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lundi 2 juillet 2007

Economies d’énergie

Google est un site internet tellement consulté et plébiscité qu’à lui seul il pourrait contribuer à économiser une grande quantité d’énergie électrique. Il semble que si le fond des pages internet de Google était noir au lieu de blanc, l’énergie économisée correspondrait à la production d’une centrale nucléaire.

Ceci est vrai pour les écrans à tube cathodique avec lesquels la production du blanc demande plus d’énergie que le noir.

L’utilisation d’écrans LCD (plats), non seulement ne présente aucune différence énergétique entre le noir et le blanc, mais est de toute manière moins gourmande en électricité.

De nouveaux comportements peuvent également contribuer à diminuer le gaspillage des ressources énergétiques. Si les millions de personnes qui tapent quotidiennement des adresses internet du type « http://www.google.com » tapaient simplement « google.com » l’économie d’énergie serait non négligeable. Le temps passé devant un ordinateur serait réduit, et l’énergie utilisée pour taper les caractères inutiles, en fait le surplus de nourriture absorbée afin d’actionner les muscles de doigts agissant sur les touches du clavier, serait moindre.

Dans la même veine on peut dire que la politesse en tous genres contribue à la surconsommation d’énergie. Ne plus dire « Bonjour ! Comment allez-vous ? », « Oh ! Vous vous êtes coupé les cheveux ? », « Bon appétit » ou autres artifices parasites pourrait éviter la construction de centrales nucléaires supplémentaires.

Lire un livre en laissant le vent tourner les pages lorsque le pouce d’un léger mouvement l’y autorise va dans le même sens.

Le sport est également un gouffre énergétique. Il est vrai que les salles de sport sont en partie chauffées par la chaleur dégagée lors des exercices destinés souvent à faire maigrir. Faire du sport en plein air contribue au réchauffement de la planète.

D’autres changements d’habitudes peuvent être énergétiquement bénéfiques. Se moucher une fois sur deux en cas de rhume. Regarder dans le rétroviseur plutôt que se retourner lors d’une manœuvre de parking. Manger sur des tables plus hautes pour minimiser les mouvements des bras. Partir en vacances tout près de chez soi, ou mieux, passer ses vacances au lit. Rouler uniquement en descente. Habiter au rez-de-chaussée. Faire des photos plutôt que des photocopies. Ecrire plusieurs fois sur une même feuille de papier : une fois en bleu, une fois en rouge tourné de 90 degrés, une fois dans les marges et entre les lignes. Se nourrir par goutte à goutte. Etre aveugle et sourd. Mort sans être incinéré est bien, mais non né est certainement mieux.

En fait, c’est couché et ne pensant à rien que l’être humain consomme le moins d’énergie. Ne nous levons donc que si cela est strictement indispensable.

Moralité : économiser l’énergie n’est pas simple. La cohérence totale n’existe pas dans ce domaine.

jeudi 4 janvier 2007

Lois anti-pauvres

Des lois anti-pauvres n'existent pas ouvertement dans les pays civilisés respectueux des droits de l'homme. Pourtant si! Prenons le cas de l'instauration de la circulation alternée des véhicules à moteurs durant les périodes de pics de pollution atmosphérique.

Il est en effet prévu, dans plusieurs pays, que l'utilisation des véhicules puisse être autorisée un jour sur deux en fonction du numéro de leurs plaques minéralogiques. Les jours pairs sont réservés aux numéros d'immatriculation pairs et vice versa pour les numéros impairs.

Un premier problème purement technique est que les véhicules à numéro de plaque impair pourraient circuler plus souvent, du fait que les mois ayant 31 jours offriraient deux jours de suite aux heureux possesseurs d'un numéro de plaque impair.

Une autre difficulté peut apparaître dans les pays dont les numéros d'immatriculation sont en fait une suite de lettres.

Quel rapport avec les pauvres ? Une personne possédant une seule voiture pourra circuler uniquement un jour sur deux. Mais quelqu'un de plus aisé possède, ou du moins peut facilement se procurer un second véhicule ayant un numéro de plaque complémentaire. Ainsi celui qui peut se permettre d'avoir deux véhicules peut tranquillement continuer à circuler 100 pourcent de son temps.

Ne s'agit-il pas là d'une loi discriminatoire en défaveur de faibles revenus ? Les naïfs rétorqueront qu'il suffit d'interdire à une même personne d'avoir plusieurs numéros lui permettant de circuler sans contraintes. Cette réaction ne tient pas compte du principe que tout n'est qu'une question de prix. Avec de l'argent on peut toujours se "louer" réciproquement des voitures avec le bon numéro entre amis.

Les moins naïfs diront que l'on peut tout de même prévenir de tels contournements de la loi, par exemple en associant un numéro à une personne et non plus à un véhicule. Trop naïf! Contre rétribution il est toujours possible de "tricher" en toute légalité, par exemple en louant un taxi à la journée, en engageant divers chauffeurs, ou en usant de tout autre subterfuge payant.

Moralité: le respect des droits de l'homme et de l'égalité de traitement passe par l'éradication de la pauvreté.

lundi 3 avril 2006

Paris-Dakar: enfin la faim

Chaque année le Dakar se court sur les routes du continent africain. A l'origine ce rallye motorisé partait de Paris et se terminait à Dakar. Actuellement le départ se situe au Portugal, et après avoir traversé l'Espagne, le Maroc, le Sahara Occidental, la Mauritanie, le Mali, et la Guinée, les coureurs arrivent au Sénégal.

Pourquoi le Dakar n'est-il plus une course "de Paris à Dakar" ? Les organisateurs l'ont vite compris: le paysage français ne tient pas la comparaison face aux dunes sous un coucher de soleil saharien. La famille Bidochon ne fait pas vendre du rêve. Une autre raison à ce changement d'itinéraire est que le Dakar défonce tout sur son passage. Il est donc moins dommageable que ce rallye se déroule dans des pays où l'infrastructure routière est quasi inexistante.

Mais le Dakar, c'est avant tout du sport et du rêve. Il n'a pas vocation à faire disparaître la faim dans le monde, mais seulement à la diminuer. Dans les pays traversés, une manne coule dans son sillage, alimentant des régions en argent que seuls le tourisme peut apporter. Les pays se battent pour avoir le Dakar.

Le pire, ce sont les morts. Pas les pilotes qui, eux, ont choisi de prendre des risques, mais bien les enfants qui meurent quasiment chaque année, écrasés par une moto ou par un camion d'assistance. Cette année, deux premiers gosses sont passés sous les roues des voitures ("Décédés dans le sillage de la caravane du rallye" comme le dit si poétiquement la dépêche de l'AFP). Le troisième a été heurté par un camion de manière beaucoup plus brutale.

Le Dakar a-t-il tué de futurs prix Nobel ou brillants avocats ? Ou simplement trois garçons qui aimaient le sport mécanique, qui avaient la vie devant eux et qui sont morts pour permettre à la télévision de continuer à diffuser du rêve à tout prix ? Ne faudrait-il pas stopper définitivement une course qui tue en toute légalité des enfants innocents ?

Le pilote et les copilotes du camion d'assistance concernés ont été entendus par la gendarmerie locale, comme dans "tout accident de la route se produisant au Sénégal", a précisé le directeur de l'épreuve. Comment ce même directeur pourra-t-il annoncer aux parents des victimes qu'il s'agit d'un simple accident de la route !

Lorsqu'un motard australien meurt en course, 1'882 articles sont publiés sur lui. On n'hésite pas à ériger des stèles, à organiser des cérémonies commémoratives, mais jamais on ne remet en question la légitimité d'une telle course.

Moralité: le Dakar est une course qui permet de détruire des paysages et des habitants de régions dans lesquelles la mort est considérée comme un dégât collatéral, d'après les organisateurs.

mercredi 15 mars 2006

Douaniers sans frontières

Après Médecins sans frontières, Reporters sans frontières et bien d'autres, une nouvelle association vient de naître: Douaniers sans frontières. En effet, avec la construction de l'Europe et la disparition progressive des douanes traditionnelles, les douaniers ont perdu leur territoire, leur chasse gardée, leur petit mètre carré dans lequel ils sont tout puissants.

Finalement, bien mieux que la disparition des frontières en Europe, c'est la disparition des douaniers qu'il faut saluer. Ce non-métier, exercé par des terriens du troisième type oscillant entre le sadisme primaire et la bêtise sur-entraînée (vous savez, le truc qui n'a pas de limites) est bien étrange. Chacun peut en faire l'expérience. Il vous suffit de passer devant un douanier sans baisser les vitres de la voiture. Normalement vous allez recevoir invectives, menaces et autres armes des faibles en habit d'apparat. La prochaine fois, essayez de vous arrêter et de baisser la vitre devant un douanier en train de parler avec un collègue. Là vous risquez un: "Ben alors! Allez-y!!".

Qui parmi vous n'a jamais eu une étrange hésitation devant le même douanier toujours en train de parler avec son collègue (à croire que le travail en binôme, comme en informatique, évite les bavures), lorsque celui-ci semble faire un signe de la tête. On ne sait si le vague geste fait partie de sa conversation hyper-intéressante ou bien si c'est à vous qu'il essaie de dire "Allez-y!". A croire qu'au fil des années la relation entre le douanier et sa proie s'est optimisée au point que sa seule présence devrait nous plonger dans une osmose permettant de se comprendre sans une parole, sans même un geste, aussi embryonnaire soit-il.

Bien sûr, c'est caricatural, exagéré, généralisé, mais tellement vrai. Et comme, parmi les douaniers, il doit y avoir la même proportion de gens sympathiques que dans le reste de la population, c'est forcément la fonction qui pose un problème et non l'humain qui la revêt.

Le franchissement d'une douane peut être ressenti comme une mini garde à vue, et, pour une fois, n'importe qui peut avoir l'impression d'être dans la peau d'un malfaiteur ou d'un criminel. Si vous êtes en quête de sensations fortes, traversez une douane plusieurs fois par jour. En cas de problèmes ultérieurs avec la justice, vous vous serez ainsi un peu accoutumé à l'atmosphère carcérale.

La disparition des douanes a donc poussé nos braves barrières vivantes à se mettre au service de pays étant en manque de douaniers. De cette manière, en cas de conflit, les reporters sans frontières nous tiennent au courant des événements, les médecins sans frontières essaient de soigner les plus démunis et les douaniers sans frontières sont là pour les empêcher de passer.