Armstrong naît au tout début du 20ème siècle à la Nouvelle Orléans. Vers l’âge de 12 ans il s’intéresse déjà aux avions et à l’aéronautique en général. Les fusées n’étant pas encore inventées, il se tourne vers une autre de ses passions, le cornet à pistons. L’école qu’il fréquente est très éloignée de sa maison, ce qui l’oblige à utiliser un vieux vélo que son père avait rafistolé. Le vélo lui permet de développer une capacité pulmonaire hors du commun. Cette particularité, associée à une pratique soutenue des instruments à vent, lui vaut le surnom de Satchmo (bouche-sacoche). Son souffle le pousse à délaisser le cornet à pistons au profit de la trompette. On prétend qu’il plaçait une sourdine interne dans son instrument, de manière à forcer encore plus sur ses poumons et ainsi se muscler d’avantage. Lorsqu’il emprunte une trompette à un collègue musicien, généralement il la pulvérise, tant il est puissant. Parallèlement à quelques concerts de jazz où il rencontre un succès grandissant, Armstrong n’abandonne pas le vélo et participe à des courses en amateur. Pendant une dizaine d’années il alterne concerts et courses de vélo. Il remporte même la première édition du tour de la Nouvelle Orléans. Curieusement le premier prix consiste en un stage de trois semaines dans un centre de formation des astronautes à NASA. Ce qu’il vit dans ce centre est décisif pour la suite de sa carrière. Sa passion d’enfant renaît de plus belle et il décide de devenir le premier astronaute noir de l’histoire. C’est ainsi qu’après huit ans de travail acharné Armstrong devient le premier homme à marcher sur la lune. Il prononce une des phrases les plus célèbres de l’histoire: "C'est un petit pas pour un homme, mais un bond de géant pour l'humanité". Dès son retour sur Terre il prétend avoir rencontré des extraterrestres grands et bleu foncé. De conférence en concert Armstrong perd visiblement de son enthousiasme pour la musique et les fusées. Il perd également de sa crédibilité, probablement à cause d'une trop grande affinité pour le bleu foncé. Il lui reste le vélo. Comme il ne fait jamais rien à moitié, il reprend l'entraînement, plus de cent kilomètres par jour. Arrivé au mieux de sa forme, il rêve de participer au tour de France, mais un point du règlement, sujet à interprétations et controverses, le lui interdit en raison de la couleur de sa peau. Il ne s'agit pas de racisme, mais de considérations physico-chimiques liées à une trop grande perte calorifique par rapport aux personnes "non de couleur". Son désir est plus fort que tout. Est-ce psychosomatique ou bien une réelle coïncidence, il contracte une maladie de la peau; en fait une dépigmentation générale et providentielle qui lui ouvre les portes du cyclisme professionnel. Armstrong commence à gagner quasiment toutes les courses auxquelles il participe, ce qui fait dire à ses détracteurs qu'il se fait des couilles en orbite. Ils ne croient pas si bien dire, puisqu'en 1996 il est atteint d'un cancer des testicules. Des médicaments d'un nouveau genre lui sont administrés, si bien que dès 1999 il participe et gagne consécutivement sept tours de France. Plusieurs adversaires d'Armstrong essaient désespérément d'attraper un cancer des testicules, afin de bénéficier du même traitement miracle, mais sans succès. En mai 2022, pendant trois jours, Armstrong joue de la trompette sans interruption, puis sombre dans un coma profond. Deux jours plus tard, il s'éteint dans sa ville natale, d'un dérèglement hormonal fulgurant. 
mardi 21 octobre 2008
La saga Armstrong
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mardi 30 septembre 2008
Jeu d'échecs pour les nuls
Le moment est venu d'expliquer à tout un chacun comment on joue aux échecs. Ce jeu n'est pas vieux de 1400 ans comme d'aucuns le prétendent. Il fut inventé en 1974 par un étudiant en biologie de l'université de Strasbourg. Le jeu se joue sur un terrain, de préférence plat, constitué de colonnes et de lignes comportant des cases de couleurs alternées. Les cases paires sont foncées alors que les cases impaires sont claires. Le maître du jeu signale le début d'une partie en lançant des petites sculptures improbables sur le champ de bataille. La moitié d'entre elles sont rouges, les autres sont bleues. Deux joueurs s'affrontent face à face. Le premier qui s'empare du chef du troupeau, c'est-à-dire du roi, peut choisir sa couleur. Il rassemble toutes les statuettes vers lui et les dispose côte-à-côte pour montrer à son adversaire qu'il est le plus fort. Mais pour éviter de les dévoiler entièrement, il place devant elles une rangée de pommeaux de rampes d'escalier. L'adversaire, se sentant humilié, en fait de même. Puis chacun attend une provocation de l'ennemi pour commencer le combat. L'attente peut être longue; des nuits entières parfois. D'ailleurs, certains combats ne débutent jamais. Dans ce cas, les adversaires sont déclarés potes, se serrent la patte et rentrent au camp de base. Revenons un instant sur les statuettes combattantes. On y trouve le roi, chef incontesté arborant le plus souvent un tatouage en forme de croix sur le front. La reine, sa copine, est toute ronde. C'est elle que le roi, macho mais pas fou, envoie attaquer l'adversaire. Elle, est sportive et peut prendre son élan pour aller jusque dans les rangs adverses. Lui, est plutôt timide; il fait de tout petits pas. Notre petite famille habite visiblement un château, car ils ont emporté avec eux deux des tours de leur demeure. Détestant la solitude, notre couple royal a également emporté deux cousins complètement séniles. On les appelle les deux Ribéry à cause d'une profonde balafre héritée d'un plongeon dans une douve à sec. Cette perturbation cérébrale les oblige à marcher de travers. La reine a réussi à convaincre son compagnon d'emporter également les deux chevaux qu'ils ont trouvés à la SPA locale. En très mauvais état, il ne leur reste pratiquement que la tête et une partie du cou, ce qui ne facilite pas leurs déplacements. Le roi n'a pas vraiment eu le choix, c'était les deux chevaux ou sa belle-mère. Les pommeaux de rampes d'escalier, huit nabots tous pareils, sont très bêtes. Ils avancent tête baissée, sans rien comprendre. En face, on trouve une famille en tout point ressemblante, sauf que le chef et sa femme donnent l'impression de mieux s'entendre. Tout à coup un nabot trébuche, ce qui donne un prétexte à l'adversaire pour contre-attaquer. En quelques minutes trois nabots bleus sont éjectés hors du terrain, suivis immédiatement par un fou et deux chevaux rouges. Le maître du jeu propose alors aux deux familles un arrêt des hostilités. Ayant perdu chacune trois protagonistes, elles acceptent de terminer la rencontre sur un score nul. Mais le tournoi n'en est pas pour autant terminé. Il est organisé en poules et le vainqueur de chaque poule peut repartir avec. Lorsque tous les volatiles ont disparu, le maître du jeu proclame la fin du jeu. Les quatre Ribéry sacrifient alors ce qui reste des chevaux pour préparer un bon repas. Les reines s'éclipsent discrètement pour aller jouer aux dames pendant que les tours attendent le leur. 
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dimanche 10 août 2008
Le photographe photographié
Les sportifs font partie des gens qui ont l’habitude d’être pris en photo. Jamais on ne verra un tennisman prendre une photo des tribunes d’un court de tennis. Jamais Tiger Woods n’a photographié les spectateurs pendant une épreuve de golf. Jamais un footballeur n’est entré sur la pelouse en filmant le stade. Il semble bien que les jeux olympiques bouleversent la logique et le bon sens. Depuis quelques éditions, pendant le défilé de la cérémonie d’ouverture, la plupart des sportifs tient un appareil de photo ou une caméra à la main. Les spectateurs, surpris d’un si subit intérêt à leur égard n’ont d’autre choix que de sourire. Pour la première fois de leur vie des citoyens lambda figureront peut-être sur un poster que leur sportif préféré punaisera au-dessus de son lit. Seul ombre au tableau, une grande partie de ces documents multimédias est ratée. Comment voulez-vous défiler, faire des signes de la main, parler avec ses collègues et prendre des photos réussies ? Quel gâchis, mais que voulez-vous, le corps a ses flocons que la saison ignore. Imaginez un chinois, un simple pékin, rentrer chez lui et s’écrier « Nadal m’a pris en photo » ou encore « Laure Manaudou m’a filmé pendant 30 secondes (j’espère qu’elle ne publiera pas le résultat sur internet, sinon je lui fais un procès !». Un tel souvenir vaut bien un mois de salaire ! Le pire est que les spectateurs se voyant immortalisés par leurs héros veulent rapporter ce soudain coup de foudre à leur famille, et se mette également à prendre des photos. Nous assistons donc à une scène absurde et surréaliste dans laquelle des personnes se photographient mutuellement. Plus les uns font crépiter leur flash, plus les autres en rajoutent, et ainsi de suite. C’est l’escalade du non-sens, l’éclair permanent, la sportivitude et le supportariat dans tous ses états. Seuls les jeux olympiques peuvent le permettre. Problème il y a, c’est sûr. Tous ces sportifs qui photographient les spectateurs ou le stade ne pourraient-ils pas s’entendre pour que seul l’un d’entre eux prenne des photos et qu’il les envoie aux autres ? Ou encore le comité olympique pourrait mandater des photographes professionnels, muni d’appareils dignes de ce nom, pour effectuer ce travail inintéressant. Il faut croire que l’athlète, le sportif brut de décoffrage, tient absolument à rassembler lui-même les preuves que tant de personnes sont venues pour le voir; quitte à faire des photos au hasard, en l’air, parterre, dans sa poche. Le chef c’est lui, le plus fort c’est lui, le plus intelligent c’est son manager. Allons les enfants ! Votre boulot c’est le sport. A chacun son calvaire. Contentez-vous de défiler, vous êtes là pour ça. 
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samedi 9 août 2008
Jeux olympiques
Finis les jeux d’eau limpide du siècle dernier. Vivent les jeux ultramodernes, contrôlant la météo et les lois de la nature. La plupart des sportifs préfère le beaux temps à la pluie, sauf peut-être les nageurs. Qu’à cela ne tienne, à Pékin il fera beau, les scientifiques en ont les moyens. Dans cette région où régulièrement des pluies sont déclenchées afin de nettoyer l’atmosphère de ses polluants, il est également possible d’éviter la pluie. On comprend bien qu’il soit possible d’agir sur un nuage afin de déclencher la pluie, mais comment ne pas faire pleuvoir ? Tout simplement en attaquant les nuages avant qu’ils atteignent la région qui doit absolument rester sèche durant les sacrosaintes épreuves sportives. Même le vent est artificiel, puisque des ventilateurs géants parviennent à faire flotter les drapeaux dans un stade olympique dépourvu du moindre souffle d’air. Il est même prévu de souffler en permanence derrière les coureurs dans la limite officielle de 2 mètres par seconde à l’aide de ventilateurs directifs placés sur les bord de la piste d’athlétisme. Ainsi les records sont optimisés. On va même installer des aspirateurs verticaux au-dessus des aires de saut en hauteur et saut à la perche, disciplines qui ne connaissent pas de limite de vent favorable. D’autres disciplines vont également bénéficier des apports technologiques. Ainsi les épreuves de natations se dérouleront dans un bassin où l’eau aura subi un traitement spécial la rendant plus fluide, diminuant ainsi les forces de frottement sur les combinaisons déjà optimisées des nageurs. Le marathon aura la particularité de se courir entièrement en descente et au plat. En effet, un portion d’environ quatre kilomètres sera parcourue sur un tapis roulant en descente, ce qui n’est pas interdit par le règlement. Le beach-volley se jouera sur du sable spécial dans lequel les pieds s’enfoncent deux fois moins. Pour augmenter l’élévation lors des sauts, le sable est constitué d’un mélange minéral et caoutchouteux, augmentant l’efficacité des attaques. Le stade d’athlétisme se trouve dans une zone où l’attraction terrestre est plus faible. Avant sa construction, un immense cratère à été creusé afin de remplacer la terre par un constituant très léger. Les résultats des épreuves de lancers, entre autres, sont ainsi améliorés. Les épreuves de cyclisme sur piste se courront dans un vélodrome dépressurisé, mais dans une atmosphère enrichie en oxygène, afin de réduire la résistance de l’air et ainsi augmenter le nombre de records. D’autres mesures encore ont été prises dans l’unique but d’améliorer les performances sportives. En fait, les fédérations de chaque sport ont pu proposer des améliorations techniques spécifiques. Le comité olympique décidera lesquelles pourront être appliquées. Avec de telles modifications, à la limite du règlement, les sportifs ont de plus en plus de peine à comprendre pourquoi le dopage est interdit. Vive le sport ! Vivent les JO ! Vive la science ! 
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samedi 9 février 2008
Le nouveau Paris-Dakar
Cette grande et belle épreuve sportive renaît de ses cendres. Les organisateurs ont enfin trouvé le moyen d’éviter les accidents chez les spectateurs. Un Paris-Dakar inédit, surprenant et innovant. Dès 1978 les premières éditions du Paris-Dakar partaient de Paris et se terminaient à Dakar. Cela semble plutôt logique. Qui imaginerait que la course cycliste Paris-Roubaix parte de Tokyo et arrive à Marseille ? Qui pourrait penser que le tour de Corse puisse se dérouler à Borneo ? Pourtant le grand raid, surnom emprunté à De Gaulle, est un habitué des délocalisations. Certaines années le départ ne se situait pas à Paris, pas plus que l’arrivée n’était prévue à Dakar. En 1992 le Paris-Dakar reliait Paris au Cap. En 2000, il reliait Dakar au Caire ; le monde à l’envers. Pourquoi, dans ces conditions, ne pas avoir trouvé un nom plus adéquat, ou du moins moins explicite ? Par exemple le "d’ici-là", le "on verra bien" ou encore le "c’est par où qu’on passe cette année ?". Dorénavant, le Paris-Dakar se courra vraiment entre Paris et Dakar. Cette décision a été prise récemment, faisant suite à la volonté exprimée par Air France de sponsoriser activement ce rallye-raid. Les nouvelles conditions de course garantissent la sécurité absolue pour les spectateurs. En réalité il n’y aura aucun spectateur. Uniquement des officiels et les coureurs. Il sera absolument impossible de voir la course, et pour cause, puisqu’elle se déroulera entièrement dans … un avion. Le départ sera vraiment donné à Paris et l’arrivée sera jugée à Dakar. Air France va mettre à disposition un Airbus A380 spécialement aménagé. Complètement vidé, l’appareil sera rempli d’une épaisseur de trente centimètres de sable du désert. Pour rendre l’épreuve plus réaliste, des zones de galets, de terre et quelques petits plans d’eau seront aménagés. Réservée aux motards, pour des raisons évidentes, l’épreuve démarrera au moment précis où l’avion décollera et prendra fin au moment où il touchera le sol du Sénégal. Entre deux, ce sera une foire d’empoigne, une lutte sans merci entre vingt pilotes qui feront des allers-retours dans le monstre des airs. Pour des raisons de charge et d’accélération, les pilotes s’élanceront de l’avant de l’appareil, ce qui lui donnera une impulsion supplémentaire. La piste aura la forme d'un huit avec un croisement superposé en son centre, afin d’éviter les accidents. Vingt caméras permettront de voir la course sous tous les angles. La retransmission télévisée se fera en live. Des pourparlers sont en cours afin d’affréter un second Airbus A380 spécialement élargi pour permettre aux buggies de concourir. Affaire à suivre… Comment les organisateurs n’ont-ils pas pensé plus tôt à cette solution qui aurait évité la mort de neuf jeunes africains ? 
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mardi 10 juillet 2007
Tour de France propre
En 2007, le tour de France est propre. Tous les participants ont dû signer une charte par laquelle ils déclarent être propres. Certains coureurs belges ont pris plusieurs douches avant de signer. Tous sont absolument propres, et en cas de doute des bouteilles de savon liquide sont distribuées gratuitement à chaque étape. En cas de test anti-dopage positif un Kärcher est gracieusement mis à disposition par le gouvernement pour effacer toute trace suspecte. Pour la première fois la guerre au dopage est déclarée. Aucun coureur ne doit dire qu’il a pris des produits illicites. Personne n’est dopé, ou plutôt personne n’est plus dopé que les autres. Enfin des cyclistes avec des chances égales dès le départ. Ce tour est tellement propre qu’il faut parfois baisser le contraste des postes de télévision afin d’éviter tout risque de conjonctivite. Pour la première fois les coureurs peuvent soulager leur vessie au bord de la route sans voir immédiatement pousser de gigantesques plantes d’espèces inconnues. Dans le tennis aussi le problème du dopage fait son apparition depuis quelques années. Alors qu’il y a quelques décennies les joueurs étaient blancs de propreté, on les voit de plus en plus souvent céder à la facilité et revêtir des tenues qui trahissent leurs nouvelles tendances. Le vainqueur du tour de France 2006, Floyd Landis, a été déchu de son titre pour cause de dopage. En réalité cette sanction pénalise ses problèmes en mathématique. Le ratio normal testostérone/épitestostérone d’un être humain normal oscille entre 1 / 1 et 2 / 1. L’Agence Mondiale Antidopage admet elle-même que les coureurs cyclistes ne sont pas des êtres humains normaux puisqu’elle autorise un ratio allant jusqu’à 4 / 1. Floyd Landis s’est donc juste un peu trompé dans ses calculs, puisque son ration était de 11 / 1. Avec un tel taux de testostérone un homme normal doit avoir des testicules sous les aisselles, dans le cou et entre les orteils. Un nouveau test visuel antidopage va être mis en place. Il consiste simplement à observer la largeur des chaussures des cyclistes. Certains vont même aller jusqu’à se faire amputer des orteils pour éviter d’éveiller des soupçons. Avec autant de testostérone un homme normal aura une voix tellement grave qu’il sera absolument inaudible. Sa pilosité l’obligera à se raser toutes les dix minutes. Moralité : si vous voyez un homme avec plus d’une demi-douzaine de testicules, il est fort probable qu’il soit champion cycliste.
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vendredi 6 octobre 2006
Statistique
Certaines informations statistiques peuvent être utiles lors de retransmissions sportives. Il ne faut cependant pas exagérer et tomber dans une surenchère stérile. Voici un aperçu de telles dérives frisant la superstition, en précisant toutefois qu'il ne s'agit pas de propos textuellement entendus. Les noms des personnes sont fictifs ou sans rapport avec les propos du contexte. Ski: Lors des six dernières années, chaque fois que Phil Mare a terminé au deuxième rang lors du premier slalom de la saison se déroulant hors d'Europe, son frère Steeve a gagné la seconde manche de la course suivante avec plus de deux secondes d'avance sur son suivant. Ces mêmes conditions étant réunies, il devrait donc s'imposer aujourd'hui. Athlétisme: Chaque fois que Marion Jones a couru un 200 mètres sous la pluie au quatrième couloir elle a réussi, lors de la même compétition, son meilleur résultat au saut en longueur lors de son troisième essai. Chose plus étonnante encore, c'est dans ces circonstances précises que chaque fois Heike Drechsler s'est imposée lors du dernier essai; Marion Jones terminant finalement à la seconde place. Or, aujourd'hui le saut en longueur s'est terminé sur une victoire de Heike Drechsler devant Marion Jones. Le 200 mètres ne s'étant pas encore déroulé, il y a fort à parier qu'il va se mettre à pleuvoir et que Marion Jones va tirer le couloir quatre. Football: A la coupe du monde, chaque fois que la France a terminé deuxième de son groupe et que le Brésil s'est imposé dans le sien en battant l'Italie par plus de deux buts d'écart, l'Angleterre a joué plus de dix minutes en infériorité numérique. Et ce fut chaque fois contre l'Argentine, sauf lorsque cette dernière se trouvait dans le groupe de la France. Formule 1: Depuis qu'Alonso est présent en formule 1, à la fin de chaque saison il a parcouru plus de kilomètres en tête d'une course que les deux pilotes classés immédiatement derrière lui n'en ont parcourus en seconde position, et ce de manière cumulée. Il est étonnant de constater que c'est la première année où le vainqueur du championnat du monde, Michael Schumacher a terminé premier lors des premier, deuxième, troisième, cinquième, huitième et treizième grands prix de la saison. Cette situation est d'autant plus remarquable que 1, 2, 3, 5, 8 et 13 sont les premiers termes de la suite de Fibonacci. On peut donc affirmer que si le championnat comptait 21 courses, Michael Schumacher se serait à coup sûr imposé lors de la 21ème. Moralité: les commentateurs sportifs devraient faire des études très poussées de statistique et de mathématique afin de nous gratifier de coïncidences encore plus surprenantes.
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mardi 30 mai 2006
Laurent Garros
Au tennis, il n'y a pas que la terre qui est battue. Les crocodiles n'en mènent pas large à force de se faire piétiner. Ils sont tout plats; on dirait des planches de surf. D'ailleurs les crocodiles ne sont pas verts, ils n'ont pas la langue rouge vif et ont l'interdiction de sourire, puisqu'ils sont en voie d'apparition. Nous vivons dans un monde reptilien. Partout des petits lézards verts, partout des crocodiles. Sur les lunettes, sur les voitures, sur les casquettes. Les crocodiles ne savent pas compter, et le tennis est vraiment un sport d'intellos. Quand on pense que certains arbitres de boxes ont de la peine pour compter jusqu'à 10, que faut-il penser d'un sport où la suite des points ne peut même pas figurer dans un test de QI ? 0, 15, 30, 40, x Après 40 il y a quelque chose, puisque le joueur qui y parvient gagne le jeu (le tennis est bien le seul sport dans lequel on peut gagner un jeu !), mais il est interdit d'en parler. Cela n'apparaît même pas sur les panneaux d'affichage. Dans d'autres sports, par exemple le volley-ball, on joue en 25 points et l'on peut vraiment atteindre le score de 25. En tennis, à 40 on n'a pas gagné, mais après 40 il n'y a rien. A 40 on peut encore perdre. D'autres sports exigent deux points d'écart, mais en tennis, deux fois l'écart entre 40 et un nombre inconnu pose quelques problèmes. Alors les tennisseux ont inventé l'avantage, qui d'ailleurs présente pas mal d'inconvénients. Là aussi, avec un avantage on n'a toujours pas forcément gagné; avec deux avantages on a gagné, mais deux avantages, ça n'existe pas. A 40 partout c'est donc le marasme, on va d'inconnue en inconnue jusqu'à ce que, par exemple un joueur fasse deux doubles-fautes. En effet, deux doubles-fautes ne représentent que l'équivalent de deux avantages, un plutôt un avantage plus la fameuse inconnue qui fait gagner. Au service les joueurs ont le droit de faire une faute, mais pas deux; car deux fautes font un point, enfin un intervalle indéterminé de points: 15 en début de jeu, puis seulement 10 un peu plus tard, et plus rien (mais qui compte beaucoup) vers la fin du jeu. Ce comptage est finalement assez logique, car au début d'un jeu le joueur est naïf, et on lui fait croire qu'il va gagner beaucoup de points (15 points). Ensuite, puisqu'il est lancé, on ne lui donne plus que 10 points. Enfin, arrivé à un certain stade, pour lui faire comprendre qu'il pourrait se dépêcher, on ne lui dit plus combien de points il engrange. Ceci probablement pour lui éviter d'attraper la grosse tête. Mais pourquoi "points" ? Au football on compte des buts, au basketball des paniers, aux fléchettes des points. Mais au tennis ce ne sont pas vraiment des points. Ce sont des entités numérales indéfinies. Indéfinies, car à l'origine il s'agissait de pas au jeu de paume. Et la longueur d'un pas dépend de plusieurs facteurs. Pour résumer, lorsqu'un joueur atteint un nombre indéfini d'entités virtuelles il peut gagner un jeu; généralement un jeu de tennis. Ouf ! Enfin un comptage humain: les jeux vont de 1 en 1, jusqu'à 6. Le premier joueur atteignant 6 jeux gagne une manche (un set, de table comme au ping-pong). Quoi que… une manche peut aller jusqu'à 7 jeux. Mais le 7ème jeu n'est pas comme les autres. Lui, a des points qui se comptent normalement: 1, 2, 3, etc. C'est le jeu décisif; précisément parce qu'on s'est enfin décidé à compter correctement. Mais il est temps de laisser momentanément reposer les neurones, par exemple en regardant un match de football. Moralité: nous avons des pas qui compose des jeux, qui eux-mêmes constituent des manches. Dans un prochain article nous expliquerons en détail le fonctionnement des manches, le maniement des balles et des divers attributs vestimentaires tennistiques.
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samedi 6 mai 2006
Le droit au dopage
La lutte contre le dopage coûte bien trop cher. Une solution évidente à laquelle personne n'a encore pensé est de favoriser le dopage en le légalisant. Les sommes englouties par les laboratoires d'analyses d'urines verdâtres et de sang suroxygéné, par les milliers de personnes effectuant des contrôles surprise tous les mardis à 16h30 et par toutes les campagnes de prévention pourraient être versées à des ONG. Pour quelques centaines de morts par an sur les stades, dans les piscines, ou au cours des multiples tours cyclistes, des dizaines de milliers de vies pourraient être sauvées dans les pays du tiers monde. Alors que dans ces pays défavorisés les gens ne meurent pas volontairement, nos sportifs d'élite auraient l'occasion de mourir de leur plein gré sur une marche de podium. Cette promotion du dopage légal éviterait également tous les cas de sportifs drogués à leur insu. Plus besoin de chercher les coupables, puisqu'il n'y aurait plus de délit. Aucune loi n'interdit de trop manger et depuis la grande bouffe on sait qu'on peut en mourir. Alors la légalisation du dopage éliminerait toute nécessité d'effectuer des enquêtes compliquées. Un coureur couvre le 100 mètres en moins de 3 secondes et meurt instantanément à 102 mètres du départ ? Aucun problème; il a simplement pris un peu trop de benzopropanol. Quoi de plus distrayant au cours d'un match que de voir un joueur s'évaporer par combustion spontanée, ou bien voir la couleur de sa peau passer d'un beau bleu fluo à un orange vitreux avec des raies blanches. Voilà qui égayerait un peu nos week-ends. Enfin les archers pourraient prendre en toute impunité des médicaments anti-Parkinson. Des basketteurs de trois mètres de haut pourraient mettre des paniers sans sauter. Des joueurs de billard pourraient se faire greffer un laser de visée dans un œil ou un servomoteur dans le coude et l'épaule. Les footballeurs auraient le droit d'avoir des jambes démesurées, un tout petit corps et une tête en forme de raquette perchée à trois mètres de haut. L'avantage serait tout relatif puisque les gardiens de but auraient des bras de deux mètres et des mains gluantes. La devise de Pierre de Coubertin serait modifiée de "L'important est de participer" en "Battre un record et mourir". Mais pourquoi réserver le dopage aux seuls sportifs ? Toutes les professions doivent en profiter. D'ailleurs les photographes ont pris les devants. Il semblerait qu'il y en ait déjà qui sniffent du fixateur pour photo. Et ça, c'est révélateur! Moralité: le dopage doit être accessible à tous. Même les livres auront leur dopage. 
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