaux clients dans les succursales Ikea. Des cadres d’Ikea sont d’ailleurs en train d’étudier un mécanisme simple permettant de démonter des meubles trouvés chez Emmaüs, de les empaqueter de manière optimale et de générer de manière automatique une notice de montage illustrée. Chez Emmaüs, on prévoit de proposer aux clients intéressés par un meuble d’origine Ikea une version « vieillie » de 10, 20 ou 30 ans. Ce vieillissement serait pris en charge par les bénévoles d’Emmaüs. Ikea assure qu’il n’y aura aucun licenciement et que les salaires ne seront pas diminués. En fait, d’après une récente étude basée sur des simulations, cette fusion devrait générer plusieurs dizaines de milliers de nouveaux emplois.
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mardi 13 février 2007
La fin des guerres
Les guerres modernes, en Afrique et plus récemment en Irak, voient une recrudescence de mercenaires. Des sociétés spécialisées, mandatées par les belligérants, proposent leurs services en envoyant des dizaines de milliers d’hommes hyper équipés, surentraînés et bien payés. Ces mercenaires modernes rapportent globalement plusieurs milliards à leurs employeurs. Immoral ? Absurde ? Peut-être, mais cette situation pose quelques questions intéressantes. Pour le moment, seule une des parties concernées par le conflit faisait appel à cette cyber armée. Imaginons que deux pays en guerre engagent chacun une armée de mercenaires. Le principe même de la guerre (une dérive musclée, regrettable et à grande échelle de bagarre traditionnelle entre deux ou trois nerveux de service) est mis à mal : deux camps totalement indifférents aux motifs du conflit s’entretuent à coup de millions de dollars. Une partie de paint-ball à balles réelles entre gens consentants ? Pour éviter les dégâts collatéraux inévitables aux infrastructures et aux habitants, il serait bien plus intéressant de choisir une zone de combat inhabitée. Certains pays ont d’ailleurs proposés de prêter leurs grands déserts, contre rétribution substantielle, pour servir de champ de bataille. Voilà donc le problème de la guerre définitivement réglé. Deux armées de mercenaires volontaires, se battant en terrain neutre pour un motif connu des seuls pays qui les ont engagées. A la fin, on compte les morts et on en conclut quel est le vainqueur. Mais c’est sans compter avec les écologistes qui trouvent tout de même regrettable de s’en prendre à une nature aussi pauvre soit-elle, et de contribuer à la pollution globale. La solution existe ; elle porte un nom : « Second life ». On garde les même acteurs, les mêmes enjeux financiers, mais on transpose la guerre dans le monde virtuel. Pas de nuisances environnementales, pas de morts, mais un vrai conflit avec un vrai vainqueur. Moralité : Second life, le monde où la vie ne dure qu’une seconde !
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