Nos charmants fabricants d'emballages ont certainement d'excellentes raisons de proposer des récipients en carton pour contenir la plupart des jus de fruits, ainsi que le lait. Mais par une coïncidence malencontreuse, ces chères têtes pensantes n'ont pas engagé les bons spécialistes pour ce qui est du design et de l'ergonomie des ces emballages communément appelés briques. Et le mot brique est particulièrement bien choisi, puisque ces objets de torture s'adressent visiblement à des maçons habitués aux conditions les plus dures ou à des routiers baraqués comme des pyramides de Kheops posées sur la pointe. A moins que tous les concepteurs de ces géniaux systèmes d'ouverture de briques soient des sadiques profonds ou pire, des naïf irrécupérables. Ils en ont imaginé des systèmes, les bougres! Personne n'a encore inventé de mot définissant ce qu'ils nous proposent. Le plus approprié est "anti-ergonomie". En observant de près certains de ces dispositifs on se dit même qu'il aurait été difficile de faire pire. Focalisons-nous sur deux exemples courants dans nos régions, car bien que l'incompétence n'ait pas de frontières, il faut avouer que nos voisins français ont dû mettre la main sur les derniers spécimens potables, disponibles en stock, d'ingénieurs en ouvertures bricologiques. En effet, c'est dans ce pays que l'on peut trouver des briques ouvrables facilement, même par un intellectuel. Une fois de plus, les suisses sont arrivés trop tard. On aurait pu s'attendre au moins à ce qu'ils copient les bons procédés. Non, même la copie représente une difficulté insurmontable. Reprenons le premier exemple. Après avoir tiré sur de multiples languettes en aluminium, plastic ou autre papier stérile, on peut finalement tirer sur un petit couvercle oblong et pivotant. Mais point d'orifice visible: un obstacle doit encore être franchis, par exemple en appuyant fort avec l'index (toutes les personnes le font généralement avec ce doigt). Premier problème: le doigt s'enfonce dans le liquide, ce qui n'est pas vraiment hygiénique selon les travaux de nettoyage pratiqués auparavant; on se sent moralement condamné à boire tout le contenu afin d'éviter une contamination familiale; d'autre part, on a toujours le doigt enfoncé dans le trou. Le plus souvent il est impossible de le retirer, car l'ouverture est si ingénieusement imaginée qu'il est beaucoup plus facile d'y enfoncer le doigt que de l'en sortir. La seule solution reste alors le cutter, à condition de savoir s'en servir de la main gauche. Il faut alors couper le haut de la brique (plus bas ce serait une inondation et trop haut, il y a le doigt!). Une fois l'opération réussie, on dispose d'un grand verre, en fait le fond de la brique, et d'un doigt garni qu'il faudra bien libérer tôt ou tard. Vu le nombre de morts dues à des gangrènes de l'index, nos savants ingénieurs extralucides on pensé à mettre un trou rond, avec un bouchon qui se visse. Mais cette solution est bien trop simple et efficace pour un génie de l'orifice ou un pro du container. Alors ces artistes décapants ont fermé le trou sous le bouchon avec un plastic que l'on doit retirer en s'agrippant à un anneau. Il est évident qu'avant de tirer telle une bête féroce sur cet élément qui nous sépare d'une boisson bien méritée, on tient fermement la brique avec l'autre main. Mais une brique, c'est mou! Donc au moment où le trou se débouche, une bonne partie du précieux liquide est déjà renversée. Et ça, c'est si on a de la chance. Dans le pire des cas, on s'en prend plein la figure et les habits. Mais quelle satisfaction de savoir qu'on peut maintenant simplement visser et dévisser le bouchon à volonté. C'est sans compter avec un autre obstacle que ces chers spécialistes ont dressé pour nous empêcher de boire. Un machin qui se trouve sous l'ouverture et qui obstrue le passage. Ainsi il faut des siècles pour remplir un verre. Sans oublier que de temps à autre la brique glousse et se rattrape en crachotant un peu partout. C'est beau la technique! Revenons sur notre index. Il arrive, une fois sur cent en moyenne, qu'il ne se coince pas dans l'ouverture. Et là ce n'est pas franchement mieux. Après s'être servi à boire, on referme le trou en rabattant le volet pivotant. Seulement il y a toujours un peu de liquide sur le rebord. Et lorsque le couvercle fait "clic", en général le petit peu de liquide s'en donne à cœur joie. Je n'ai jamais vu aussi peu de liquide asperger autant. Finalement boire de l'eau au robinet, parfois ça fait du bien.
mercredi 13 juillet 2005
Briques de jus de fruits
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samedi 11 décembre 1999
Le lapin dans la marmite
Il est une tradition purement genevoise: la marmite de l'Escalade en chocolat. Pour ceux qui l'ignorent, la nuit du 11 au 12 décembre 1602 a été chaude à Genève. En résumé, une charmante jeune fille a lancé sa marmite de soupe sur la tête de plusieurs Roméo qui escaladaient les remparts. Depuis, les commerces, grands et petits, proposent des marmites en chocolat. Le problème est qu'ils les vendent de plus en plus tôt dans l'année. Il n'est pas rare de trouver des marmites déjà vers la fin octobre. Et là, c'est le début de la spirale infernale, la précipitation du temps, le dérapage marketeux, le délire du libre commerce. Bientôt, on pourra acheter des marmites en chocolat au moi de juin (c'est très pratique dans un sac à pic-nic pour aller à la piscine!). Pourquoi pas déjà à Pâques ? En voilà une bonne idée. Oui, mais les lapins de Pâques en chocolat, alors ? Aucun problème, on les vendra déjà à Noël, ou même quelques jours avant; vers le 11 ou 12 décembre, par exemple.
Dans un élan écologique je propose donc un multipac: le lapin vendu directement dans la marmite. Et pour ne pas faire de jaloux, on y mettrait aussi un sapin de Noël. Pour contenter les petits et les grands on pourrait se procurer le tout n'importe quand et n'importe où. On pourrait aussi imaginer le super-multipac comprenant également une courge d'Halloween, un poisson d'avril, un bouquet de muguet, une grille de loto et ... un raton laveur. Pour faire dans la géographie paneuropéenne, ou même mondialiste, on pourrait même y ajouter quelques bêtises de Cambrais, deux fourchetées de Rösti, des moules et des frites, un soupçon de piñacolada et un peu de guacamole. Heureusement qu'on a prévu une grosse marmite au départ!
Entre les lapins de Noël et les courges de Pâques, comment peut-on encore inculquer la notion du temps aux enfants ?
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mardi 1 juin 1999
Sens du courant électrique
Pour répondre à la question d'une charmante internautesse concernant le sens du courant nous allons clarifier certains points et surtout tordre le cou de certaines idées reçues. Le courant électrique est dû au mouvement de charges dans un conducteur. Lorsque les électrons se déplacent, ils entraînent avec eux une sorte de vague d'hystérie, appelée courant électrique.
Dans tout déplacement il y a deux sens, l'aller et le retour. On va dans un sens ou dans l'autre. Il n'y en a pas un troisième, bien que parfois on parle de sixième sens. Mais oublions ce détail de la science pour nous concentrer sur notre fil électrique. Le découvreur de l'électricité aurait dû jouer à la loterie, vu son manque de bol dans les sciences. Il avait une chance sur deux de se tromper et, bien sûr, il s'est trompé. Il a dit que le courant électrique va toujours du plus au moins. Pour éviter qu'il ne termine ses jours dans un asile psychiatrique, ses confrères scientifiques ont dit: "Non, il ne s'est pas trompé! Il parlait simplement du sens conventionnel du courant électrique, et non du sens physique du courant qui, comme chacun le sait, va du moins au plus".
Notre internautesse a parfaitement raison. Le sens du courant peut être vu sous différents angles, mais afin de dissiper ses doutes et ses interrogations, nous pouvons lui fournir l'explication ultime. En fait, et pour simplifier, on peut considérer que le courant électrique va toujours dans le sens des aiguilles d'une montre. Si, comme certains jeunes internauteurs, cette personne connaît uniquement les montres à affichage digital, elle peut simplement considérer que le courant électrique va de gauche à droite.
Cela permet d'éviter tout malentendu tendant à faire croire que ce ne sont pas les électrons qui se déplacent, mais des trous ou absences d'électrons. Cette théorie de la famille du nihilisme, permet également d'expliquer le trafic routier. En effet sur une autoroute encombrée, les voitures ne vont pas dans le sens de la circulation. Bien au contraire, c'est la résorption des bouchons qui se déplace dans le sens contraire de celui de leur création. Ceci est la cause première des bouchons autoroutiers. la moitié des automobilistes pense qu'ils sont sur le trajet "aller", alors que l'autre moitié roulant en sens conventionnel inverse pense également être sur le trajet "aller". Ce malentendu génère des doutes, et les doutes profitent à l'accusé.
Nous espérons avoir mis un peu d'ordre dans les idées de notre internautesse, mais aussi dans celles de toutes les personnes également interloquées par ce problème et n'osant pas nous contacter.
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