vendredi 14 novembre 2008

Chaussettes liquides


Une société japonaise vient d'annoncer la mise sur le marché de chaussettes liquides. Après six ans de recherches, cette startup a créé le vêtement ultime. En effet, non contente de détruire à tout jamais le problème des chaussettes sales et des pieds malodorants, LiquiSocks pense s'attaquer dans un proche avenir aux autres parties du corps.

Cette société a donc mis au point une substance dense, mais liquide, à base de néoprène et de coton naturel qui permet de recouvrir la peau et de procurer protection et bien-être. Le produit s'achète en bidons de dix litres. Le contenu est blanc. Il est solide au dessous de 20 degrés et devient pâteux, voire coulant vers 25 à 30 degrés. Mais une fois en contact avec la peau, il reste solide jusqu'à environ 38 ou 40 degrés.

La fabrication de ses propres chaussettes est une opération très simple. Une fois que le liquide est à la bonne température, il suffit d'y plonger les pieds, l'un après l'autre, jusqu'à la hauteur désirée, après les avoir soigneusement lavés et séchés. Le pied doit rester immergé entre 30 secondes et deux minutes selon l'épaisseur de chaussette souhaitée.

Après avoir sorti le pied du seau, l'enduit sèche quasiment instantanément. Cette seconde peau protectrice est douce, agréable et résistante. Elle cumule un grand nombre d'avantages et ne présente aucun inconvénient. La substance utilisée est anti-allergénique, bactériostatique, antimycosique et délicatement parfumée. Il est possible d'ajouter soi-même des senteurs. Elle peut être colorée au gré de l'utilisateur à l'aide de colorants vendus en option. Pour obtenir des chaussettes aux couleurs soixante-huitardes, il convient de verser quelques filets de colorants au centre du seau juste avant d'y plonger le pied. La couleur va remonter le long du mollet avec des reflets du plus bel effet.

Les particularités de ce produit sont proches de celles du Gore-tex, imperméable, mais laissant passer la transpiration, et procurant une bonne isolation thermique. De plus, les orteils peuvent bouger librement et la chaussette ne colle pas aux poils. En revanche, un additif spécial permet justement une adhérence renforcée pour les personnes désireuses de se débarrasser de leurs poils disgracieux. Elles enlèvent leurs chaussettes d'un coup sec et plus un seul poil sur les jambes.

Cette pellicule peut être gardée entre cinq et dix jours. Pour l'enlever, rien de plus simple qu'une douche à une température supérieure à 38 degrés. La chaussette fond littéralement et est éliminée avec l'eau, sans nuire à l'environnement.

L'épaisseur étant plus faible qu'une chaussette ordinaire en coton, il est possible de gagner une pointure, c'est-à-dire de mettre des chaussures devenues trop petites. A l'inverse, des chaussures trop grandes pourront être utilisées à condition d'augmenter l'épaisseur en conséquence.

Bien entendu il est également possible de confectionner des gants, ou tout autre vêtement. Attention toutefois, il est déconseillé d'en faire des collants; le moindre pipi oublié reste dans le collant et coule jusqu'aux chevilles. En cas de fièvre, c'est encore pire, puisque le collant fond et se désagrège.

Signalons enfin que dix litres de ce produit suffisent pour une centaine de paires de chaussettes d'épaisseur moyenne. Sa durée de conservation est de plus de deux ans.

jeudi 13 novembre 2008

Economies d'énergie.


Un discours politique doit révéler ce que tout un chacun se refuse à imaginer et que toute une chacune essaie scrupuleusement de taire. Son objectif est d'exprimer des idées généralement admises, mais insidieusement inédites, afin de plaire aux citoyens et hyènes les plus divers, quitte à oublier certaines catégories de sous-représentants indignés d'un malaise enfoui.

Ne rien avoir à dire ne peut être considéré comme un prétexte suffisant pour ne pas se préoccuper de tergiverser au sujet de la communication intra-sensorielle sous-jacente aux oncepts toccards, sortes de prototypes encore imparfaits de l'influence du discours sur la croyance.

S'il est vrai que pédagogie rime avec démagogie et qu'une minorité d'hommes sont homologués contrairement à la majorité qui sont disqualifiés, le néo-pléonasme a encore de belles années devant lui. S'il est maintenant avéré qu'un muet peut souffrir bien qu'il ne puisse pas crier, et qu'un diabétique est une personne qui n'a jamais su crier, une question, la question fondamentale subsiste: quel rapport au sucre peut développer un diabétique sourd ?

Pourquoi tant de haine envers les véhicules à quatre roues motrices, alors que la plupart des animaux ont tous leurs membres moteurs, sans que l'on songe à une loi visant à euthanasier quelques espèces ? Partant du principe que moins il y a de roues motrices, plus un véhicule est écologiquement correct, pourquoi ne pas promouvoir des automobiles à une seule roue motrice ? Afin de préserver encore plus l'environnement la législation pourrait exiger que cette roue motrice soit la roue de secours.

Pour rester dans le secteur des voitures, certaines expériences ont montré que la suppression des pneus entraîne une diminution de la consommation de carburant. En effet, le frottement des jantes sur le bitume est bien moindre que celui des pneus. Certes le freinage est moins performant, mais on ne peut pas avoir la jante et le pneu de la jante.

Quand aux moteurs des voitures, comme le disait Don Quichotte: "Il vaut mieux se battre contre des moulins avant, que contre la pollution après". Stop aux moteurs de plus de deux litres! Utilisons des canettes comme pour les sodas. D'ailleurs six canettes de 33 centilitres sont équivalentes, mais plus efficace qu'il seul gros deux litres. En ville il suffirait de rouler avec une seule canette.

Les règles de la circulation doivent également être adaptées à notre époque moderne. Ainsi, l'instauration d'une mise ne veille obligatoire pour les feux rouges permettrait une économie d'énergie considérable. La suppression des ponts, en plus de diminuer le nombre de SDF, offrirait plus de convivialité entre usagers de la route. Certains pays scandinaves expérimentent actuellement avec succès les zones de cohabitation, dites également zones de rencontre, dans lesquelles se mélangent, à basse vitesse, Porsche Cayenne, mamans avec poussettes, cyclistes et cavaliers.

Enfin, en supprimant toutes les routes et en fabriquant uniquement des véhicules tout terrain, nous pourrions atteindre le top en matière de chasse au gaspi. Plus aucun frais de d'entretien du réseau routier et labourage gratuit des champs pour les agriculteurs. Finis également les embouteillages ou les chaussées trop étroites. Terminées les dangereuses traversées de petits villages par de nombreux poids lourds. Ils éviteraient simplement les zones habitées, abandonnées à une tranquillité bien méritée.

Moralité: on a encore du boulot!

lundi 3 novembre 2008

On me parle dans ma tête.


Je m'appelle Antoine, j'ai 34 ans et ma vie est réglée comme un coucou suisse. C'est normal, j'habite à Lôsannnne. Je suis professeur de musicologie, et sage-femme à mes moments perdus.

Tous les jours, entre midi et quatorze heures j'ai pris l'habitude de stagner dans ces hauts lieux de sociabilité que sont les centres commerciaux. Aujourd'hui, comme tous les jours, je contemple les nouveaux téléviseurs à écran plat, avec les élastiques là. Tout à coup j'entends une voix. Une voix de femme qui m'annonce que ma batterie est faible.

La voix, plutôt jeune, 25 à 30 ans, blonde, avec un accent d'hôtesse de l'air, semblait venir à la fois de partout et de nulle part. Surpris, je me retourne; rien, ni la voix, ni son enveloppe charnelle.

De quelle batterie parlait-elle ? Celle de ma voiture ? Comment serait-elle au courant ? Tout ceci est absurde. Je décide d'oublier cet incident et de le mettre sur le compte de la fatigue.

Je retourne à mon travail et, chemin faisant, j'entends à nouveau la petite voix, la même, qui m'annonce cette fois que j'ai reçu un appel téléphonique. Caméra cachée ? Farce de mes collègues ? Santé défaillante ?

Dans le doute, je me mets à chercher fébrilement autour de moi la source de cette voix, sans succès. Je suis de plus en plus mal à l'aise et inquiet. Cette voix dans ma tête ne m'inspire rien de bon. D'autant qu'à présent, il me semble que mon audition devient problématique. Comme si j'entendais moins bien les bruits ambiants.

Très bizarre; la petite voix me paraît limpide, alors que les voix des autres personnes me semblent estompées, comme avec une sourdine sur une trompette.

Serais-je atteint d'une tumeur au cerveau, d'une maladie orpheline, ou pire, d'une otite ? Je ne veux pas le savoir, car aujourd'hui c'est mon anniversaire et je suis heureux. Ce matin ma petite amie m'a offert le nouvel iPhone. C'est vraiment un cadeau génial.

samedi 1 novembre 2008

Peut-on mourir sur internet ?



La mort est un vilain défaut dont chacun se priverait volontiers. La mort réelle est connue depuis que l'homme existe, et pourtant personne n'y est habitué. La mort fait partie de ces expériences pour lesquelles il n'existe pas d'entraînement. Il est impossible de mourir plusieurs fois en espérant que la dernière sera très réussie parce qu'on l'aura répétée.

Internet va bientôt changer la notion de mort, comme il a modifié bon nombre de nos habitudes. Qui aurait pensé que des uns et des zéros qui traversent un fil électrique à la vitesse de la lumière pourraient bouleverser à ce point notre vie quotidienne ?

Lorsqu'une personne meurt, on ne la voit plus. Sa maison, sa famille, éventuellement sa voiture, existent toujours; mais nos interactions avec cette personne cessent. D'où le terme "disparition". Seuls les personnages célèbres ont parfois des admirateurs qui viennent voir leur maison afin de se recueillir auprès d'un symbole représentant l'être aimé. Le simple humain lambda ne provoque généralement pas cet intérêt post mortem.

Il en va tout autrement depuis internet, ou plutôt depuis la multiplication des blogs ou autres réseaux sociaux. Si je meurs aujourd'hui, mon compte Gmail va rester actif, mon blog va continuer à recevoir des messages, les objets que j'ai mis en vente sur eBay trouveront peut-être un acheteur.

Google, qui sait toujours tout, ignore que je suis mort et il n'y a aucune raison qu'il clôture mon compte. De nombreuses personnes que je ne connais pas forcément vont poursuivre leurs discussions sur mon blog. Je ne vais pas leur manquer. Elle ne m'ont jamais vu; certaines viennent de découvrir mon espace virtuel. Que je sois mort ne les préoccupent pas, puisqu'elles existent dans mon internet uniquement par leur interaction avec un site, pire avec un design infographique et des fonctionnalités purement informatiques.

Je peux même payer à l'avance l'utilisation d'un nom de domaine et l'hébergement d'un site pour cinquante ans. Il est même tout à fait possible que je prépare des textes ou des articles à l'avance. Leur publication automatique et régulière pendant plusieurs années est très simple à réaliser.

Internet nous permet donc de continuer à vivre bien après notre mort physique. Mon image sur internet sera intacte. Bien entendu je ne répondrai plus aux questions et je ne réagirai plus aux commentaires laissés sur mon blog: En revanche, le site que j'ai automatisé pour qu'il me survive n'est pas basé sur des conversations. J'y déverse simplement de l'information et les visiteurs la consultent.

Il est même fort probable qu'après la disparition du dernier être humain, internet poursuive son existence. Pour qui ? Pour quoi ?

La prochaine fois que vous folâtrerez sur cette toile sans araignée, observez bien les sites et posez-vous cette question: l'auteur de ce site est-il vraiment encore vivant ? Dans la vie normale vous pourriez demander à son conjoint, à sa famille; mais là vous ne connaissez rien de lui, ni qui il est, ni où il habite. Seul son site vous est familier.

Internet peut prolonger votre vie. Et si vous êtes perspicace, vous ne mourrez jamais sur le web. Cela ne va pas réconforter vos parents et vos amis, mais vous continuerez à exister pour un grand nombre d'inconnus.

vendredi 31 octobre 2008

Episode 5: les premiers doutes


En football, les joueurs du sud simulent plus facilement, alors qu'au Tibet les joueurs s'immolent moins souvent.

Si demain vous voulez aller à Hyères, vous y êtes déjà.

Devenir vieux est le seul moyen que l'on a trouvé pour vivre plus longtemps.

Afin d'éviter les polémiques sur le dopage, les résultats du prochain tour de France seront tirés au sort devant huissier.

Si, le même week-end, vous gagnez à l'Euro millions et au Loto et que vous êtes informaticien, attendez-vous à quelques difficultés avant d'obtenir vos gains.

En Suisse, pour construire une troisième voie sur une autoroute de 60 kilomètres il faut attendre environ 20 à 30 ans. D'ici là, soit il n'y aura plus de pétrole, soit il y aura trop de voitures.

Quand on est en vacances et qu'on voit passer un tracteur, c'est dépaysant.

Un arabe très riche, c'est insultant pour ses compatriotes.

La guerre est un mal héréditaire, elle se transmet par génocide.

En période crise, on assiste à la récession de l'équinoxe.

Bernadette Soubirous, une seule explication: les champignons hallucinogènes.

Les tiques n'ont pas d'éthique.

Les tiroirs des constructeurs automobiles regorgent de concepts toccards.

Alain Souchon a un frère caché prénommé Lapsang.

Pour ne pas grossir on peut manger des fibres, car elles ne se digèrent pas. A défaut, les éponges et les cailloux font également l'affaire.

jeudi 30 octobre 2008

Les pieds dépassent


Un veau élevé sous la mer a été retrouvé noyé.

Michael Phelps est soupçonné de dopage, car dans Phelps il y a deux "p".

Steve Fossett n'était pas prisonnier de Google, il est bien mort.

La Chine possède la chaussette merveille du monde.

Face aux conséquences de la crise des subprimes, Jérôme Kerviel est un amateur.

Dans les maisons closes il y a des femmes qui se disputent

Un SDF a fait le pont.

Un document Word a été arrêté par une police sans shérif.

Dans Excel, deux cellules de couleur ont fusionné et donné naissance à un tableau croisé dynamique.

Un médium a bu un verre devin.

Un maître-nageur du signe des poissons s'est noyé.

Un non-voyant a réussi à lire sur le visage de sa femme atteinte d'acné.

Steve Fossett est né à Menton.

La pub pour Nespresso va-t-elle se développer ?

On a trouvé un sosie parfait de Georges Cloné.

La télévision en 16/9, c'est la télévision 4/3 au carré.

L'eau bout à une température légèrement plus élevée que l'angle droit.

Raquel Welch était suisse romande.

Une météorologue a eu un coup de foudre pour un électricien.

jeudi 23 octobre 2008

Les welch (1er épisode)


Les welch, alias les Suisses romands, alias les habitants de l'Helvétie qui parlent un français resté bloqué au temps des soirées Tupperware, sont une minorité hurlante de la Suisse, le fameux petit pays sans pétrole et sans idées.

Le SR (Suisse romand) est désordonné, paradoxal et rouspéteur. Au début du 20ème siècle les SA (Suisses allemands) ont risqué de laisser les SR s'auto-exterminer pour de sombres raisons d'autoroute à trois voies. Ils ont finalement sauvé un couple représentatif, Jacqueline et Armand Porchet-Cuche, et ont réintroduit l'espèce à l'extrême ouest du pays. En quelques années les SR ont envahi le plateau suisse. Le valais, peuplé d'irréductibles vignerons, échappa à ces procédures de repeuplement.

Les SR rêvent de devenir le peuple majoritaire en Suisse. Les SA votent les lois et les SR les subissent. Les SR, dès leur naissance, s'efforcent d'adopter un comportement totalement contraire à celui des SA, parfois jusqu'à se faire du mal.

Les SR n'aiment pas la langue allemande. Ils détestent l'armée et la discipline. Ils iraient même jusqu'à rouler à gauche, juste parce que les SA roulent à droite. Il faut dire que les lois votées par les SA sont parfois entachées de doutes. Ainsi les SA paient leur assurance maladie moins cher; c'est vrai que leur corps d'athlète les préserve des agents pathogènes.

Les SA ont aussi leurs frontaliers, du moins dans les cantons proches de la civilisation européenne. Mais eux, ont su les dresser, les façonner à leurs us et coutumes, à l'inverse des SR et en particulier des SRG (Suisses romands genevois), qui disent déjà "putaing" tous les deux mots, parlent le langage des banlieues, disent "soixante-dix" et se sont mis, une fois, à cent cinquante pour brûler un vélo.

Le SR rouspète par principe; c'est seulement après quelques minutes qu'il demande de quoi il s'agit. Le SR possède des clubs de football, mais il est incapable de les garder sans qu'ils fassent faillite. C'est vrai que le SR est un piètre supporter. Il ne va jamais au stade. Heureusement d'ailleurs, car les stades en Suisse romande ressemblent à des cirques pour enfants, avec plus de policiers que de spectateurs.

Le SR fait un complexe d'infériorité vis-à-vis de son frère SA. C'est vrai que ses autoroutes sont moins belles, ses femmes moins travailleuses, ces caissières moins souriantes et ses lacs plus pollués. Evidemment, à force de faire pipi dedans!

Le SR est fier de son salon international de l'automobile. Il est surtout fier de voir débarquer, en dix jours, quatre ou cinq millions de ses frères d'outre Sarine. Après dix jours, le SR commence à en avoir mare et se met à tousser.

Le SR ne se lie pas facilement d'amitié avec un SA, sauf dans certains cas. Ainsi, toutes les jeunes filles au pair en Suisse romande sont des SA. Quand il cherche des sociétés de qualité et des ouvriers sérieux, le SR fait de préférence appel aux SA.

Le SR est détestable; c'est un latin refoulé, au contraire du SA qui serait plutôt un nordique dévergondé.

Les welch nous cachent encore beaucoup de choses, que notre enquête ne va pas tarder à nous révéler.

mercredi 22 octobre 2008

Les Suisses allemands (1er épisode)


Tout ce qu'on raconte concernant les Suisses allemands est vrai. Divers instituts de sondages ainsi que des études effectuées par le CES (Centre d'Etudes Sociolinguistiques) sont arrivés à des conclusions effarantes.

Une caractéristique méconnue de ce peuple est une propension à répondre au moindre questionnaire ou sondage de manière zélée, ce qui facilita grandement cette étude de grande envergure. Pour autant qu'une envergure puisse être grande dans ce petit pays.

Le CES nous apprend, entre autres, que les SA (Suisses allemands) tombent plus fréquemment malades que les autres européens. La cause serait imputable à leur manière de parler, enchaînement de sons gutturaux et de fragments d'onomatopées. Leur gorge est mise à rude épreuve, dès leur plus jeune âge.

Des tests plus poussés montrent que toutefois ils se comprennent sans trop de difficultés, leur langue d'origine étant l'Allemand, testé et éprouvé quelques kilomètres plus au nord.

Les journaux des SA sont écrits en allemand; heureusement pour les touristes venus d'Allemagne pour qui le Suisse allemand parlé est totalement incompréhensible.

Lorsque deux SA provenant de cantons différents se rencontrent, ils doivent en premier lieu se mettre d'accord sur un dialecte intermédiaire afin que chacun d'eux fournisse un effort équivalent pour comprendre l'autre. Ensuite seulement une discussion acharnée sur le prix des oignons ou la durée du service militaire peut commencer. Parfois d'autres sujets de conversation apparaissent accidentellement.

Les SA n'ont aucune envie d'être contaminés par les SR (Suisses romands), si bien qu'ils ont instauré il y a environ 200 ans une barrière fictive: la fameuse barrière de Roesti. Depuis quatre ans cette limite est passée du stade virtuel au stade de réalité. En effet, plusieurs décharges ont été construites dans un axe nord-sud, visible depuis l'espace, à l'image de la grande muraille de Chine.

Pour les SR, la frontière avec les SA est délimitée par la Sarine (échappée du port de Marseille), une rivière qui parle suisse allemand sur une berge et français sur l'autre. Entre ces deux murailles, c'est le no man's land, peuplé uniquement de chars et d'avions de combat.

En réalité les SA aiment le côté dévergondé des SR, mais ont peur que leur progéniture n'en subissent trop tôt la mauvaise influence. Des mauvaises langues prétendent que les SA sont nos frères plutôt que nos amis, car les amis on peut les choisir.

La maison du SA est toujours impeccable; aucun effort de propreté n'est superflu. Avant de passer l'aspirateur il balaie afin d'éviter de l'encrasser inutilement. Après avoir passé l'aspirateur, il balaie une seconde fois pour venir à bout de la crasse cachée.

La Suisse allemande est l'endroit de la planète où il y a le moins de maladies nosocomiales, et pour cause. Les chirurgiens opèrent sans masque. Même pour Carnaval les gens n'en mettent pas. En suisse allemand des mots comme acarien, parasite, calamine, virus informatique ou encore moisissure n'existent pas.

Le SA est studieux. En 19 et 25 ans il fréquente l'EPFZ (l'ENA suisse), duquel il ressort directeur du Crédit Suisse, général dans l'armée ou conseiller fédéral.

Dans le prochain épisode nous nous attacherons plus particulièrement aux mœurs surprenantes de nos frères SA.

mardi 21 octobre 2008

La saga Armstrong


Armstrong naît au tout début du 20ème siècle à la Nouvelle Orléans. Vers l’âge de 12 ans il s’intéresse déjà aux avions et à l’aéronautique en général. Les fusées n’étant pas encore inventées, il se tourne vers une autre de ses passions, le cornet à pistons.

L’école qu’il fréquente est très éloignée de sa maison, ce qui l’oblige à utiliser un vieux vélo que son père avait rafistolé. Le vélo lui permet de développer une capacité pulmonaire hors du commun. Cette particularité, associée à une pratique soutenue des instruments à vent, lui vaut le surnom de Satchmo (bouche-sacoche).

Son souffle le pousse à délaisser le cornet à pistons au profit de la trompette. On prétend qu’il plaçait une sourdine interne dans son instrument, de manière à forcer encore plus sur ses poumons et ainsi se muscler d’avantage.

Lorsqu’il emprunte une trompette à un collègue musicien, généralement il la pulvérise, tant il est puissant. Parallèlement à quelques concerts de jazz où il rencontre un succès grandissant, Armstrong n’abandonne pas le vélo et participe à des courses en amateur.

Pendant une dizaine d’années il alterne concerts et courses de vélo. Il remporte même la première édition du tour de la Nouvelle Orléans. Curieusement le premier prix consiste en un stage de trois semaines dans un centre de formation des astronautes à NASA. Ce qu’il vit dans ce centre est décisif pour la suite de sa carrière. Sa passion d’enfant renaît de plus belle et il décide de devenir le premier astronaute noir de l’histoire.

C’est ainsi qu’après huit ans de travail acharné Armstrong devient le premier homme à marcher sur la lune. Il prononce une des phrases les plus célèbres de l’histoire: "C'est un petit pas pour un homme, mais un bond de géant pour l'humanité".

Dès son retour sur Terre il prétend avoir rencontré des extraterrestres grands et bleu foncé. De conférence en concert Armstrong perd visiblement de son enthousiasme pour la musique et les fusées. Il perd également de sa crédibilité, probablement à cause d'une trop grande affinité pour le bleu foncé.

Il lui reste le vélo. Comme il ne fait jamais rien à moitié, il reprend l'entraînement, plus de cent kilomètres par jour. Arrivé au mieux de sa forme, il rêve de participer au tour de France, mais un point du règlement, sujet à interprétations et controverses, le lui interdit en raison de la couleur de sa peau. Il ne s'agit pas de racisme, mais de considérations physico-chimiques liées à une trop grande perte calorifique par rapport aux personnes "non de couleur".

Son désir est plus fort que tout. Est-ce psychosomatique ou bien une réelle coïncidence, il contracte une maladie de la peau; en fait une dépigmentation générale et providentielle qui lui ouvre les portes du cyclisme professionnel.

Armstrong commence à gagner quasiment toutes les courses auxquelles il participe, ce qui fait dire à ses détracteurs qu'il se fait des couilles en orbite. Ils ne croient pas si bien dire, puisqu'en 1996 il est atteint d'un cancer des testicules.

Des médicaments d'un nouveau genre lui sont administrés, si bien que dès 1999 il participe et gagne consécutivement sept tours de France.

Plusieurs adversaires d'Armstrong essaient désespérément d'attraper un cancer des testicules, afin de bénéficier du même traitement miracle, mais sans succès.

En mai 2022, pendant trois jours, Armstrong joue de la trompette sans interruption, puis sombre dans un coma profond. Deux jours plus tard, il s'éteint dans sa ville natale, d'un dérèglement hormonal fulgurant.

dimanche 19 octobre 2008

Nouvelle loi sur les animaux


Après les banques, les tunnels, les assurances maladie, la Suisse cherchait un sujet sur lequel légiférer, afin de réduire son oisiveté et d'alimenter de nouvelles discussions de bistrot.

On peut aimer les bêtes et tout de même esquisser un sourire face à certains détails de cette nouvelle loi sur les animaux de compagnie. Pas un mot pour les mouches, les moustiques, les chats, les chiens. Ces espèces inférieures et non sociales, comme chacun le sait, ne méritent aucun effort pour leur rendre la vie plus agréable.

Le bien-être des animaux passe tout de même après les exigences économiques: "Pour tenir compte des appels des paysans, certains délais transitoires concernant les animaux de rente ont été prolongés."

Voici, pour rappel, un extrait de cette nouvelle loi: "Il faudra aussi suivre des cours de base lorsqu'on détient plus de trois porcs, cinq chevaux, dix moutons, 150 poules pondeuses ou 200 poulettes. Des formations spécifiques sont exigées pour certains animaux sauvages ou élevages professionnels."

Essayons d'imaginer les heures de discussion pour déterminer si quatre porcs exigent ou non un permis, alors que trois ne l'exigent pas. Il est clair que tous les possesseurs de trois porcs vont s'empresser d'en tuer un afin d'éviter de suivre un cours et passer un examen de "possesseur de porcs". Ce faisant, ces personnes cadrent parfaitement avec la nouvelle loi, car des études éthologiques montrent que si deux porcs s'entendent habituellement très bien, à partir de trois individus les première névroses apparaissent.

Cette loi nous dit aussi: "Les espèces sociales, comme les perruches et les cochons d'Inde, ne devront plus être détenues individuellement. Les dimensions minimales des cages et des enclos ont été élargies."

Ceci oblige, par exemple, à supporter à perpétuité deux cochons d'Inde. Imaginons, en effet, qu'une famille achète deux cochons d'Inde. Ces animaux ne sont pas réputés pour organiser des suicides collectifs. Il est donc inévitable que l'un des deux meure avant l'autre. Notre famille doit immédiatement fournir un nouveau compagnon au survivant. Mais ce dernier finira également par mourir; et il faudra lui trouver un successeur. Ce processus n'a de fin que si les deux acolites disparaissent ensemble, par exemple dans un incendie ou une intoxication alimentaire.

Pourquoi n'y aurait-il pas une loi interdisant d'abandonner un petit vieux, seul dans un lugubre appartement ? A parti d'un certain âge les être humains ne sont probablement plus des animaux sociaux!

Les poissons sont également les bénéficiairs de cette loi: "Des études ont montré que ces animaux muets souffrent aussi. Il faudra les assommer avant l'élimination et pas question de les jeter dans les toilettes ou de les congeler pour les tuer."

Il aura fallu attendre 2008 pour que des études de spécialistes démontrent qu'un animal muet souffre aussi. Faut-il être spécialiste, et même scientifique pour faire de telles constatations ? Quelqu'un pourrait-il penser qu'un sourd muet ne souffre pas ?

On doit assommer un poisson avant de l'éliminer. Probablement un article caché de cette loi explique comment assommer un poisson en bonne et due forme. Il faut lui taper très fort sur la nuque; vous savez, cet endroit facilement reconnaissable chez les poissons. Avec de telles considérations proches des médecines douces, pourquoi n'assomme-t-on pas, par exemple, un condamné à mort avant de l'enterrer, plutôt que de lui brûler la cervelle? C'est bien moins cruel.

Ah, enfin un mot pour les chiens: "Les chiots ne pourront être séparés de leur mère que dès l'âge de 56 jours."

50 ou 60 jours étaient des chiffres trop ronds, alors que 56 est bien plus intéressant, ayant plus de diviseurs (1,2,4,7,8,14,28). Pour les girafes la séparation peut être faite après 127 jours, pour les corbeaux 18 jours et pour les mouches 24 jours.

Heureusement que les ordinateurs, les voitures, les téléphones portables ne sont pas des êtres sociaux. Pour les femmes, c'est plus délicat. Devra-t-on rétablir la bigamie ?

samedi 18 octobre 2008

Présentation de Word


Word est un logiciel phare de Microsoft. Il ne se vend pas, il se vole, d'où l'expression piquer un fard.

Comme un adolescent, au cours des années, Word a pris des boutons et des couleurs. Noir et blanc au départ, parfois noir et ambre pour les plus fortunés, il a pris peu à peu de la bouteille et de l'assurance.

Word se reconnaît facilement au fait que la partie supérieure de sa fenêtre affiche un aspect pied de poule (motif de tissu créé par Edouard Lagriffe) d'un beau bleu Gadolinium.

Ce logiciel était, à l'origine, utilisé comme traitement de texte. Mais l'inflation des fonctionnalités accomplissant inexorablement son travail, la palette de ses possibilités n'a cessé de croître. Il est normal qu'un traitement de texte fasse un peu plus que de traiter du texte. C'est ainsi que Word est actuellement plus utilisé pour faire des dessins ou corriger des textes.

La matière première de Word est le texte, or plus personne n'écrit. Qu'à cela ne tienne. Si vous passez par l'accueil, vous trouverez l'option "coller" qui orne le premier carreau de pied de poule. Il s'agit de l'outil de plagiat, avec lequel vous pouvez vous approprier gratuitement autant de texte que vous désirez. Le titre de cette option aurait pu être "vol à l'étalage"; l'étalage étant, par exemple, Internet. En plus de voler l'information vous pouvez également voler le design, à l'aide du petit pinceau qui se trouve dans la même case.

Après vous être procuré du texte vous devrez le modifier, ajouter quelques tournures de phrases qui vous caractérisent, afin de le marquer de votre empreinte. Vous disposez pour cela d'une case "A ... styles" (référence à une marque connue). Cette option vous permet d'économiser quelques années d'études dans une école de design.

Au fond à droite de l'accueil vous trouverez également l'outil de censure, symbolisé par une paire de jumelles. Juste en dessous trône l'outil d'aide à l'appropriation, c'est-à-dire le bouton "Remplacer".

Un texte doit être sobre, mais pas trop. Si le votre vous paraît terne, intégrez-lui des tableaux dont vous pouvez même choisir le type de cadre. Le deuxième ruban pied de poule vous permet également d'insérer toutes sortes d'aberrations mentales qui feront de vous un pur génie ou un vulgaire amateur. Je veux parler de symboles et d'équations en tous genres. Un texte banal est toujours crédible s'il contient quelques équations.

Nous passerons sur le troisième ruban, totalement inutile, pour arriver au quatrième, les références. Grâce à lui vous pouvez parsemer votre œuvre de petits textes décoratifs: des notes, des citations, des références, des légendes, des trucs et astuces ou des moyens pour payer moins d'impôts.

Vous voilà donc promu au rang d'écrivain. Si votre texte ne trouve pas d'éditeur, pensez à utiliser le cinquième ruban pied de poule: publipostage. En clair, il regorge d'options vous permettant d'envoyer très facilement votre document sous forme de spam.

Word vous permet aussi de vérifier l'exactitude orthographique et grammaticale de votre texte. D'ailleurs certaines personnes réussissent très facilement à contourner ces vérifications; elles peuvent écrire des pages entières, totalement incompréhensibles et bourrées d'erreurs, sans que Word ne bronche. Lorsque Word détecte des erreurs, il les souligne d'un trait élégamment ondulé. En rouge pour "attention erreur", en vert pour indiquer une faute particulièrement bien choisie et originale.

Vous savez tout sur l'utilisation de Word, à part que sa nouvelle version sera en trois dimensions, deux spatiales et une temporelle. De nouvelles couleurs, brevetées par Microsoft, seront également ajoutées.

vendredi 17 octobre 2008

J'ai une tante qui est sœur


Une tante est forcément sœur, sinon elle ne serait pas tante. Cela signifie qu'une tante fille unique ce n'est pas possible. Toutes les filles uniques ne seront donc jamais tantes. Mais les tantes peuvent être tantes de filles uniques ou de fils uniques. D'ailleurs peut-on dire "des fils uniques" ? S'ils sont uniques le pluriel est interdit, comme pour la lune, Dieu ou la crise financière de l'histoire.

Si une tante ne peut pas être fille unique, en revanche, des fils uniques peuvent être tantes, mais ce n'est pas la norme.

Stop! On oublie un pan entier de la famille: le mari. Une fille unique mariée à un homme qui n'est pas fils unique peut être tante, pour autant que son mari ait des frères ou des soeurs qui ont des enfants. Elle est tante des neveux de son mari.

Le seul cas où une femme fille unique ne peut pas être tante, c'est lorsque son mari est également fils unique. Adopter un enfant, c'est difficile, mais possible, alors qu'adopter un frère ou une sœur n'est prévu par aucune loi. Un enfant unique est en fait un orphelin de frères et sœurs.

Si une femme est sœur (religieuses s'entend), peut-elle néanmoins être tante? Puisque son enfant a une mère qui est sœur, elle peut donc être tante. C'est probablement le seul exemple où un enfant peut avoir une mère qui est sa tante.

Quand un fils unique dit "mon père est masseur", il peut être tante, même sans se marier; dans ce cas on dira plutôt qu'il est oncle. Et s'il ressemble vraiment beaucoup à son père, il sera même oncle incarné. Et si son père est masseur, il est donc mon neveu, même si je déteste intervenir dans les histoires de famille des autres.

Une tante fille unique et dont le mari meurt, cesse, en principe, d'être tante, et elle perd ses neveux.

Tout ceci sans parler de l'adoption par des couples homosexuels, dont l'enfant peut avoir deux tantes, qui elles-mêmes peuvent être des fils uniques. Si les deux parents homosexuels sont en fait des homosexuelles, leur enfant peut avoir deux tantes comme parents, à condition que les deux mères soient tantes d'autres enfants, par exemple ceux de leurs frères ou sœurs.

samedi 11 octobre 2008

Genève part en fumée


Les citoyens genevois ont accepté il y a plusieurs mois l'interdiction de fumer dans les lieux publics. De toute évidence, les fumeurs eux-mêmes ont majoritairement accepté le projet, puisque le score a été de près de 80 pourcent en faveur de cette interdiction.

Il n'y a pas de quoi fouetter une crème; seulement, la plus parfaite des démocraties hoquette de temps à autres. Les hommes et les partis politiques ne connaissent pas bien les lois qu'ils sont pourtant chargés de gérer et de faire appliquer.

Pour la fumée, ils ont joué avec la législation comme on joue au casino. On pense que le rouge va sortir, alors on mise tout sur le rouge. Il se trouve que la votation prévoyant l'interdiction de fumer dans les lieux publics a été invalidée par le tribunal fédéral pour des raisons certainement valables, mais certainement pas logiques.

Pendant trois mois, les restaurants, bistrots et autres cabarets ont vécu sans la moindre fumée. Pendant trois mois, 80 pourcent de la population s'est réjouie de cette situation. Et tout à coup, le couac. Il faut vite ressortir les cendriers, voire les racheter pour ceux qui n'auraient pas envisagé la politique ignore la loi et qui les auraient jetés.

Genève a vécu illégalement trois mois sans fumée, il faut donc une contrepartie pour compenser cette grossière erreur des politiques locaux.

La solution sanction vient d'être décidée: pendant trois mois fumer sera obligatoire dans les lieux publics. Chaque personne qui entre dans un restaurant, une école, un train ou un hôpital devra obligatoirement allumer et fumer une cigarette. Exceptionnellement la pipe ou le cigare sont acceptés à condition que son fumeur ait plus de 60 ans. Cette solution permettra une juste compensation et devrait satisfaire les personnes n'ayant pas voté pour l'interdiction de la fumée et qui ont été injustement lésées durant trois mois.

Suite à cette obligation de fumer, plusieurs dizaines de personnes sont déjà mortes d'asphyxie, de crises d'asthme ou de crises cardiaques suite à des quintes de toux. Parmi les victimes on compte plusieurs enfants en bas âge, dont les parents ne voulaient se séparer lors d'un voyage en train, par exemple.

Mais que tout le monde se rassure, dans peu de temps il sera à nouveau interdit de fumer dans les lieux publics à Genève.

Une des caractéristiques de la Suisse, pays idéal s'il en est, est la souveraineté des cantons. On peut tout à fait imaginer que quelques cantons votent une loi obligeant à rouler à gauche provoquant ainsi la création de zones de croisement sur les autoroutes.

Il se pourrait aussi que par endroit l'électricité du secteur soit en 110 Volts, qu'en Suisse alémanique les ordinateurs n'aient que 31 bits au lieu de 32, qu'un canton interdise le vote aux blondes, que dans un autre le vert et le rouge des feux de signalisation soient permutés, etc.

Heureusement que la Suisse n'est pas encore plus petite que ce qu'elle est, sinon nous pourrions avoir des lois qui s'appliquent seulement à quelques rues d'une ville, voire à certaines personnes d'une habitation.

Les psychologues le savent bien: plus on est petit, plus on a envie de se particulariser et plus l'autre devient un ennemi.

La démocratie poussée à l'extrême ne se rapproche-t-elle pas de l'anarchie ?

vendredi 10 octobre 2008

La véritable histoire de Mozart


Mozart partage deux de ses prénoms avec Carlos. Pas le terroriste, mais le chanteur aux chemises à fleurs. Ses parents, totalement incultes, se trouvèrent fort dépourvus quand sa naissance fut venue, n'ayant prévu aucun prénom à la mode.

Un prêtre qui passait par là leur suggéra Amadeus, mais comme il était vieux et mal en point, Monsieur et Madame Mozart n'ont pas bien compris. Un étudiant leur lança par la fenêtre Theophilus, pensant les aider avec la traduction grecque. N'y comprenant plus rien, ils firent inscrire plusieurs prénoms au registre d'état civil.

Il faisait froid ce 27 janvier 1756 à Salzbourg, comme partout ailleurs dans l'hémisphère nord. Le petit Mozart, 2,5 kilogrammes dont 250 grammes de cerveau, pleurait déjà en rythme. Il pleurait fort, car il était atteint d'une forme de surdité précoce qui devait se confirmer vers l'âge de 40 ans.

Dès l'âge de trois ans le petit garnement attrape l'oreille absolue, mais seulement la gauche. L'autre oreille s'associe au cerveau pour développer une mémoire eidétique, à ne pas confondre avec une l'hypermnésie, qui, elle, est une pathologie. Il se souvenait de tout: les tables de multiplication jusqu'à 1245 x 1245, le nom de tous les habitants de sa ville natale, ainsi que toutes les promesses que ses parents lui ont faites lorsqu'il était dans son berceau. Pas de chance, mais que n'est-on pas prêt à subir lorsque l'on enfante un génie.

A 5 ans il apprend à jouer du clavecin, mais décide de se lancer dans le violon, car il déteste ses voisins. A part la musique, rien ne l'intéresse vraiment, sauf un petit faible pour les lucioles et les livres sur les arts martiaux.

A 14 ans il récrit de mémoire une musique de film de 15 minutes, ce qui fait de lui le précurseur des lecteurs MP3 (format inventé par des allemands et ainsi nommé en référence à Mozart Player version 3).

Après une tournée européenne triomphale de 1762 à 1766, il rencontre le fils de Bach qui lui fait découvrir le piano et lui apprend à écrire une symphonie.

Quelques années plus tard, en 1769, comme cadeau de Noël, son père lui fait découvrir l'Italie et ses nombreux compositeurs pendant quatre ans. Mais son employeur à Salzbourg veut garder le petit génie rien que pour lui et le somme de revenir. En 1777 Mozart en a marre et s'échappe par une nuit noire comme le tonnerre. Il ne sait où aller, mais il court dans la neige jusqu'à attraper une pneumonie.

La fin de sa vie se résume à maladie, endettement, composition de chef d'œuvres, sorties d'argent légèrement plus élevées que les rentrées, si bien qu'il meurt le 5 décembre 1791, empoisonné à l'arsenic.

Mozart est considéré comme l’un des plus grands compositeurs de la musique classique européenne. En effet, à cette époque l'Amérique, l'Afrique et l'Océanie ne comptaient pas beaucoup de passionnés de musique.

Il a longtemps été considéré comme le cinquième Beatles, tant la musique du groupe anglais a été inspirée par ses sonates.

mercredi 8 octobre 2008

Crise financière: LA solution


La planète nage en pleine crise financière. Faillites par-ci, renflouements par-là. Pourtant la solution existe. Quelques experts financiers l'ont imaginée; elle est simple et relativement peu coûteuse.

Les banques, les bourses ainsi que toutes les sociétés financières gardent une trace informatique de la moindre transaction avec tous les détails: source, destination, date et heure, montant, taux, etc. Toutes ces données sont stockées précieusement depuis déjà plusieurs décennies.

L'idée permettant de sortir de crise actuelle résultant de l'effondrement des subprimes part précisément du principe que tout est répertorié, classé, archivé et informatisé.

D'un point de vue comptable toute opération peut être inversée. Ce principe a conduit nos experts a imaginer un programme informatique ingénieux permettant de remonter dans le temps, sur une période de quatre à six semaines. L'espoir est de retrouver la situation financière mondiale comme elle était avant la grave crise économique.

Une sorte de "undo" financier à très grand nombre de niveaux. Le programme est déjà en cours d'élaboration et son entrée en fonction est prévue d'ici une semaine. Il est relativement simple, mais il manipule une somme astronomique de données.

Heureusement chaque institut financier d'une certaine importance possède déjà une infrastructure permettant de communiquer et d'échanger des informations grâce à des standards internationaux de formatage des données. Le programme génial, nom de code "Messie", sera donc une sorte d'immense puzzle qu'il faut assembler.

Le démarrage de ce programme se fera sous l'autorité du directeur de la banque mondiale. Le moment sera délicat pour diverses raisons. D'abord parce qu'il n'a jamais pu être testé en grandeur nature; cela demanderait trop de temps et, dans la dégringolade boursière actuelle, il faut parer au plus pressé. Ensuite parce que la moindre anomalie ou le moindre paramètre mal traité peuvent faire basculer l'économie mondiale dans un état différent de celui d'origine, différent également de l'état actuel, mais pas forcément meilleur.

Les experts sont toutefois en mesure de donner une estimation de la probabilité de réussite d'un tel plan. Elle se situe à 65% environ. C'est-à-dire que nous avons environ deux chances sur trois de nous retrouver dans une situation d'avant la crise.

Même si l'opération est couronnée de succès, les marchés financiers ne s'arrêtent pas pour autant. Il faudra donc, prendre les bonnes décisions. On saura où les mauvaises nous ont conduit, mais on ne saura forcément dans quelle voie aller.

L'exécution de ce programme informatique devrait durer moins de dix heures; dix supercalculateurs seront utilisés. Pendant ce laps de temps toutes les transactions financière mondiales seront gelées. En effet, un des plus grands dangers serait que certaines banque profitent de la situation pour influer sur les calculs en cours, ne serait-ce que pour acheter d'énormes quantités d'action au moment où elles sont au plus bas.

Dans la vie le "undo" n'existe pas, en informatique oui. Espérons que cette remontée dans le temps parvienne à changer la vie des gens qui ont tout perdu. Même si tout redevient comme avant, plus personne ne regardera son banquier comme un être frêle et altruiste, prêt à rendre service à ses clients.