Le Léman, cette pataugeoire qui sert d'abreuvoir aux genevois, suscite depuis peu de sérieuses inquiétudes. Selon d'éminents géologues venus étudier de près le phénomène, à coups d'écho lasers et autres sonars, il semble certain que le fond du lac soit en train de subir une transformation tectonique de grande envergure. La faille transversale, approximativement au-dessous d'une ligne Lausanne-Thonon, s'agrandit, mettant en communication le fond du lac et une énorme cavité d'un volume supérieur à celui du Léman. Déjà le niveau du lac commence à baisser; environ cinq centimètres en trois jours, et ce n'est qu'un début. Les prévisions tablent sur une baisse de niveau d'un mètre par semaine au début, puis jusqu'à deux mètres par jour. Finalement ce lac n'est qu'un immense buffer (terme informatique, sorte de garde-manger servant de réserve provisoire), puisque le Rhône s'y déverse au Bouveret et en ressort tout guilleret à Genève. L'absence de lac présente des avantages non négligeables. D'abord, pas de lac, pas de pollution de l'eau. Plus besoin de gardes-pêche, moins de noyades, disparition des cygnes et des canards vecteurs de grippe aviaire. Bref, un paradis. Ensuite, l'état va s'empresser de vendre ces milliers d'hectares venus de nulle part. Les propriétaires de maisons de maître, les pieds dans l'eau, avec port privé et vue imprenable sur le lac en seront pour leur compte. Il sera possible de construire une maison juste devant leur somptueuse demeure. Oui, mais en attendant, ce sera puanteur et choléra pendant plus d'une année. Boue, algues pourrissantes, cadavres, épaves, métaux lourds, substances dangereuses soudain à l'air libre. Les milliers de bateaux devront être transportés sur un autre plan d'eau environnant ou reconvertis en véhicules terrestres. Les chasseurs de trésors se bousculent déjà en quête de Rolex et autres bijoux tombés des bateaux durant des siècles de tourisme effréné. Il est prévu que le fond du lac, recouvert d'une couche de vase d'une dizaine de mètres, s'assèchera en deux ans environ. Après cette période transitoire, il faudra construire des routes qui sillonneront le "creux" jusqu'à 300 mètres en-dessous du niveau de Lausanne. Il faudra également résoudre le problème des frontières, car la France hérite également d'un bout de "creux". Faisons confiance aux politiques sur ce dernier point. Le Rhône ne pourra plus se déverser bêtement dans le creux, sous peine de se perdre dans la faille. Il doit absolument la traverser, mais sa plus petite largeur est tout de même de 150 mètres. Cela ne suffira toujours pas à le faire remonter jusqu'à Genève. La seule solution envisagée est un tubage complet de Rhône entre les deux extrémités du lac, pardon, du creux. Imaginez la tronche du célèbre jet d'eau de Genève, en train de pisser dans un trou nauséabond. Imaginez, le point le plus bas de la Suisse quasiment au niveau de la mer. 
samedi 1 août 2009
Léman vide (scénario 1)
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lundi 29 décembre 2008
Valais: espace privilégié ?
Le canton du Valais, cette région constituée de dominants et de dominés, possède une caractéristique intéressante, disparue des cantons tombés dans la décrépitude comme Genève. Cette bourgade internationale, perdue pour l'humanité et irrémédiablement promise aux pires vices disponibles en téléchargement gratuit, est bel et bien sur le déclin. Une visite au centre brico-loisirs Coop de Sierre m'a permis de comprendre que le Valais d'aujourd'hui est à Genève ce que la Genève d'il y a quarante ans est à la Genève actuelle: un paradis. Je cherche une combinaison de cosmonaute permettant de peindre sans se salir les habits. Je cherche dans le rayon peinture, mais ne trouve rien. Sans me faire trop d'illusions, je demande alors à un vendeur s'il peut m'aider. Première consternation (pour le Genevois que je suis, habitué a être ignoré), il me répond. Oui, il m'adresse gentiment la parole. Surpris, je bafouille, je n'en crois pas mes yeux. Il ne s'est pas défilé en prétextant un "c'est pas moi qui m'occupe de ce rayon", un "vous ne voyez pas que je suis occupé" ou encore un "allez voir au service clients". Je lui explique que je cherche une tenue de camouflage pour faire de la peinture sans me salir. Il voit parfaitement ce que je désire et me dit: "ces combinaisons se trouvent là-bas, au fond du magasin". Je le remercie et m'apprête m'y rendre. Le vendeur me rattrape et me dit: "attendez, je vous accompagne. Suivez-moi". Stupéfaction extrême; je crois rêver, je n'en reviens pas. Il propose de me rendre service. Du jamais vu. Arrivés devant le rayon en question, je reconnais l'habit tant convoité et je remercie le vendeur pour sa disponibilité. Il me dit: "il y a deux modèles, je vais vous les montrer et vous pourrez choisir celui que vous préférez". Il commence à ouvrir deux emballages et à m'expliquer les avantages et les inconvénients des deux modèles. Je suis tellement époustouflé par tant d'égards que j'en choisis un au hasard et m'apprête à remettre l'autre dans son sac plastic. Le vendeur m'arrête: "laissez je vais le faire". Il range le tout et propose de m'accompagner à la caisse. Pas une caisse où il y a la queue, mais un comptoir sur le côté où je paie mon achat et le remercie encore, ce qui a l'air de l'étonner. En m'éloignant j'entends une caissière qui lui lance: "Jacky, va vite voir au rayon peinture; des clients ont besoin de toi!". Du coup je décide d'observer son comportement, histoire de me convaincre que je n'ai pas été victime d'une séquence de caméra cachée. Non seulement il fait preuve de la même courtoisie avec tous les clients, mais les autres vendeurs semblent atteints de la même bienveillance. Je prends alors toute la mesure de la décadence, de la déchéance et de la perversion dans laquelle Genève est tombée. L'enfer existait, j'en avais l'habitude. Mais de là à penser que le paradis se cachait au tréfonds du Valais... J'ai essayé d'imaginer la même scène dans un magasin de la grande dévergondée au jet d'eau, mais ceci est une autre histoire. 
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jeudi 23 octobre 2008
Les welch (1er épisode)
Les welch, alias les Suisses romands, alias les habitants de l'Helvétie qui parlent un français resté bloqué au temps des soirées Tupperware, sont une minorité hurlante de la Suisse, le fameux petit pays sans pétrole et sans idées. Le SR (Suisse romand) est désordonné, paradoxal et rouspéteur. Au début du 20ème siècle les SA (Suisses allemands) ont risqué de laisser les SR s'auto-exterminer pour de sombres raisons d'autoroute à trois voies. Ils ont finalement sauvé un couple représentatif, Jacqueline et Armand Porchet-Cuche, et ont réintroduit l'espèce à l'extrême ouest du pays. En quelques années les SR ont envahi le plateau suisse. Le valais, peuplé d'irréductibles vignerons, échappa à ces procédures de repeuplement. Les SR rêvent de devenir le peuple majoritaire en Suisse. Les SA votent les lois et les SR les subissent. Les SR, dès leur naissance, s'efforcent d'adopter un comportement totalement contraire à celui des SA, parfois jusqu'à se faire du mal. Les SR n'aiment pas la langue allemande. Ils détestent l'armée et la discipline. Ils iraient même jusqu'à rouler à gauche, juste parce que les SA roulent à droite. Il faut dire que les lois votées par les SA sont parfois entachées de doutes. Ainsi les SA paient leur assurance maladie moins cher; c'est vrai que leur corps d'athlète les préserve des agents pathogènes. Les SA ont aussi leurs frontaliers, du moins dans les cantons proches de la civilisation européenne. Mais eux, ont su les dresser, les façonner à leurs us et coutumes, à l'inverse des SR et en particulier des SRG (Suisses romands genevois), qui disent déjà "putaing" tous les deux mots, parlent le langage des banlieues, disent "soixante-dix" et se sont mis, une fois, à cent cinquante pour brûler un vélo. Le SR rouspète par principe; c'est seulement après quelques minutes qu'il demande de quoi il s'agit. Le SR possède des clubs de football, mais il est incapable de les garder sans qu'ils fassent faillite. C'est vrai que le SR est un piètre supporter. Il ne va jamais au stade. Heureusement d'ailleurs, car les stades en Suisse romande ressemblent à des cirques pour enfants, avec plus de policiers que de spectateurs. Le SR fait un complexe d'infériorité vis-à-vis de son frère SA. C'est vrai que ses autoroutes sont moins belles, ses femmes moins travailleuses, ces caissières moins souriantes et ses lacs plus pollués. Evidemment, à force de faire pipi dedans! Le SR est fier de son salon international de l'automobile. Il est surtout fier de voir débarquer, en dix jours, quatre ou cinq millions de ses frères d'outre Sarine. Après dix jours, le SR commence à en avoir mare et se met à tousser. Le SR ne se lie pas facilement d'amitié avec un SA, sauf dans certains cas. Ainsi, toutes les jeunes filles au pair en Suisse romande sont des SA. Quand il cherche des sociétés de qualité et des ouvriers sérieux, le SR fait de préférence appel aux SA. Le SR est détestable; c'est un latin refoulé, au contraire du SA qui serait plutôt un nordique dévergondé. Les welch nous cachent encore beaucoup de choses, que notre enquête ne va pas tarder à nous révéler. 
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mercredi 22 octobre 2008
Les Suisses allemands (1er épisode)
Tout ce qu'on raconte concernant les Suisses allemands est vrai. Divers instituts de sondages ainsi que des études effectuées par le CES (Centre d'Etudes Sociolinguistiques) sont arrivés à des conclusions effarantes. Une caractéristique méconnue de ce peuple est une propension à répondre au moindre questionnaire ou sondage de manière zélée, ce qui facilita grandement cette étude de grande envergure. Pour autant qu'une envergure puisse être grande dans ce petit pays. Le CES nous apprend, entre autres, que les SA (Suisses allemands) tombent plus fréquemment malades que les autres européens. La cause serait imputable à leur manière de parler, enchaînement de sons gutturaux et de fragments d'onomatopées. Leur gorge est mise à rude épreuve, dès leur plus jeune âge. Des tests plus poussés montrent que toutefois ils se comprennent sans trop de difficultés, leur langue d'origine étant l'Allemand, testé et éprouvé quelques kilomètres plus au nord. Les journaux des SA sont écrits en allemand; heureusement pour les touristes venus d'Allemagne pour qui le Suisse allemand parlé est totalement incompréhensible. Lorsque deux SA provenant de cantons différents se rencontrent, ils doivent en premier lieu se mettre d'accord sur un dialecte intermédiaire afin que chacun d'eux fournisse un effort équivalent pour comprendre l'autre. Ensuite seulement une discussion acharnée sur le prix des oignons ou la durée du service militaire peut commencer. Parfois d'autres sujets de conversation apparaissent accidentellement. Les SA n'ont aucune envie d'être contaminés par les SR (Suisses romands), si bien qu'ils ont instauré il y a environ 200 ans une barrière fictive: la fameuse barrière de Roesti. Depuis quatre ans cette limite est passée du stade virtuel au stade de réalité. En effet, plusieurs décharges ont été construites dans un axe nord-sud, visible depuis l'espace, à l'image de la grande muraille de Chine. Pour les SR, la frontière avec les SA est délimitée par la Sarine (échappée du port de Marseille), une rivière qui parle suisse allemand sur une berge et français sur l'autre. Entre ces deux murailles, c'est le no man's land, peuplé uniquement de chars et d'avions de combat. En réalité les SA aiment le côté dévergondé des SR, mais ont peur que leur progéniture n'en subissent trop tôt la mauvaise influence. Des mauvaises langues prétendent que les SA sont nos frères plutôt que nos amis, car les amis on peut les choisir. La maison du SA est toujours impeccable; aucun effort de propreté n'est superflu. Avant de passer l'aspirateur il balaie afin d'éviter de l'encrasser inutilement. Après avoir passé l'aspirateur, il balaie une seconde fois pour venir à bout de la crasse cachée. La Suisse allemande est l'endroit de la planète où il y a le moins de maladies nosocomiales, et pour cause. Les chirurgiens opèrent sans masque. Même pour Carnaval les gens n'en mettent pas. En suisse allemand des mots comme acarien, parasite, calamine, virus informatique ou encore moisissure n'existent pas. Le SA est studieux. En 19 et 25 ans il fréquente l'EPFZ (l'ENA suisse), duquel il ressort directeur du Crédit Suisse, général dans l'armée ou conseiller fédéral. Dans le prochain épisode nous nous attacherons plus particulièrement aux mœurs surprenantes de nos frères SA. 
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samedi 11 octobre 2008
Genève part en fumée
Les citoyens genevois ont accepté il y a plusieurs mois l'interdiction de fumer dans les lieux publics. De toute évidence, les fumeurs eux-mêmes ont majoritairement accepté le projet, puisque le score a été de près de 80 pourcent en faveur de cette interdiction. Il n'y a pas de quoi fouetter une crème; seulement, la plus parfaite des démocraties hoquette de temps à autres. Les hommes et les partis politiques ne connaissent pas bien les lois qu'ils sont pourtant chargés de gérer et de faire appliquer. Pour la fumée, ils ont joué avec la législation comme on joue au casino. On pense que le rouge va sortir, alors on mise tout sur le rouge. Il se trouve que la votation prévoyant l'interdiction de fumer dans les lieux publics a été invalidée par le tribunal fédéral pour des raisons certainement valables, mais certainement pas logiques. Pendant trois mois, les restaurants, bistrots et autres cabarets ont vécu sans la moindre fumée. Pendant trois mois, 80 pourcent de la population s'est réjouie de cette situation. Et tout à coup, le couac. Il faut vite ressortir les cendriers, voire les racheter pour ceux qui n'auraient pas envisagé la politique ignore la loi et qui les auraient jetés. Genève a vécu illégalement trois mois sans fumée, il faut donc une contrepartie pour compenser cette grossière erreur des politiques locaux. La solution sanction vient d'être décidée: pendant trois mois fumer sera obligatoire dans les lieux publics. Chaque personne qui entre dans un restaurant, une école, un train ou un hôpital devra obligatoirement allumer et fumer une cigarette. Exceptionnellement la pipe ou le cigare sont acceptés à condition que son fumeur ait plus de 60 ans. Cette solution permettra une juste compensation et devrait satisfaire les personnes n'ayant pas voté pour l'interdiction de la fumée et qui ont été injustement lésées durant trois mois. Suite à cette obligation de fumer, plusieurs dizaines de personnes sont déjà mortes d'asphyxie, de crises d'asthme ou de crises cardiaques suite à des quintes de toux. Parmi les victimes on compte plusieurs enfants en bas âge, dont les parents ne voulaient se séparer lors d'un voyage en train, par exemple. Mais que tout le monde se rassure, dans peu de temps il sera à nouveau interdit de fumer dans les lieux publics à Genève. Une des caractéristiques de la Suisse, pays idéal s'il en est, est la souveraineté des cantons. On peut tout à fait imaginer que quelques cantons votent une loi obligeant à rouler à gauche provoquant ainsi la création de zones de croisement sur les autoroutes. Il se pourrait aussi que par endroit l'électricité du secteur soit en 110 Volts, qu'en Suisse alémanique les ordinateurs n'aient que 31 bits au lieu de 32, qu'un canton interdise le vote aux blondes, que dans un autre le vert et le rouge des feux de signalisation soient permutés, etc. Heureusement que la Suisse n'est pas encore plus petite que ce qu'elle est, sinon nous pourrions avoir des lois qui s'appliquent seulement à quelques rues d'une ville, voire à certaines personnes d'une habitation. Les psychologues le savent bien: plus on est petit, plus on a envie de se particulariser et plus l'autre devient un ennemi. La démocratie poussée à l'extrême ne se rapproche-t-elle pas de l'anarchie ? 
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mardi 20 mai 2008
Permis de tuer
Parfois, éviter les conflits crée des problèmes. L'Helvétie, n'ayant pas d'accès à la mer, a été créée pour ne pas faire de vagues et elle y parvient fort bien. Si le Petit Larousse illustré de 1983 qualifiait "avalanche" de "mot de la Suisse romande", "conflit" est pour sa part complètement absent des langues nationales suisses. Le pays du fromage levant gagne beaucoup plus en royalties lors d'avalanches qu'il ne doit en payer en cas de guerre. D'ailleurs les Suisses ne parviennent pas à prononcer le mot "conflit", ni à en créer un. En Suisse, même les bateaux ne font pas de vagues. Dans les restaurants l'eau est désespérément plate. Dans les banques, l'argent liquide est soumis à un secret inaliénable. Les débats publics sont consensuellement ternes et ritalinisés. La Suisse est un village dont les prisonniers tentent continuellement de s'échapper et sont systématiquement reconduits dans leur chambre numérotée, surveillée et aseptisée. Comment gérer les conflits dans une société, lente, mais tout de même développée ? En créant des permis. Chaque problème découvert débouche sur la création d'un examen, suivi d'un permis. Un chien dévore un enfant ? Et hop, un permis pour détenir un chien méchant. Un chien gentil dévore un SDF ? Et hop, un permis pour détenir un chien gentil. Un Yorkshire se fait bouffer par quelques mouches ? Son propriétaire devra suivre un cours de psychologie pour détenteurs de Yorkshire. Tout le monde y trouve son compte. Les services proches des animaux (non, pas la poste!) applaudissent des deux pattes à la création de permis, puisqu'ils pourront dispenserles cours correspondants et faire passer les examens. Une manne aussi alléchante qu'inespérée. En ville les méchants cyclistes ne respectent rien, roulant sur les trottoirs, ignorant les feux et les panneaux de circulation, oubliant non seulement la loi, mais le moindre respect. Surtout, ne pas faire de vagues! Eviter les conflits et ne pas risquer de braquer les adeptes du deux roues sans moteur! Alors ? Ben voyons, pourquoi pas un permis! Cela découle d'une réaction socialo-égalitariste partant du principe que l'être humain est intrinsèquement bon. On oublie que la société actuelle est une douce jungle dans laquelle chacun tente de survivre, toujours à la limite de la légalité, parfois en-deçà, mais souvent bien au-delà. Seul un excès de naïveté ou un manque total de discernement peuvent faire penser qu'un cycliste ayant subi des centaines d'heures de cours et d'endoctrinement va tout à coup se comporter correctement pour le restant de ses jours. Les cyclistes s'en prennent plein la tête pour des raisons d'actualité, mais le même raisonnement vaut pour les automobilistes, les pirates informatiques, les tueurs en série et autres criminels. Les voisins du pire des tortionnaires le trouvent sans doute très gentil et sympathique. Il est évident qu'il ne va pas crier sur les toits qu'il est le nouveau Landru. Les comportements les plus inexcusables sont parfois le fait d'individus anodins et banals, telle la veille dame qui dépasse systématiquement tous les clients dans les files d'attente, avec un air innocent et timoré. Notre monde de liberté, d'égalité et de fraternité est en fait un condensé d'hypocrisie, puante et désarmante. Cette situation mène directement à une distinction entre deux catégories, les dominants et les dominés, particulièrement observable en Valais. Nous sommes partout et sans cesse entourés de crapules en habits du dimanche. Alors continuons à ne pas faire de vagues et à nous masquer la réalité; c'est le meilleur moyen de provoquer des fractures. Etant incapables de limiter la vitesse des véhicules dans des zones dangereuses, nos chères autorités débordent d'imagination. Des séries de gendarmes couchés à peine endormis, des pots de fleurs en béton empêchant de se croiser, des zigzags artificiels sources d'encore plus d'accidents, des rues volontairement rétrécies afin de rayer les rétroviseurs de la surface de la planète, des alternances goudron-sable-rivières du meilleur goût. Toutes ces mesures ont comme unique effet d'irriter et d'aller totalement à l'encontre de l'objectif visé. Mais au moins cela ne fait pas de vagues, il n'y a pas de conflit. Aucun agent n'aura besoin de se confronter à un chauffard éméché, la configuration des rues est prévue pour faire le sale boulot, auto-régulante, anti-ergonomique à souhait, mais tellement déresponsabilisante. En termes terre à terre cela s'appelle tourner autour du pot. Et cela n'a jamais été valorisant pour personne. Moralité: au lieu de dire bonjour à votre voisin, envoyez un mail à votre femme pour qu'elle dise au fils du voisin de demander à sa mère de transmettre votre bonjour à son mari. 
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Libellés : Suisse
lundi 28 avril 2008
Le parler suisse: "voter c'est utile"
Vous n'êtes pas sans ignorer que la non disparition de l'interdiction d'utiliser les négations dans la langue française parlée en Suisse empêche une certaine liberté de langage. Le but n'est surtout pas de refuser d'abolir toutes ces tournures bien moins sympathiques que les gutturaux dialectes pré-Constanciens et post-rhodaniens. Au contraire, les autorités ne pensent absolument pas qu'un tel problème puisse nuire à une compréhension erronée de leurs propos. En période non-électorale, le Suisse moyen n'est pas en mesure de refuser n'importe quelle contre-initiative visant à promouvoir le devoir de réserve, surtout s'il nuit au fonctionnement déjà défaillant d'une faible partie de la majorité des organisations non-gouvernementales. Il est vrai que l'absence de toute réaction, aussi négative soit-elle, à l'égard de ceux dont l'esprit est animé par des pensées destructrices de l'ordre non encore entièrement établi, nous rassure tout de même sur la capacité des citoyens à nier en bloc et à contre-cœur toute initiative visant à dilapider l'obtention de la fermeture des WC publics les jours impairs. L'acceptation de l'initiative contre le projet favorable à la poursuite des mesures répressives à l'égard des non-fumeurs ne respectant pas la liberté des cafetiers-restaurateurs a déjà permis de mettre en évidence quelques failles allant dans ce sens. C'est pourquoi le gouvernement vous propose de ne pas rester chez vous le 25 décembre prochain et de décliner toute invitation n'étant pas strictement en faveur de l'abolition du droit de vote obligatoire sous certaines conditions. Si ces espoirs, bien que seulement partiellement fondés, se concrétisent sous la forme d'une opposition massive au mouvement pour un meilleur contrôle des finances publiques, le bon sens et la logique devraient vous aider à prendre la bonne décision. Souvenez-vous que la non-contradiction est un principe qui a fait ses preuves, sauf dans les cas où le rejet d'une hypothèse improbable empêche le libre arbitre de refuser de ne s'en prendre qu'à lui-même. Une fois dans l'isoloir, il faut choisir oui ou non. Là est le problème! 
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mercredi 23 janvier 2008
Les moutons suisses (1ère partie)
La Suisse compte environ 7'500'000 moutons de plus que ceux qui sont recensés en tant qu'ovins. Ils sont tous des "numéro 6" habitant dans le village central duquel certains rêvent discrètement de s'échapper un jour. Rien ne manque dans cet univers doré, ou plutôt dans l'image d'un univers doré qui a été implantée dans leur cerveau. Monsieur Emile Coué, en 1857, a décidé de naître à La Châtaigneraie, mais il s'est manifestement trompé de lieu. La Suisse est le seul pays qui applique quotidiennement et de manière massive sa célèbre méthode; c'est là qu'il aurait dû voir le jour, un pays à part, un pays de masochistes inconscients. "Vous ne trouvez pas que les cotisations obligatoires à une caisse d'assurance maladie sont hors de prix et augmentent sans cesse exagérément ?" "Oui, mais en Suisse nous avons les meilleurs hôpitaux" "Pourtant ils n'ont pas beaucoup changé depuis plusieurs dizaines d'années, et certains pays voisins n'ont rien à nous envier sur ce sujet" "Oui, mais en Suisse nous avons les meilleurs médecins" "Pourquoi la Suisse est-elle le seul pays dans lequel les parkings des supermarchés sont payants ?" "C'est tout à fait normal, pour inciter les clients à utiliser les transports en commun" "Ce n'est pas facile de transporter les courses de la semaine pour toute la famille, un caddie plein, dans un bus lent et bondé" "Eh, bien, il n'y a qu'à prendre un taxi" "Pourquoi les billets de cinéma sont-ils hors de prix en Suisse ?" "C'est un petit pays et les exploitants de salles de cinéma ne s'en sortiraient pas sans pratiquer de tels prix" "Pourtant dans les grandes villes une ou deux grosses sociétés se partagent ce marché." "Oui, mais Monsieur Prix a récemment dénoncé ces tarifs abusifs" "Il a aussi dit qu'on ne peut rien y faire. A quoi sert donc un Monsieur Prix qui constate ces pratiques et qui ne fait rien pour les changer ?" "Le pauvre n'a peut-être pas les moyens de le faire" "Pourquoi les caissières des grandes surfaces sont-elles aussi désabusées et nonchalantes, alors qu'en France elles sont agréables et souriantes ?" "Caissière n'est pas un métier facile, ce n'est pas drôle tous les jours" "Et en France c'est drôle tous les jours ?" "On ne peut pas comparer!" "Pourquoi en quelques années le déficit d'une ville comme Genève a tellement augmenté qu'il atteint environ 30'000 euros par habitant, bébés compris ?" "La situation est difficile et la crise fait des ravages" "Pourquoi d'autres grandes villes suisses sont dans les chiffres noirs ? N'y aurait-il pas un problème de gestion ?" "Ce n'est pas si grave, de toute manière nous avons les banques" "Pourquoi les travaux de génie civil, notamment routiers, durent-ils si longtemps en Suisse ?" "Notre pays a des normes de qualité très sévères et pour exécuter des travaux irréprochables cela demande plus de temps" "Pourtant les ouvrages routiers et autoroutiers se dégradent aussi vite et connaissent autant de problèmes que dans les pays voisins" "Oui, mais nous avons des décorations artistiques dans nos tunnels" "Pourquoi faut-il parfois vingt ou trente ans pour obtenir une infrastructure indispensable, à cause d'innombrables recours initiés par chaque suisse moyen en mal d'un quart d'heure de célébrité ?" "C'est la démocratie directe, un gage de liberté sans égal" 
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mercredi 19 décembre 2007
lundi 26 novembre 2007
Histoire de la Suisse (acte 4: la vraie vie de Calvin)
Voici la véritable biographie de Jean Calvin qui n'était pas seulement le réformateur que les historiens connaissent. Précurseur des lubies du showbiz, Jean Cauvin prit le nom de Calvin de peur que l'apparition des haches le fasse passer pour un patriote excessif. Il naît le 10 juillet 1509 à Noyon, joli nom pour son futur hobby de "brûle-sorcières" et attend jusqu'en 1539 pour épouser Idelette de Bure (comme la robe), sur l'insistance de ses amis. Incapable de choisir lui-même, Calvin leur demanda de lui trouver une femme lui servant plus d'infirmière que d'épouse. Les Calvin n'étaient pas prédestinés à une descendance prolifique, puisqu'ils mirent trois ans pour avoir un premier enfant. Un prototype probablement, puisqu'il mourut au bout de deux semaines. Encore deux ans pour un nouvel essai, avec un garçon et une fille qui, en version finale, vécurent seulement quelques années. En 1534, il arrive en Suisse par le nord pour se changer les idées et surtout pour sauver sa peau. Mais, déjà à cette époque, Bâle n'est pas une ville très gaie. Deux ans plus tard, il jette alors son dévolu sur Genève, cette ville prostatique autour d'un bout de lac malade. Calvin donne des cours de théologie et de Yoga à l'université de Genève. L'hiver il fait un peu de ski à Gstaad, histoire de renforcer sa résistance au froid. Comme il n'est pas très grand, ses amis le surnomment Calvin Klein (le petit Calvin). Devenu le pape de Genève, il fond un groupe avec quelques amis de bistrot. Ils avaient pris l'habitude de se produire au pied d'un mur dans le parc des Bastions, à Genève. Farel, dit Leraf, était le plus turbulent. John Knox, lui, avait le don d'agacer Calvin à cause d'une bête course de barbe. En effet, ils arrêtèrent de se raser en même temps, mais le système pileux de l'écossais Knox lui donnait un avantage d'au moins trois centimètres par an. Le dernier, Théodore de Bèze, était le plus sérieux. Surnommé "Thé odeur de ...", jamais il ne pu regarder une femme dans les yeux. Nos quatre amis se jurèrent un jour qu'à leur mort ils seraient enterrés au pied de leur mur, avec chacun sa statue de cinq mètres de haut. Sitôt dit sitôt fait. Le lieu devint le mur des colosses à petite tête. En effet, il était de bon ton qu'une fois par an les étudiants déversent une peinture rouge et pénétrante sur les têtes des statues. Ajoutée aux crottes de pigeons, le mélange était ravageur et il fallait régulièrement effacer ces traces en rapetissant les têtes du quatuor, si bien que leurs proportions devinrent peu à peu proches de celles de Marie-Antoinette après sa réduction. L'histoire retiendra de cette aventure que lors d'une kermesse c'est toujours Jean qu'a le vin et Guillaume qu'a le pain. Et John qui est à la sono, c'est lui qu'a le son. Théodore est, lui, toujours planté devant sa Playstation. 
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jeudi 22 novembre 2007
Histoire de la Suisse (acte 3: Guillaume Tell)
Ce n'est pas une brève de comptoir, et encore moins une histoire belge. Il s'agit d'une histoire suisse bien de par delà les montagnes. Monsieur Tell est l'un des Helvètes les plus connus au monde et son histoire est certainement celle qui a le mieux résisté aux outrages du temps. De Monsieur Tell, dit "Guillaume Tell", l'histoire n'a retenu que son surnom. En effet, il est difficile d'imaginer qu'une personne possède un tel nom. L'utilisation d'un sobriquet lui sauva la vie, car le pauvre homme a été affublé à sa naissance d'un nom extrêmement complexe : «Gustave Eugène Ferdinand Von Der große Berg zum Gipfel und pulverförmigen». Ce nom dépassait très avantageusement les capacités mémoire de l'époque, si bien que ses condisciples avaient pris l'habitude de l'appeler « Eh ! un tel, toi oui, viens ici ! », ce qui était bien plus simple. Pour la suite du récit et dans un but de simplification, nous l'appellerons Guy. Voici donc la véritable histoire de Guy, le plus grand héros suisse. Né dans le canton d'Uri, petite goutte de désert au milieu d'un océan de montagnes, Guy est issu d'une famille modeste d'artisans. Tout comme son père et son grand-père Guy exerçait la profession de marin-bûcheron. Une activité bien banale qui consiste à récupérer le bois des bateaux afin de construire des forêts autour des pâturages. Guy avait deux passions; la première consistait à assembler des armes redoutables avec des allumettes collées. Comme à l'époque les allumettes n'avaient pas encore été inventées, il passait le plus clair de son temps à sculpter des allumettes primitives à l'aide des chutes de bois de la scierie. Guy était devenu un virtuose du bois. Il savait fabriquer toutes sortes d'armes, du simple Beretta DT10 Trident L à la plus complexe des arbalètes, arme qui constituait sa seconde passion. Quand il était tout petit, son grand-père l'initiait au tir dans les montagnes. C'est d'ailleurs depuis cette époque que le dromadaire a totalement disparu des Alpes. Guy était très bon en tir, de toutes sortes. A 18 ans il se marie. Sa femme, dont l'histoire à oublié le prénom (appelons-la unetelle pour simplifier) accouche très vite d'un enfant. Un beau garçon âgé d'à peine de quelques secondes. Très vite, le jeune couple apprend à élever ce nouveau venu. Ils l'habillent avec des culottes en peau de bête, lançant ainsi une mode dont l'abus donnera bien plus tard naissance à un sport: « La lutte à la culotte ». Pas bête l'Helvète ! Quelques années plus tard, le jeune garçon a grandi et Guy a pris de la bouteille. L'époque est sombre et la Suisse vit des tourments administratifs. L'empereur d'Autriche (cet imbécile de Habsbourg) cherche à dominer le canton d'Uri. Hermann Gessler est nommé bailli et son rôle est d'asservir les urinois. Pour y parvenir il plante un poteau au centre de la place du village d'Altdorf et y suspend son chapeau. Dorénavant chaque citoyen doit se courber pour saluer le couvre-chef. Notre Guy a la vue qui baisse et l'absinthe qu'il ingurgite par barils entiers l'a presque rendu aveugle. Un soir, un peu éméché, titubant sur la place, il percuta le poteau de plein fouet. Le chapeau tomba et Guy aussi. Les deux s'endormirent paisiblement. Le lendemain matin il se réveilla entre deux gardes, face au bailli, droit comme une allumette, qui lui piétine gentiment le crâne. Guy avait enfreint la loi, et devait payer pour cet affront. Gessler lui propose alors deux solutions. Soit il accepte de transpercer une pomme posée sur la tête de son fils avec une flèche tirée avec son arbalète, soit il consent à écouter un disque de Mireille Mathieu. Guy accepte immédiatement la première solution, beaucoup moins cruelle. Le lendemain, le village entier est réuni pour assister à l'exploit. Il est vrai qu'à l'époque les loisirs étaient plutôt rares. Le fils, la pomme et Guy sont également présents. Le bailli place la pomme sur la tête du jeune homme. Guy essaie de revenir sur son choix, mais rien n'y fait. Résigné, il recule de vingt pas, se tourne vers sa femme, enceinte d'un deuxième enfant au cas où. Elle est en pleurs. Guy prépare longuement son arbalète. Il l'arme méticuleusement, vise, et tire ! 
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Libellés : Suisse
mardi 6 novembre 2007
Tous aux abris !
La Suisse, cœur artificiel de l'Europe puisqu'elle n'en fait pas partie, est une sorte de couteau; petit mais y a tout dedans, de belles montagnes, de beaux lacs, mais aussi de beaux habitants, avec de belles maisons. Les habitations helvètes, qu'elles soient situées au nord ou au sud des Alpes, ont toutes des caractéristiques communes. Chacune dispose de chambres, d'une cuisine, de fenêtres avec de jolis rideaux aux motifs edelweiss. Rien de plus banal. Les enfants les dessinent avec des toits pointus, une cheminée tordue et, souvent, une porte et quatre fenêtres. Mais, comme les passagers du Titanic l'ont appris à leurs dépends, trente pour cent seulement de l'iceberg est visible. En 1971, une nouvelle loi fédérale fait son entrée dans la liste des incongruités suisses. Elle prévoit que tout citoyen doit pouvoir bénéficier d'un abri antiatomique en cas de guerre, séisme, cataclysme nucléaire ou de pandémie mondiale de grippe aviaire. Le pays a beau être neutre, la volaille et les atomes ne le sont pas. A cette époque, les "méchants russes" menacent quotidiennement le pays; ils peuvent l'envahir d'une minute à l'autre. Le danger est imminent. Cette loi tombe sur les Helvètes, une fois de plus, comme une massue. Construire des abris antiatomiques pour toute la population suisse, en voilà une idée qu'elle était bonne (surtout pour certains) ! La protection civile se voit alors chargée d'une nouvelle mission: aménager de gigantesques abris collectifs en plein centre-ville afin d'y loger poules, cochons et crustacés en cas de guerre. Souvent, les écoles font office de passerelle d'entrée vers ces paradis inviolables. Ces tunnels enfouis à des kilomètres sous terre suffiront-ils à loger tous nos petits-suisses ? Un grand plan à l'échelle nationale est alors en marche. Toutes les nouvelles constructions devront désormais comporter un abri antiatomique. Fini le temps où une maison pouvait être posée à même le sol. Toutes les bicoques, les cabanes de jardins, les niches à SDF devront disposer d'un sous-sol en béton armé de deux mètres d'épaisseur. La réalité dépasse la fiction. Chaque maison individuelle ou immeuble helvétique dispose d'un abri muni d'une aération filtrée, d'une porte en béton armé de plusieurs tonnes et de quoi faire vivre douze personnes pendant six jours à l'abri de l'air contaminé et de la lumière. Les toilettes chimiques sont bien sûr incluses dans la panoplie. Mais depuis, les temps ont bien changé. Les méchants ne sont plus les mêmes, les abris ont tous été construits. Ceux qui devaient s'enrichir se sont probablement enrichis. Et voilà que depuis quelques années ces "méchants russes" viennent de plus en plus nombreux en Suisse, mais uniquement en tant que riches touristes ou hommes d'affaires cherchant à placer leur fortune en lieu sûr. Que faire alors de ces locaux à l'inertie thermique hors du commun ? La majorité des Suisses les utilise comme garde manger, cave à vin ou carnotzet. Certain y font pousser du chanvre à la lumière artificielle, d'autre y stockent les armes et les munitions de l'armée. Parfois même, on y retrouve une adolescente enfermée depuis quinze ans (non ! C'était en Autriche). Pendant toutes ces années antiatomiques les suisses ont été d'une naïveté exemplaire. En cas de guerre nucléaire chacun d'eux aurait eu l'avantage de vivre six jours de plus que les autres. En effet, c'est un grand privilège de vivre à huit personnes dans dix mètres carrés pendant six jours et de sortir enfin, de voir tous ces cadavres brûlés et déchiquetés, pour crever comme un chien, accompagné de ces visions idylliques. Finalement 20'000 euros pour vivre à dix dans une cellule pendant six jours, ça ne fait qu'environ 300 euros par personne et par jour. Ce n'est pas cher pour avoir le droit de vivre en direct la mort des autres. Il n'est pas rare qu'une maison de quatre habitants doive disposer d'un abri antiatomique pouvant "stocker" dix personnes. Imaginons la réaction de nos quatre habitants enfermés dans leur tombeau suite à une guerre nucléaire, qui entendent au dehors plusieurs personnes leur demandant de les laisser entrer. La solidarité sera-t-elle plus forte que la mort ? Vous le saurez dans le prochain épisode de "Laisse entrer nos voisins, ils sont radioactifs". 
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Libellés : Suisse
mercredi 18 juillet 2007
L’archi (con) texte
Un homme, plutôt petit, d’aspect banal, mais impeccablement habillé, entre dans le bureau d'un architecte avec lequel il avait pris rendez-vous. Il vient d’acquérir un terrain sur lequel il désire faire construire une maison. Rappelons que la Suisse est le pays d'origine de l'un des architectes les plus influents du 20ème siècle: Charles-Edouard Jeanneret (1887-1965), surtout connu sous le nom de Le Corbusier. Elle compte parmi les architectes contemporains de renommée mondiale Mario Botta et autres Herzog ou de Meuron. Notre brave homme, plutôt petit, sait exactement ce qu’il veut pour sa nouvelle maison. C'est une maison aux dimensions peu communes. Ses dimensions doivent être de 3 mètres sur 14 mètres et elle doit avoir trois étages hors sol, ainsi que de deux étages en sous-sol. Il ne doit pas y avoir d'escalier ; uniquement des échelles de corde, ainsi qu'un ascenseur entre le 2ème et le 3ème étage. Le garage devra se situer au 3ème étage, sans accès par l'extérieur. La cuisine, se trouvera au 2ème sous-sol, la salle à manger devra se situer très précisément à égale distance du garage et de la cuisine. Chaque pièce devra comporter deux fenêtres et deux portes. Ce point est primordial. Dans l'idéal, toutes les portes auront une largeur de 97,5 centimètres exactement et une hauteur de 1,3 mètre. Les couloirs intérieurs devront avoir une pente de 3%, sauf celui du 1er sous-sol pour lequel la pente devra être de 7%. La hauteur sous plafond sera partout de 2,88 mètres, même en tenant compte de la pente des couloirs. Les douze salles de bain seront constituées chacune d’une cabine de douche carrée de 1,2 mètre de côté. Un lavabo ainsi qu’un wc devront être installés dans chaque cabine. Les fenêtres extérieures devront avoir la forme d'un triangle équilatéral de 77 centimètres de haut. Enfin, les volets extérieurs devront être rouges. A l’énoncé de ce dernier point, l’architecte évite de justesse la crise cardiaque et, dans un avant-dernier sursaut de lucidité, bafouille dans une sorte de râle : « Vous vous trouvez en Suisse ! Je peux tout vous construire, mais le cadastre refusera formellement que vous ayez des volets rouges dans un quartier ou tous les volets sont verts. »
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Genève, squatte qui peut !
Les squats et Genève c'est une histoire d'amour qui dure. La sulfureuse ville du bout du lac lorgnait depuis longtemps sur ces quelques bâtiments vides, occupés par de sympathiques artistes. Il y a quelques années, on dénombrait environ 120 squats. Depuis, la guerre a été déclarée par les politiques qui ont décidé d'éradiquer jusqu'au dernier appartement à loyer inexistant. Actuellement, seuls 30 bâtiments résistent encore. Est-il raisonnable d'imaginer une ville sans squat ? Voltaire disait : « Quand on a 25 ans, c'est à Paris qu'il faut vivre. Au-delà de 50 ans, Genève est l'endroit idéal ». Visionnaire en son temps, il devait avoir raison, en tout cas, en 1778, année de sa disparition. Les squats représentent, pour la ville de Genève, l'anarchie et l'anticapitalisme. Ils sont souvent occupés par des jeunes ; les personnes plus âgées préférant les maisons de repos. C'est également un lieu de liberté, de création et d'idéologie sociale. Dès lors qu'une ville décide d'annihiler ce type de symbole, elle prend le risque de créer un clash populaire. Une ville se doit d'avoir des côtés obscurs, des maisons closes et des bars. À Paris, on trouve d'excellents restaurants alternatifs dans des squats. Pourquoi sont-ils meilleurs ? Peut-être est-ce le goût de l'interdit ? Peut-être sont-ils plus créatifs simplement. Genève doit continuer sa politique calviniste du 16ème siècle et supprimer tout esprit de liberté. Pour cela, s'attaquer aux créateurs et aux artistes permet de maîtriser l'esprit de révolte, selon elle. Mais une population peut-elle vivre sans liberté ? Oui, et elle le doit. La ville celte arrivera à bout de toute humanité. Pour cela, elle fera emprisonner les musiciens (Arthur Honegger) les artistes peintres (Jean-Etienne Liotard) les humanistes (Henri Dunant) et les écrivains (Jean-Jacques Rousseau). Les habitants seront également retirés de la carte au profit de bureaux dans de grandes tours vitrées. Un stade sera construit et un Kärcher géant sera installé dans la rade. On la nommera alors "Genève, ville internationale".
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Libellés : Suisse
samedi 19 mai 2007
La Suisse est-elle une secte ?
En observant attentivement cet inutile nombril au centre de l’Europe, ce modèle inadapté de démocratie virtuelle, certains détails surprennent. En début d’année, la TSR (Très Sainte Religion) énumère quasi quotidiennement, dans les journaux télévisés, les indécents bénéfices des grandes multi nationales helvétiques. Plus de sept milliards de bénéfice annuel pour Novartis, près de dix milliards pour Roche (le pharmacien de quartier) et quasiment autant pour des dizaines d’autres sociétés. Visiblement le gourou et ses évangélistes se portent bien. Où est donc le problème ? Chaque Suisse devrait exploser de joie à l’annonce de ces réussites financières. Le pays prospère et chaque citoyen naïf pourrait se prendre à espérer des retombées bénéfiques sur sa vie quotidienne. C’est sans compter sur un détail : ces milliards engrangés ne profitent pas aux adeptes dont le seul rôle est de travailler à l’expansion des organes de propagande. Les bénéfices sont communiqués dans le but que chacun se remotive régulièrement pour œuvrer dans l’intérêt général de la communauté. Les assurances se portent à merveille, alors que les assurés passent pour quantité négligeable. Les primes ne cessent d’augmenter et les disciples n’ont aucune autre alternative que de payer sans rien dire. Dans cette « référence démocratique », la moindre virgule, le moindre poisson supplémentaire dans le Léman sont soumis à votation. Encore faut-il que les objets soient simplement énoncés, que les sous-entendus et les effets de bord soient avoués. Plus d’un membre de cette étrange communauté s’est retrouvé à subir les conséquences néfastes d’une votation dont il n’a pas forcément mesuré les impacts, faute de clarté. Il se sent alors coupable et l’équipe de gestion le prend alors sous son aile protectrice et le console. Quand il s’agit de voter sur une question du genre « Etes-vous d’accord pour une gestion plus saine et transparente des finances de l’Etat ? », qui oserait dire non ? Le résultat n’est pas acquis d’avance ; il y a souvent une raison cachée derrière une question anodine. Un adepte pourrait vouloir se rebeller, vouloir partir ailleurs ! Une telle décision est difficile à prendre tant les liens qui le retiennent sont nombreux : travail, obligations militaires ou fiscales, études. Il peut alors devenir pauvre et errant dans le pays le plus riche du monde. Avec un peu de chance, il parviendra même à mourir de faim. N’oublions pas que chaque Suisse dont la situation devient désespérante dispose, dans son armoire, d’un fusil d’assaut. Son utilisation inappropriée provoque près de 300 morts par an. S’agirait-il de déçus tentant un transit vers Sirius, autosuggestionnés qu’ils sont d’être devenus inadaptés ? Pour un pays neutre et sans ennemis, disposant d’une armée de « paix », cela fait beaucoup de vies perdues. Moralité : non, la Suisse n’est pas une secte, mais un merveilleux pays géré par chacun dans l’intérêt de tous.
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dimanche 11 mars 2007
La Suisse sort de l’Europe
Comme chacun le sait, la Suisse ne fait pas partie de l’Europe. Pourtant, géographiquement, elle s’y trouve. Comment résoudre ce paradoxe ? La réponse est simple : un trou. De par ses minuscules dimensions, la Suisse pourra bientôt être extraite du centre de l’Europe qu’elle occupe indument. Il suffit de s’y prendre comme pour sortir une tarte aux pommes de son moule : creuser tout autour sur une profondeur de cent mètres environ. En fait, cinquante mètres suffiraient ; cela équivaut aux coffres-forts les plus profondément enfouis. Mais ce serait sans compter avec la suissitude, caractéristique qui a tendance à contaminer le milieu ambiant, à la manière du champ magnétique d’un aimant. D'après les spécialistes, la suissitude s'atténue de 99% à travers cinquante mètres de terre. Après avoir vidé les lacs et évidé les Alpes pour éviter du lest inutile, la Suisse sera transportée par les airs vers une zone plus ensoleillée. Elle sera simplement posée en méditerranée, sur la Crête. Un accord de principe a déjà été signé avec la Grèce. Puisque la Suisse va nettement déborder de la Crête, une partie de son territoire sera cédé aux Crétois expropriés. La Suisse, dont l’armée, frustrée de ne pouvoir acheter des sous-marins nucléaires, se contentait de maquettes de laboratoire, pourra enfin s’en donner à cœur joie. Les meilleures régions de Suisse seront les bords, transformés en plages paradisiaques. Genève connaîtra certainement le plus grande métamorphose, passant d’un entourage de montagnes françaises opprimantes à des plages de sable fin. « Voir le soleil se coucher à l’horizon », un spectacle jusque-là totalement inconnu des Suisses. Le trou béant laissé sur le continent n’appartiendra à personne. Il aura le statut de zone frontière, comme si à cet endroit la ligne de frontière avait l’épaisseur de la Suisse. Seuls quelques milliers de douaniers et de gardes-frontières patrouilleront jour et nuit au fond du trou pour s’assurer que personne n’y pénètre. En fait, un canton sera plus difficile à extraire que les autres : Nidwald. Personne ne sait pourquoi. Probablement une phobie de l’eau. Voilà comment la réalité géopolitique de l’Europe retrouvera une situation saine. Moralité : pour faire passer le trou suisse, rien de tel qu’un bon trou normand.
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dimanche 18 février 2007
Oui à la caisse unique !
Le 11 mars 2007 les suisses ont dit oui à la caisse unique. Après plusieurs mois d’interminables débats très animés, la voie des urnes a parlé. C’est un véritable triomphe pour les partisans de la caisse unique. Enfin une seule caisse, plus besoin de perdre son temps à choisir la plus efficace, la plus sympathique, la plus rapide. Certaines personnes hésitaient, changeaient de caisse, avaient des remords. Fini tout ça ! Que de temps gagné. Avant, certaines caisses rendaient l’argent moins rapidement, d’autres acceptaient uniquement certains produits, ou refusaient les personnes âgées, ou encore acceptaient exclusivement les handicapés. Pour certaines caisses les préposés s’adressaient aux clients francophones en suisse allemand, avec toutes les complications que cela engendrait lors de problèmes de remboursement. Sans compter certaines caisses qui faisaient des réductions sur présentation préalable de la liste des articles. D’autres refusaient de prendre en charge les clients qui payaient avec une carte de crédit. Se diriger vers une caisse plutôt qu’une autre était vraiment cornélien et tenait parfois de l’aléatoire tellement les critères de choix étaient subjectifs. Moralité : vive la caisse unique ! Mais c’est vrai que dans certains centres commerciaux il va y avoir une file d’attente interminable. On aurait peut-être dû garder au moins deux caisses par magasin.
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La LAMAL va mal
LAMAL n’est pas le dernier palindrome à la mode. Il s'agit d'une superbe loi helvétique qui oblige tout citoyen à souscrire à une assurance maladie. Comme toutes les lois récentes, elle ne traite qu'une partie du problème et engendre des effets secondaires particulièrement indésirables. Chaque personne doit payer chaque mois une cotisation à une société privée. En effet, les assurances maladie sont gérées par des entreprises privées, de belles et grandes holdings aux gratte-ciels bleu cristal. Sans pouvoir le prouver, il serait envisageable que ces sociétés se soient entendues sur les prix qu’elles pratiquent ainsi que sur les augmentations qu’elles ne manquent pas d’infliger chaque année. Ce serait, en tout cas, un bon moyen de gagner de l'argent. Il est des suisses raisonnables et censés qui trouvent exagéré de payer, pour une famille moyenne, plus de 1000 Euros par mois uniquement d’assurance maladie, pour des prestations que plus aucun pays environnant ne nous envie. Il est vrai que le problème n'est pas de la seule responsabilité des assureurs ; les assurés, certains du moins, ont également contribué à l'effondrement du système de santé suisse. Au début, le montant des primes d'assurance maladie était acceptable. Les gens n'allaient pas chez le médecin pour le moindre éternuement et ne se gavaient pas de médicaments. Puis les primes ont pris l'ascenseur, lésant en premier lieu les familles à revenu modeste. De nouveaux reflexes naissent : "Puisque nous payons un prix exorbitant pour l’assurance maladie, autant en profiter". Et la consommation médicale eut tendance à augmenter. On comprend vite comment fonctionne cette spirale infernale. Les médecins aussi se prirent au jeu. Il est extrêmement rare actuellement de sortir du cabinet d'un médecin sans une ordonnance. Certains se sentent obligés de justifier leur travail en trouvant systématiquement une maladie au patient (Merci Dr. Knock!). Un docteur qui déclare une personne en bonne santé est-il un mauvais docteur ? Et l'Etat dans tout ça ? Que fait le ministre chargé du problème ? Il patauge. Aucune vraie réforme en vue, aucune campagne, rien de bien sérieux. Au contraire, on diminue les prestations remboursées par l'assurance de base. Par exemple, l'homéopathie n'est plus remboursée. Enfin certains médicaments ont été purement et simplement retirés des listes de remboursement. Tout cela bien entendu sans la moindre baisse des primes, sans même un ralentissement des augmentations. Les citoyens helvétiques paient toujours plus cher des prestations toujours plus restreintes. Le système va droit dans le mur. L’hôpital devra être payé cash à l’entrée et les cabinets des médecins seront simplement remplacés par des automates à cartes de crédit. Etre obligé de payer pour des services inexistants et participer ainsi aux progrès de la médecine et de l’industrie pharmaceutique est un privilège pour lequel il faut être reconnaissant envers la mère Patrie et le pire Etat.
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mercredi 14 février 2007
En Suisse tout est petit
La Suisse est un petit pays et tout y est en proportion. Les places de stationnement sont petites, donc les voitures sont minuscules. Les habitants sont petits, ils travaillent peu et gagnent un tout petit salaire. La vitesse de l’internet est très faible, en rapport avec les exigences de gens. La télévision se regarde sur un petit écran. Les prises téléphoniques sont les plus petites du monde, mais comme les gens parlent doucement et lentement ça suffit. Les hommes politiques prennent de petites décisions et s’occupent uniquement de problèmes de moindre importance. Les résultats des votations hebdomadaires se soldent souvent par un petit oui ou un petit non. Le petit papa Noël apporte des petits trains et des petites peluches aux petits enfants. Les autoroutes sont gratuites, car il n’y a pas la place pour construire des péages. Elles sont tellement courtes que chaque entrée est immédiatement suivie d’une sortie. Cela permet, en cas de forte affluence, de prendre l’autoroute sans jamais y entrer ; il suffit de garder sa droite, d’emprunter chaque sortie, puis de rentrer immédiatement. Les sociétés d’informatique suisses sont confrontées à des problèmes de compatibilité. En effet, les bits à zéro ont effectivement une valeur de 0, mais les bits à un ont une valeur d’environ 0,9. D’ailleurs, les ordinateurs 32 bits s’appellent, en Suisse, des ordinateurs 28,8 bits. Les dimensions des stades de football sont à l’image de ce microcosme anachronique. Juste assez de place pour les entraîneurs et les familles de joueurs. Les matches se jouent par équipes de trois joueurs. Chaque équipe ayant droit à huit remplaçants. Petites équipes, oui, mais en Suisse on est prévoyant. En Suisse les enfants sont minuscules, mais font des envieux. Tout le monde ne se lève-t-il pas pour les petits suisses. Petite moralité : La p’tite souris est morte. Oh ! Oh ! Oh ! Y a ses boyaux qui sortent, c’est pas beau, c’est pas beau.
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mercredi 11 octobre 2006
La Suisse penche à droite
Récemment, au congrès mondial sur l'étude de la tectonique des plaques, plusieurs géologues ont mis en évidence un phénomène relativement inquiétant. Il semble que la plaque continentale sud-européenne est sur le point d'amorcer un mouvement d'affaissement. Le pays le plus touché serait la Suisse, du fait de sa position centrale en Europe. Le basculement pourrait s'effectuer durant ces dix prochaines années. Il s'agira d'un mouvement rapide (d'une durée d'environ quelques mois) mais non brutal, n'occasionnant que de rares petits dégâts. Cette transformation toute en douceur est due à la relative élasticité du sous-sol dans cette partie de l'Europe. Les conséquences seront parfois inattendues. D'ailleurs, depuis que cette nouvelle a été révélée, nous pouvons déjà constater des réactions variées. Il est vrai que Genève n'a pas l'habitude de voir déferler la méditerranée, remontant le cours du Rhône et arrivant jusqu'au Léman. La ville ne devra pas seulement prendre des mesures concernant les nouvelles espèces de poissons; elle devra également faire face à la rogne d'une partie de la population s'insurgeant contre l'arrivée massive de pêcheurs marseillais à la poursuite de leur gagne-pain. D'ailleurs les divers ponts de Genève devront être rehaussés afin de permettre aux chalutiers de passer. Genève possède bien une plage, de quelques dizaines de mètres carrés. C'est peu pour 400'000 habitants en manque de vacances à la mer. Certains habitants du cartier se sont déjà portés volontaires pour verser des sacs de sel sur la plage afin que le sable devienne salé. Les responsables de bains publics en bord de lac redoutent le danger représenté par l'arrivée de requins et autres cachalots. Le maire de Lausanne a proposé qu'un musée océanographique soit construit dans sa ville. Des pourparlers sont en cours afin de pouvoir y exposer l'épave de la Calypso. Evian, ville d'eau, mais d'eau douce, va certainement se convertir dans l'exploitation de marais salants. L'eau est une bonne source de revenus, mais le sel aussi. Alors pourquoi ne pas faire une symbiose: utiliser l'eau salée pour en tirer du sel et de l'eau. C'est le moyen moderne d'obtenir le beurre et l'argent du beurre. Mais voyons les autres bons côtés. Des descentes en canoë ou en pirogue de Marseille à Genève seront organisées. Du poisson frais et pas cher pour tous les genevois. Plus de jet d'eau à entretenir car l'eau salée augmente la corrosion des tuyaux et de la mécanique. Plus de canards ni de cygnes à nourrir à coup de pain sec; uniquement des orques et des baleines. Et aussi un peu de mafia pour créer une certaine atmosphère genre hall de gare. Genève: le plus grand port de la méditerranée! Avec ses algues envahissantes, ses pétroliers, ses marées noires, ses porte-avions tant attendus. Enfin les genevois pourront aller à l'ONU en maillot de bain sans être montrés du doigt. Mais tout de même, il y a ces pêcheurs marseillais! Où vont-ils loger ? Leurs bateaux seront-ils bien garés ? Que vont-ils faire le soir ? Seront-ils propres ? Leur permettra-t-on d'entrer dans les banques en habits de travail ? Moralité: il ne faut vraiment pas tarder à construire un grand stade à Genève, afin que l'OM et ses spectateurs reprennent de l'activité.
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