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jeudi 26 juin 2008

Le son et l'image


Certaines chaînes de télévisions viennent de découvrir que le son se propage moins vite que la lumière. Forts de cette découverte, leurs techniciens hautement spécialisés et suréquipés en diplômes et autres artifices attestant de tout sauf d'une certaine compétence, ont eu la géniale idée d'accélérer le son.

Hélas, on se retrouve avec des retransmissions sportives totalement désynchronisées. A peine un joueur de tennis frappe-t-il la balle au service que le commentateur dit qu'elle est out. En football, le suspens du hors-jeu disparaît totalement puisqu'on vous l'annonce avant même le départ de l'action.

La technologie dont nous disposons est-elle à ce point défaillante ? La télévision des années cinquante était-elle en avance sur nos TNT-Méga-Super-HD ready-Full DRM ? Ou alors sont-ce nos chères têtes pensantes qui se sont ramollies au point de se confondre avec des carambars au soleil ? A ce niveau, ce n'est plus de la cervelle, mais plutôt du remplissage nauséabond.

Que le problème existe est à la limite envisageable vue la totale impuissance cérébrale des responsables techniques; mais que personne, dans une chaîne de télévision, ne s'en aperçoive et le signale, là on se retrouve carrément dans Mad Max 3.

Imaginons qu'il soit vraiment impossible de synchroniser le son et l'image (sachant que n'importe quel électronicien en culottes courtes peut le faire en un clin d'œil). Imaginons que si l'image passe par Londres, Berlin et Paris alors que le son est codé par des signaux de fumée, la tâche présente vraiment une difficulté. Dans ce cas, acceptons cette aberration dans la joie et la bonne humeur; c'est notre seule échappatoire.

Voilà nous sommes entrés dans l'ère de la décadence du luxe. Nous payons une fortune pour une technologie régie par une mixture d'incompétence, de bêtise et de déresponsabilisation.

Bientôt nous aurons, EN DIRECT, le commentaire de l'arrivée du tour de France aux Champs-Elysées sur des images du départ de la deuxième étape. Nous pourrons enfin connaître le vainqueur d'une course de 100 mètres avant même que le coup de pistolet du départ n'ait retenti. Si seulement les coureurs pouvaient être à notre place, ils pourraient décider, en fonction des résultats, de courir ou non.

Merci à la télévision! Ses techniciens ont enfin réussi l'impossible: le voyage dans le temps.

Et pourquoi ne pas transposer cette merveille aux autres émissions, reportages, journaux télévisés, films…? Le son du dénouement d'un épisode de Columbo sur les images du crime. Le son de la météo sur les images de la guerre du Golf.

Soyons prudents! Faute de quoi la technique va bientôt nous dicter ses quatre volontés.

mardi 22 avril 2008

L'art est nié


Le 7ème art est à l'agonie. Il a déjà sa bobine dans la tombe. Sa mort ne sera visible qu'à la télévision. Mais pourquoi tuer l'art, alors qu'il suffit de tuer le cochon ? L'art, quand ça se détraque, n'est plus un art mûr, c'est un art mort, d'un coup dans les côtes.

Le cinéma va mourir d'avoir trop dragué ses spectateurs. Son côté sexy l'aura perdu. Il s'est trompé de cible. Il a attiré ses assassins et repoussé ses admirateurs, à force de miser sur la quantité plutôt que sur la qualité. Ce n'est pas de la substance des films dont il s'agit, mais des spectateurs et des salles de projection.

Au siècle dernier, on allait encore au cinéma, dans le sens d'aller voir un film. Actuellement on se rend dans une salle plus ou moins obscure, éventuellement pour voir des taches de lumière sur un écran, mais surtout pour bien d'autres raisons.

L'être humain a changé à tel point qu'il lui est actuellement impossible de rester 90 minutes sans manger. Le cinéma n'est plus un lieu de culture, tout au plus l'annexe d'un fastfood. Les exploitants ont cédé au modernisme, au syndrome de l'enfant-roi ou plutôt du client-roi. Quel est l'aliment qui gêne le plus l'audition d'un film à part les popcorns et les chips ? Il n'y en a pas; si, éventuellement les carottes ou les sardines grillées; très grillées, quand elles croustillent sous la dent.

Dans toute bonne salle de cinéma on voit débarquer des personnes chargées de mètres cubes de victuailles; des cartons de popcorn tellement démesurés que, s'il n'était pas compressible, une seule dose pourrait nourrir une famille pendant plusieurs années.

Il arrive même qu'un couple fasse plusieurs voyages entre la buvette et leur emplacement privilégié à l'extrémité du premier rang, afin de stocker toutes leurs provisions alimentaires. Sans compter plusieurs litres de boissons gazeuses par personne.

Le brouhaha est tel que l'on se prend parfois à regretter de ne pas se trouver dans un restaurant. La viande et la purée font bien moins de bruit. Qui dit repas en famille dit également borborygmes de toutes sortes, provoquant des rejets aux trois extrémités du tube digestif (parfois le nez est de la partie), avec les odeurs correspondantes, tellement caractéristiques.

Le seul moyen de s'en sortir est de choisir des films dont le niveau sonore est très élevé ou bien des navets. Vive le cancer des popcorns! Malheureusement, s'il ne reste qu'un gouffre à popcorns dans la salle, il sera forcément assis à côté de vous.

Chers exploitants de salles ténébreuses, le mot "exploitants" vous sied à merveille. S'il avait fallu trouver un moyen radical pour tuer le cinéma, personne n'aurait pensé au popcorn. Vous, si. Vous êtes des bourreaux de génie. Vous vendez des places hors de prix, vous vendez des armes de destruction massive, puis vous vous étonnez de la baisse de fréquentation de ces lieux que vous avez rendus si mal famés. Aucune loi ne vous obligeait à agir de la sorte. Si vous l'avez fait pour copier la concurrence, c'est encore plus impardonnable.

Dans un proche avenir nous vous remercierons de nous avoir obligés à regarder les films en DVD, terrés dans nos WC. Au caaaalme!

lundi 21 avril 2008

L'art est nié: le retour


Les salles de cinéma sont devenues les cages d'escaliers des temps modernes, les halls d'immeuble pour adolescents en rupture. Ces mangeoires payantes n'ont pas fini de nous étonner. L'évolution logique de ces lieux obscurs nous réserve encore quelques surprises.

Avant 1895 et les frères Lumière, il n'y avait aucun moyen d'assister à un spectacle animé, mis à part les trous de serrures et le théâtre, dont l'avantage était de posséder une bande son. D'ailleurs si ceux deux frères s'étaient appelés Intel, ils auraient sans doute inventé l'ordinateur quelques décennies trop tôt. Vive les aptonymes!

Pendant quelques années le cinéma pouvait engager des acteurs non-entendant, ou non-parlant, au teint plutôt terne et à la démarche saccadée. En bref, des sourds-muets. Les aveugles n'ont jamais eu leur heure de gloire au cinéma. Dommage, cela nous aurait valu des sous-titres en braille. Chose étonnante, à cette époque du cinéma en noir et blanc, la plupart des acteurs étaient blancs.

Dès que les acteurs apprirent à parler, à marcher moins vite et à se maquiller, le cinéma moderne apparut. Couleur, relief, odeurs...tout y passe. La vraie vie en somme.

Depuis la couleur, plus aucune innovation technique majeure. Le cinéma stagne, il piétine, les spectateurs s'ennuient, ils délaissent les lanternes magiques. La crise! C'est alors qu'une nouvelle race d'exploitants d'images payantes surgit. Ils tapent où ça fait mal et inventent le ciné-popcorn. Issu d'un croisement transgénique, le maïs dont il provient augmente l'acuité visuelle et les facultés de compréhension, lorsqu'il est consommé à hautes doses. Cela explique que la portion de base frise le mètre cube. Le ciné-popcorn est le seul aliment qu'il est possible d'avaler pendant plusieurs heures sans avoir ni nausée, ni dégoût, ni l'impression de manger ni de grossir.

Une récente étude a démontré que les effets bénéfiques du ciné-popcorn ne sont qu'un leurre. Au contraire, cette variété atténue la faculté de jugement et diminue le taux de fécondité des cinéphiles.

Malgré cela le ciné-popcorn coule toujours à flots dans les prisons à mono mur blanc. Mieux, puisque cette délicieuse céréale soufflée ne remplit pas l'estomac, ajoutons du liquide, dont le prix au mètre cube est bien supérieur à celui du popcorn.

Nous voici donc avec de nouveaux spectateurs, mangeant et buvant. Et le film ? Oui, au siècle dernier on allait "voir un film". Maintenant on se dit: "Tiens je mangerais bien quelque chose. En plus j'ai une de ces soif...Parfait, allons au cinéma!". "Mais pour voir quel film ? C'est égal, pourvu qu'il soit assez lumineux".

Finalement, si on additionne le prix du billet d'entrée, celui d'un mètre cube de popcorn et de quatre ou cinq litres de coca, on obtient une somme inférieure à ce que coûte un repas au restaurant. A la sortie l'estomac est plein, on ne grossit pas, la lumière était tamisée, les fauteuils plus confortables que dans le meilleur des trois étoiles. Et surtout on aura bien gâché le spectacle à ceux qui venaient pour lui. Mais encore un petit effort et bientôt il y aura uniquement des repas servis au cinéma.

Mais, et il y a un mais de taille. C'est entendu, chacun admet qu'un être humain ne peut pas rester 90 minutes sans manger et sans boire. C'est bon, on a compris que l'important n'est plus le film, mais la nourriture. On oublie le cheminement naturel et parfois accidentel d'un repas. L'urinoir et le sac à vomir deviennent vraiment indispensables.

Les prochaines salles de spectacle seront directement conçues avec, sous chaque fauteuil, un tube surmonté d'un embout en caoutchouc comme les trayeuses automatiques, que tout un chacun pourra utiliser, par intermittence ou en continu.

En cas de surcharge ou de mauvaise qualité de popcorn une trappe à vomis permet de se délester rapidement du surplus inutile et de reprendre le cours du film. Pardon, du repas!

La dernière étape de la longue évolution des salles obscures consistera à remplacer le film par un simple projecteur de lumière.

La boucle est ainsi bouclée, les frère Lumière redeviendront lumière.

vendredi 18 janvier 2008

On est proche de l'explosion (tuer le web)


Combien les multinationales des médias seraient-elles prêtes à payer pour remonter dans le temps et tuer le web, ou plutôt son inventeur, Tim Berners Lee ?

Internet est-il inadapté au monde actuel ? Ou est-ce notre société qui n’est pas adaptée au web ? Une chose est sûre : y a un problème. Internet est virtuel. Il se joue du temps et de l’espace, alors que notre arsenal légal et juridique est lourd, peu réactif et donc peu performant lorsqu’il s’agit de résoudre des problèmes d’un genre nouveau. Les lois évoluent, mais moins vite que les moyens de les contourner. Et surtout, elles restent essentiellement nationales.

La course entre pirates et anti-pirates est, et sera toujours à l’avantage des pirates (voir article : Informatique/Piratage et protections). Actuellement aucune protection ne tient bien longtemps. Le nouveau firmware de l’Iphone a été « déprotégé » avant sa sortie officielle. C’est bien la preuve que l’argent ne fait rien à l’affaire, quand on n’est pas capable, on n’est pas capable, point barre. Croire que l’on peut créer un système de protection efficace découle de la même inconscience que de penser que le mouvement perpétuel existe.

Que penser du label « HD Ready » apposé sur les nouveaux téléviseurs lorsque l’on sait que l’obtention de cette estampille est soumise au fait que l’appareil doit « disposer d’une entrée numérique avec protection anti-copie » ?

S’est-on posé sérieusement la question de savoir si la kyrielle d’avertissements en tous genres que doivent supporter les acheteurs d’un film DVD avant de le visionner ne les dissuade pas d’acheter encore des DVD ?

S’est-on posé sérieusement la question de savoir à quoi rime d’infliger au spectateur quinze à vingt minutes de publicité avant le visionnement d’un film en salle. A quoi sert cette inutile séance de torture puisque de toute manière les prix des places augmentent sans cesse ?

S’est-on posé sérieusement la question de savoir si, lorsque la loi interdisant certains protocoles sur internet sera acceptée, il ne serait pas possible de créer et d’utiliser d’autres protocoles, d’autres techniques, d’autres subtilités ?

S’est-on posé sérieusement la question de savoir s’il n’était pas possible d’affecter une partie de la TVA perçue sur la musique et les films pour compenser le prétendu manque à gagner des artistes ?

S’est-on posé sérieusement la question de savoir si l’on veut que des réseaux privés, comme il en existe déjà, se multiplient de manière souterraine ?

S’est-on posé une seule fois sérieusement la question fondamentale de la valeur d’une œuvre musicale, du point de vue du client ?

La capacité d’écoute d’un être humain n’a pas beaucoup augmenté au cours des dernières décennies. Or le nombre d’artistes, de maisons d’édition et donc d’œuvres produites augmente dans des proportions incomparablement plus grandes. Comment, dans ces conditions, prétendre vendre au même prix un produit qui ne peut être utilisé de la même manière ?

Pour être plus clair, il y a vingt ans, un jeune achetait trois ou quatre CD par an, en moyenne. Il les écoutait souvent, il les rentabilisait. L’assortiment disponible était bien moindre qu’à l’heure actuelle.

De nos jours, un jeune écoute un très grand nombre d’équivalent-CD. La réserve disponible est immense en termes de diversité. Mais il ne peut pas les écouter tous aussi longtemps qu’il le faisait il y a vingt ans. La valeur intrinsèque de chaque CD devrait donc être plus faible, proportionnelle au temps d’écoute. Mais le prix n’a pratiquement pas changé.

En encore plus clair, on voudrait que la même masse de clients, avec la même capacité d’audition, enrichisse une bien plus grande masse d’artistes et de maisons de disques.

Dans une ville, on ne peut pas augmenter indéfiniment le nombre de bistrots, sans changer le nombre d’habitants, en prétendant que chaque nouveau bistrot gagne autant que les bistrots existants.

Vaut-il mieux gâcher la vie des honnêtes citoyens avec des mesures de protection contraignantes et prendre le risque qu’en désespoir de cause, ils deviennent tous un jour des pirates, ou abandonner ces pratiques dont l’inefficacité concurrence de près les injonctions du pape pour que cessent les guerres dans le monde ? La question vaut la peine d’être posée. Lorsque tous les clients potentiels du marché des médias seront considérés comme des sorcières et brûlés sur la place publique, qui restera-t-il pour acheter des CD ou des DVD ?

jeudi 17 janvier 2008

On est proche de l'explosion (les antibiotiques du piratage)


Internet est une réalité et on ne peut plus, actuellement, le supprimer ni le contrôler à 100%. Pourtant on assiste depuis quelques temps à des réactions étonnantes de la part des maisons de disques, sociétés privées, gouvernements et autres instances puissantes et dirigeantes.

Personne n’est préparé à affronter le web et les technologies de l’information ; personne n’a les moyens et surtout les compétences pour intervenir sur l’irrémédiable évolution du monde des médias, au sens large. Mais dans cette cacophonie apparemment anarchique, certains pensent pouvoir faire la loi. Mais quelle loi ? La loi d’un pays, voire d’un continent, alors que l’outil est mondial, donc supra-frontalier ? Qui sont ces zorros de l’ère moderne, ces Don Quichottes d'un combat perdu d’avance ? Ils ont plusieurs noms et plusieurs apparences, mais ils ont en commun une infinie naïveté face à ce qu’ils pensent être un problème : les hackers et pirates de bas étages qui les empêchent d’amasser en rond.

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Soyons, pendant un instant, manichéen :

Pirater une œuvre au lieu de l’acquérir : c’est mal.

Télécharger un film ou un morceau de musique pour s’enrichir en le revendant illégalement : c’est très mal.

Produire et mettre en vente des CD audio que l’on ne peut pas écouter sur son ordinateur ou sur son autoradio : c’est mal. Quand on achète un lecteur de CD audio il est implicitement admis que l’on peut écouter des CD audio avec.

Produire et mettre en vente des CD audio qui installent des logiciels potentiellement malveillants sur un ordinateur : c’est très mal. Surtout quand on le fait en amateur et que cela peut anéantir un PC. Sony l’a appris à ses dépends en perdant non seulement un procès sur le sujet, mais surtout en perdant beaucoup de sa crédibilité envers les clients et les artistes, également trompés dans l’histoire.

Ennuyer 99% d’honnêtes gens avec des mesures dépassées et contreproductives destinées, à l’origine, aux contrevenants : c’est non seulement très mal, mais c’est surtout un aveu d’incompétence et d’impuissance.

Ne pas prendre en compte que la diffusion de musique ou de vidéos sur internet favorise également la vente légale d’œuvres qui, sans cela, ne seraient ni connues, ni achetées : c’est mal.

Acheter un CD ou un DVD et pouvoir en faire une copie pour usage privé, c’est bien. C’est surtout pratique, par exemple, si on endommage l’original ; pourquoi payer une seconde fois ce que l’on a déjà acheté et que l’on utilise à un exemplaire.

Pouvoir acheter des CD ou DVD en toute légalité, dans un magasin, sans l’arsenal des tracasseries, avertissements et menaces anti-piratage, anti-copie, anti-« tout ce qui concerne une personne sur mille », c’est bien.

Penser pouvoir anéantir les hackers et les réseaux p2p en édictant des lois ou en prenant des mesures coercitives, n’est ni bien ni mal. C’est purement et simplement absurde et irréaliste.

A trop considérer les gens honnêtes comme des criminels, à trop les traiter comme des pirates potentiels, à trop leur pourrir la vie à coup de mesures qu’ils ne méritent pas sous prétexte qu’on est incapable de les appliquer aux vrais pirates, il ne faudra pas s’étonner que ces honnêtes citoyens se mettent un jour réellement hors la loi (voir article : Média/Avertissements déplacés).

L’informatique nous a pourtant déjà donné un avant-goût de cette dérive. Lorsque Windows XP est sorti, avec tous les problèmes liés à l’activation du produit, beaucoup d’entreprises ont préféré opter pour un comportement étrange. Elles ont acheté toutes les licences pour Windows XP, mais ont installé uniquement des versions pirates dépourvues de validation. Est-ce légal ? N’est-ce pas légal ? Microsoft n’est pas lésé puisqu’elles ont payé toutes les licences utilisées. Voilà ce qui nous attend avec les autres médias, à force de se moquer des clients. Veut-on vraiment d’un monde pourri par tant d’absurdités ?

Si on transposait ces manières de faire aux véhicules, nous aurions des voitures avec une dizaine de serrures, à ouvrir dans un ordre donné, avec un avertissement vocal et une temporisation à chaque étape. L’avertissement mettrait en garde contre l’utilisation abusive du véhicule d’autrui. Avant de pouvoir mettre le moteur en route, il faudrait téléphoner à un opérateur, donner un mot de passe, attendre la validation sous forme d’un second mot de passe à introduire sur le clavier de l’autoradio. Tout ceci à cause d’un ou deux individus qui forçaient les serrures des voitures pour s’en servir illégalement. Et surtout à cause de la totale impuissance de la police à cibler uniquement les malfaiteurs.

Ce que toute personne censée refuserait pour une voiture, elle devrait obligatoirement l’accepter pour les médias ? C’est pourtant exactement ce qui se passe et nous n’en sommes certainement qu’au début. Le pire du pire est de convaincre les clients que tous ces bâtons qu’on leur met dans les roues, c’est pour leur bien.

Moralité : certaines méthodes sont utilisées comme des antibiotiques à large spectre. A pourrir la vie de tous, on espère aussi pourrir la vie des fautifs. On oublie simplement que les fautifs sont plus malins que les antibiotiques ! Résultat de l’opération : on a pourri la vie des innocents.

dimanche 22 juillet 2007

Jeopardy

Et si on changeait les titres des émissions de télévision ?

Je suis catégorique (ça se discute).

Arrêtez les méninges (tournez manège).

Le nombre avec le moins de voyelles (des chiffres et des lettres).

Le premier quart d’heure (les cinq dernières minutes).

Salut ! (à bon entendeur).

Cylindre (pyramide).

Tord boyau (fort Boyard).

Le plus petit bistrot du quartier (le plus grand cabaret du monde)

Fosse sceptique (pièces à conviction).

Cinérevue (téléjournal)

Travail lundi (sport dimanche).

Ultraviolet (infrarouge).

U=R.I (E=M6).

Rhabille-toi! (strip-tease).

Les frères Zopak (les frères Bogdanoff).

T’as la sauce ? (Thalassa).

Du goudron et des plumes (des racines et des ailes).

Pile ou face (la météo).

Le lézard vert (le caméléon).

Vieille et moche (top model).

Pitbull (30 millions d’amis).

Les assureurs (l'agence tout risque).

Péril douanier (jeux sans frontières).

Un grand building dans la ville (la petite maison dans la prairie).

Radiothérapie (rayons X).

Le micro à découvert (caméra cachée).

Les déserteurs (les envahisseurs).

Sur la lune (sous le soleil).

Le trouble-fête (le médiateur).

Le flou total (mise au point).

Objectif atteint (mission impossible).

Branches (racines).

Trop difficile (c’est pas sorcier).

la pince monseigneur (le maillon faible).

Z-folders (X-files).

les vieux du théâtre (les enfants de la télé).

Diesel (turbo).

La turbine maléfique (le manège enchanté).

Sans importance (capital).

Prenez l’escalator ! (attention à la marche).

Le roi du pétrole (inspecteur Derrick).

L’océan de l’indifférence (les feux de l’amour).

Le pneu crevé (la roue de la fortune).

Un célibataire en carton (une famille en or).

Pauvre conne (Santa Barbara).

Tu te sens seul ? (Santa Barbara).

Le dessus du panier (le fond de la corbeille).

Le grand taciturne (le petit rapporteur).

Une soirée mortelle (morning live).

Très certainement (sans aucun doute).

La route des tocards (la piste aux étoiles).

Le Colysée de ruelle (le petit théâtre de Bouvard).

Météo pourrie (temps présent).

I (H).

Ajax (la mire).

Aveugle de naissance (perdu de vue).

vendredi 16 février 2007

Johnny Smet excommunié

Johnny Hallyday est allé en Suisse pour échapper au fisc français ? Monsieur Montebourg estime que c’est honteux de la part de Johnny de soustraire aux impôts quelques millions d’euros et criminel de la part de la Suisse de favoriser ainsi la fuite des capitaux français? S’il en avait les moyens il mettrait certainement sur pied une armée répressive et punitive pour mâter ce minable petit pays.

Dans le nord de la France, près de la frontière allemande on trouve une multitude de petits villages avec des maisons devant lesquelles s’étalent des dizaines de boîtes aux lettres aux noms belges. Plusieurs dizaines de milliers de belges ont ainsi élu virtuellement domicile en France pour gagner quelques centaines d’euros d’impôts par mois.

Un simple calcul montre que le fisc belge pourrait accuser la France de lui faire perdre entre 50 et 100 millions d’euros par année. De plus, la France encaisse les impôts de ces résidents virtuels sans qu’ils ne profitent le moins du monde de ses infrastructures.

Les belges ont-ils compris que s’énerver pour ce genre de futilités n’en vaut pas la peine, alors qu’il y a tant de problèmes plus graves et essentiels à résoudre ? Ou bien n’ont-ils simplement pas trouvé de Monsieur Arno Monteboher assez bête pour monter au créneau ?

Moralités:

  • L’herbe du voisin est toujours plus verte
  • Il ne faut jamais faire aux autres ce que l’on ne voudrait pas qu’ils nous fassent
  • Il faut toujours tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler
  • La jalousie n’est qu’un vilain défaut

samedi 2 décembre 2006

Avertissements déplacés


Dans la grande série des mesures qui n'atteignent jamais leur but, on trouve les publicités pour des produits inadaptés qui souvent envahissent sans raison notre champ de vision. Le meilleur exemple de ces ratés irritants est l'avertissement mettant en garde contre le piratage que l'on trouve au début de chaque DVD acheté en toute légalité par des clients dont l'honnêteté est irréprochable.

Les éditeurs de DVD, visiblement proches de leurs sous, craignent au plus au point le piratage. Mais comme ils raisonnent de manière très primaire, ils en viennent à scier la branche sur laquelle ils se croient les plus forts. Leur bête noire, les cauchemars qui hantent leurs misérables nuits, ce sont les jeunes blancs-becs qui téléchargent des films illégalement par Internet. Du haut de leur position dominante, ils utilisent le seul moyen de communication gratuite et directe dont ils disposent: leurs propres DVD.

Quoi de plus normal pour eux, que d'ajouter au début de chaque film vendu en DVD, une bande-annonce anti-piratage, dont le visionnement complet est impossible à éviter. Ils ont tout compris! Les pirates les plus dangereux sont, comme tout le monde le sait, les ménagères de plus de quarante ans qui achètent pour Noël un DVD à leur mari.

Leur raisonnement est génialement intelligent: empêchons les clients honnêtes de visionner dans de bonnes conditions leurs DVD. De cette manière, les méchants pirates vont arrêter leurs actes illégaux et de plus en plus de clients honnêtes vont acheter des DVD, certes originaux, mais altérés, amputés, dénaturés.

Les internautes adeptes du peer-to-peer quant à eux, ne bénéficient pas des sublimes avertissements des éditeurs. En effet, sans doute afin de gagner quelques Méga-octets lors du téléchargement, les films qui transitent sur la toile, se limitent à l'essentiel, c'est à dire le film.

C'est en agressant les acheteurs de DVD que ces futés éditeurs s'en prennent aux pirates. Ils ne sont même pas conscients qu'ils sont en train de tuer la vente des DVD au profit du téléchargement illégal.

Moralité: le bon sens n'est vraiment pas donné à tout le monde.

lundi 16 octobre 2006

L'alphabet a trop de lettres

Oui, notre alphabet comporte trop de lettres, surtout des consonnes. On le voit bien avec les langues orientales, le grand nombre de caractères rend l'apprentissage et la maîtrise des langues plus longs. Prenons exemple sur les japonais qui disposent également d'un alphabet, ou plutôt d'une écriture à nombre de symboles réduit: le Katakana.

Déjà en 1969 Georges Perec écrivait "la disparition", un livre entier sans la lettre 'e'. Un lecteur qui l'ignore ne le remarquera pas. Pris de remords Perec écrivit quelques temps plus tard "les revenentes", ouvrage dans lequel la seule voyelle que l'on trouve est le 'e'.

Comme il est possible de produire des écrits de qualité en supprimant quelques lettres dans l'alphabet courant, on doit pouvoir aller encore plus loin. Pourquoi ne pas supprimer deux ou trois voyelles et une dizaine de consonnes ?

Tout deviendrait beaucoup plus simple à écrire et nos chères têtes blondes apprendraient bien plus vite la langue française.

D'ailleurs pourquoi ne pas prendre les devants et pousser encore plus la simplification ? Si on gardait uniquement deux symboles dans notre alphabet ? Par exemple le tiret et le point. Quelle facilité, dès lors, pour apprendre la langue !

Réciter l'alphabet se résumerait à "point barre". Facile à apprendre, mais encombrant lorsqu'il s'agit d'écrire un texte.

Moralité: il existe certainement un nombre optimal de symboles dans un alphabet. Assez petit pour éviter la dispersion, mais assez grand pour synthétiser l'écriture.

lundi 10 avril 2006

Rien à dire? Faites un blog


En l'an de grâce 1723, dans un petit bureau du CERN, à Genève, naissait une nouvelle idée: le web. Cette petite chose parfaitement insignifiante allait changer la face cachée du monde.

A cette époque l'humanité disposait d'une gigantesque quantité d'informations, mais également d'un colossal vide au niveau de l'accès à ces données. Le web arrivait à point nommé.

Au début du zéro du web, les scientifiques et les universités étaient responsables de publier sur le réseau une base de connaissances quasi "encyclopédique". Les informations sur le réseau étaient somme toute de taille raisonnable, mais surtout d'une bonne pertinence.

Puis arrivèrent les internautes, la famille Bidochon au grand complet. Au début, ils créèrent leurs petites homepages avec la photo de Lumpi le chien. Au bas d'une page kilométrique on trouvait la liste des liens connus indispensables, c'est-à-dire Altavista, Whitehouse et Yahoo. Cette activité était réservée à une élite chez les Bidochon. En effet, créer sa propre homepage en html n'est pas si facile.

Les commerces ne tardèrent pas à débouler sur le web. Au début, aucune marque très connue, à part Coca-Cola et General Motors. Puis des noms parfaitement inconnus débarquèrent sur la toile: Amazon, eBay. Seulement bien plus tard suivirent timidement les marques connues. Comme si c'était un pêché commercial d'ouvrir un site.

Le commerce gagnait du terrain, les médias commençaient à reconquérir des parts de marché. Tout allait pour le mieux dans un monde parfait. La homepage de la famille Bidochon était noyée sous les bannières publicitaires grand format.

Et puis, tout bascula! Un petit malin avait inventé le Blog (BidochonLOG). Dès cet instant commença à fleurir un nouveau type de homepages, toutes extrêmement semblables, que ce soit au niveau du contenu que du contenant.

Chacun avait désormais la possibilité de raconter sa vie, poster des photos de tout et de rien et ainsi permettre l'overflow du web en noyant l'information pertinente dans un tsunami géant, à la manière de quelques grains de sucre dans une tasse de chocolat sans goût.

Le blog, c'est la possibilité pour tout un chacun de donner un sens à sa vie en la partageant avec le reste du monde. Au premier abord cette démarche est tout à fait louable. Mais c'est sans compter avec la médiocrité de la vie de la majorité des bloggeurs.

Un blog digne de ce nom se doit d'être creux et sans intérêt. Pour cela, toutes les armes sont permises. Parler de la dernière émission télé. Epiloguer sur sa tragique journée au bureau et relater son aventure avec la machine à café. Ou encore passer en revue la liste de ses amis bloggeurs ayant la même vie miteuse que la sienne.

L'humanité ne s'était encore jamais autant exprimée. Le contenu des cerveaux humains s'est transvasé sur internet à l'aide des blogs. Seul hic : les cerveaux humains semblent être composés pour 80% de Coca-Cola light et 20% de beurre liquide. L'information générée est nulle et sans intérêt.

Moralité Si votre vie est passionnante, aventureuse ou tourmentée, dommage! Vous n'existez-pas.