L’apprenti flic (Le Beau Lac de Bâle, 1980)
Comme à l’école je n’étais pas sage
Et qu’aujourd’hui je redoute le chômage
J’ai trouvé un boulot bien sympathique
Je suis devenu un apprenti flic
Un apprenti flic
Sur les carrefours c’est moi qui fais la loi
Pour une fois personne ne s’moque de moi
C’est vraiment chouette quand on a seize ans
De s’balader avec un bâton blanc
Avec un bâton blanc
Et quand un jour lointain j’aurai vingt ans
L’âge où enfin on d’vient intelligent
Mon cerveau s’ra tellement ratatiné
Que je n’aurai plus rien à regretter
Non, plus rien à regretter
Non, rien de rien, non, je ne regrette rien
Voyez-vous maintenant, moi qui ai tout pour réussir
Je l’ai mon bâton, ma casquette et mon sifflet
Et je vais m’en servir. Oui ! Je veux m’en servir
Et je pourrai donner libre cours à toute ma conscience professionnelle
Ah ! Quelle merveilleuse école de vie, de maîtrise de soi
Ouais, j’aime les contacts avec les autres !
Ah, ouais ! Je pourrai taper, je pourrai cogner
Je pourrai faire mal, je pourrai faire saigner
Ah, ouais ! Et j’aurai des galons
Ah, ouais ! Je vais cogner, je vais cogner, ça va saigner
(Avec l’aimable autorisation du groupe Le Beau lac de Bâle)
mercredi 20 juin 2007
L’apprenti flic
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Libellés : Délire
dimanche 17 juin 2007
Dieu a-t-il créé Darwin ?
Aux États-Unis une étrange guerre de religions fait rage. Deux clans s’affrontent : les évolutionnistes et les créationnistes. Les premiers prônent la théorie de l'évolution chère à M. Darwin, alors que les seconds attribuent la création du monde à un dieu. Les scientifiques penchent pour le morphing de situation ; une vache deviendra un canard si l'eau lui monte aux chevilles pendant trop longtemps. Les sectes et autres courants religieux préfèrent l'explication selon laquelle un nigaud illuminé à l’âme d'artiste créa son propre second life en six jours, le septième étant réservé aux achats sur amazon.com. Et si tout ce petit monde se trompait ? La véritable histoire du monde n'est pas celle qu'on veut nous faire croire. Il ne s’agit pas d'une évolution chaotique, encore moins d'un délire divin. En réalité notre univers a été créé par les Suisses au moyen de la démocratie directe. Historiquement les Suisses ont toujours existé, mais dans le passé, ils l’ignoraient. En 1291, la Suisse découvre sa propre existence. C’est donc au XIIIème siècle que tout a commencé. Les Helvètes inventent la démocratie divine et le droit de référendum. La première initiative populaire est la création du sol. Une première votation a lieu : « Êtes-vous pour ou contre la création d'un territoire ? » Le résultat ne se fait pas attendre, la pierre d'Unspunnen est créée. La population se sent flouée. Un tel budget pour se procurer ce ridicule caillou de 83,5 Kg ! Un référendum populaire doit alors être mis sur pied, son libellé étant : « Êtes-vous pour adapter la taille du territoire à l’évolution démographique ?" Heureusement pour le pays, la réponse est un petit « oui », les Suisses allemands n'étant pas complètement fixés. A force d’initiatives et de référendums la création du monde suit son cours. On vote à propos du soleil, des montagnes et de la pluie. Pour cette dernière, l'initiative est lancée par le tout puissant cartel des agriculteurs. Les paysans veulent disposer d'une meilleure solution pour irriguer leurs champs, car depuis l'invention des lacs et des rivières, l'irrigation consiste à transporter manuellement des seaux d'eau, le tuyau n'ayant pas été encore inventé. L'initiative « Êtes-vous pour ou contre faire tomber l'eau depuis le ciel ? » est combattue par les écologistes qui insistent pour ajouter un objet soumis au verdict populaire : « Êtes-vous pour ou contre faire tomber de la terre depuis le ciel ?" heureusement le bon sens règne et seule la pluie est acceptée. Même les cantons veulent avoir leur mot à dire concernant la création du monde. Par exemple, à Genève un conflit règne au sujet du soleil. La droite veut le supprimer, car il distrait les travailleurs, alors que la gauche le juge bénéfique pour la santé des Genevois. Une solution intéressante et très helvétique est finalement mise en place : le soleil brillera uniquement les jours pairs, les jours impairs étant réservés à la pluie. Petit à petit les Suisses créent un écosystème parfait. L'intégralité des textes concernant les initiatives, les référendums ainsi que les résultats de chaque votation est stockée à Berne. Tous les évolutionnistes et créationnistes qui auraient des doutes peuvent librement consulter les archives. Le libellé de l'initiative numéro 526'183 est en soi très intéressant : « Êtes-vous pour ou contre la création de l'évolutionnisme et du créationnisme ? ». Pour l'anecdote, il fait suite à l'initiative « Faut-il créer le principe d’incertitude ? ».
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Libellés : Histoire
vendredi 15 juin 2007
Le bus parfait
Le Pedibus, n’est pas à proprement parler une invention genevoise, mais quiconque s’est déjà promené en ville de Genève aura certainement remarqué des arrêts de Pedibus. Créé en 1991 et introduit en 2001 à Genève, ce type de bus possède uniquement des avantages. Il ne pollue pas du tout, il propose toujours des places libres, plus il y a d’embouteillages mieux il se déplace, il n’occasionne aucun frais d’entretien, il peut être conduit par n’importe quelle personne même sans permis et est entièrement gratuit. Ses arrêts sont marqués par des panneaux affichant également les horaires. La composition de ceux-ci est discutée et décidée par les usagers. On trouve des terminus, des arrêts fixes ainsi que des arrêts facultatifs. Il est même possible de prendre le Pedibus en marche. Ce bus d’une nouvelle ère est constitué d’un conducteur qui tire une corde à laquelle peuvent s’accrocher des passagers. Circulant sur les trottoirs, il possède ses parcours, ses horaires et ses habitués. Le site www.pedibus-geneve.ch explique comment démarrer une nouvelle ligne (il y en a une quarantaine actuellement) et donne tous les renseignements utiles. On imagine tous les bienfaits de ce genre de transport. Zéro pollution, zéro coût, zéro problème, mais tout de même quelques constations et interrogations inhabituelles pour des bus. Combien y a-t-il de conducteurs ? Un Pedibus est, en principe, piloté par un conducteur, mais on peut lui en adjoindre d’autres sans limite. Que faire en cas d’absence d’un conducteur ? Demander à un passant s’il ne peut pas conduire le Pedibus au moins jusqu’au prochain arrêt, et ainsi de suite. Doit-on attendre les retardataires ? Non, les horaires doivent être respectés, ils n’ont qu’à piquer un petit sprint ou attendre le prochain Pedibus. Que doit faire un usager qui habite entre deux arrêts ? Il lui suffit de créer son propre arrêt en bas de chez lui. Que faire si un usager tombe du Pedibus ? Simplement s’arrêter et attendre quelques secondes. Que faire en cas de freinage brusque ? Toujours observer le passager qui se trouve devant soi et, au besoin, le tenir par la taille. Comment faire en cas de forte affluence ? Plusieurs Pedibus peuvent s'accrocher les uns aux autres (un simple noeud avec les cordes suffit). Cela permet de libérer momentanément les conducteurs superflus. La publicité est-elle autorisée sur un Pedibus ? Oui, à moins de confisquer les vêtements des usagers et autres accessoires portant des logos. Peut-on changer de place dans un Pedibus ? Cela est uniquement possible lors d’un arrêt. Que faire en cas de fatigue sur les longues distances ? Un Pedibus peut, en cas de besoin, monter entièrement dans un bus traditionnel. Peut-on manger et boire dans un Pedibus ? Oui, à condition de le faire avec une seule main et de jeter les emballages vides dans les nombreuses poubelles fixes qui jonchent le parcours. Pour bien viser il convient de tenir compte de la dérive due à la vitesse du Pedibus. Est-il permis de parler au conducteur ? Oui, cela est même fortement conseillé, afin qu’il soit informé en permanence de la présence des passagers. Que faire si les passagers du fond dépassent ceux de devant ? Un arrêt exceptionnel d’une à deux minutes est autorisé, dans le but de convaincre les occupants trop pressés de marcher moins vite ou bien de devenir eux-mêmes conducteurs. Un Pedibus vide peut-il être abandonné par son conducteur ? Oui, s'il se trouve à moins de trois arrêts du terminus. Le conducteur prendra soin de garer son véhicule sans gêner la circulation. En d'autres termes, il attachera solidement la corde à un arbre ou un poteau. En pleine ville je crois avoir vu un Pedibus tellement long que la file des usagers faisait d’interminables serpentins. De surcroît, il ne quittait jamais son arrêt. Etait-il en panne ? Non, les pannes de Pedibus sont extrêmement rares. Il s’agissait vraisemblablement de la file d’attente d’un MacDonald.
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Libellés : Transports
jeudi 14 juin 2007
Genève a encore frappé
Après son jet d’eau, ses transports publics. Genève, la folle ville du bout du lac, endettée jusqu’à en oublier de chasser le gaspi, n’arrête pas d’avoir de l’imagination. Tout le monde connaît le tram, le métro et le bus. Mais Genève se surpasse et invente, pour un euro de plus, le Telebus. Il ne s’agit pas de bus munis de télévisions. La définition officielle nous dit : « TELEBUS assure, sur réservation, vos déplacements d’un arrêt de bus à un autre arrêt de bus d’une même ligne. Réservation au numéro gratuit 0800 858 800 au plus tard une heure avant le déplacement ». En d’autres termes, le telebusman (agent de conduite pour nos voisins français) se voit affublé d’un téléphone portable, attend les appels de ses clients et se rend au lieu de rendez-vous. Quoi de plus normal ? Mais il y a mieux : le Proxibus. On pourrait croire à un appareil informatique, or un proxibus est un moyen de transport typiquement genevois. « Depuis une adresse ou arrêt de bus, vers une autre adresse ou un arrêt de bus d’une autre ligne, ce service, sur réservation à un numéro de téléphone gratuit, peut vous transporter d’un point B à un point A sans traverser la ville, sauf si vous allez en ville ». C’est un peu comme si vous aviez les moyens de vous offrir un taxi de douze mètres de long pour une somme dérisoire. Au diable les varices ! Genève peut faire encore plus fort : le Taxibus. Sur simple réservation téléphonique à un numéro payant - faut tout de même pas abuser - un taxibus peut venir vous chercher à la gare ou à l’aéroport pour vous déposer dans votre lit, même et surtout à des heures indues. La publicité ajoute : « Il est impératif de préciser que vous réservez un Taxibus et non pas un taxi ». En effet, cela peut vous éviter de voir arriver un petit taxi, genre Twingo, qui vous coûtera très cher, surtout si vous êtes une douzaine de personnes. Passons sur les services P+R, Formule 1, Mobilité pour tous, Formule congrès, et venons-en aux Noctambus. Comme le nom l’indique, ces bus nyctalopes circulent la nuit pour les fêtards et autres distraits de la pendule, les vendredis et samedis. Un détail qui a son importance : à Genève, la nuit se termine à 3h45. Signalons que dans d’autres cantons plus orientaux, la nuit commence à 19h pour se terminer à 20h45. Le tour d’horizon de la famille des bus genevois est presque terminé. Nous gardons le plus atypique pour un prochain article : le Pedibus. Rappelons au passage le fameux slogan d’Ikea : « une clé, un bus, trois raisons de monter son étagère tout seul ». Moralité : quand on n’a jamais eu de pétrole et qu’on n’a plus d’argent, on essaie d’avoir des idées.
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Libellés : Transports
mardi 12 juin 2007
Esclaves des objets
Nous devrons bientôt instaurer de manière ferme les lois de la robotique imaginées par Isaac Azimov visant à protéger l’être humain face aux machines. Dans notre vie quotidienne nous sommes en permanence agressés par des objets domestiques. Il est temps de se révolter, sous peine de devenir esclaves de nos créations technologiques. Une imprimante à laser moderne se met à imprimer en noir/blanc plutôt qu’en couleur sous prétexte que les cartouches de tonner arrivent en fin de vie. Des messages d’insultes incessants vous rappellent d’acheter de nouvelles cartouches, si possible chez le fabricant de la marque et directement en ouvrant un page internet où il vous suffit d’introduire votre numéro de carte de crédit. Bien qu’il puisse rester encore de quoi produire plusieurs pages en couleur, votre imprimante refuse d’obtempérer. Si vous insistez il deviendra carrément impossible d’imprimer. Les nouvelles et très onéreuses télécommandes de Logitech, d’un haut niveau d’interactivité, sont même capables, en magasin et sous leur blister plastique, de vous proposer une démonstration. Il vous suffit d’appuyer sur une touche, de choisir votre langue et de contempler. Un message du genre « Je vous en supplie, achetez-moi ! » ponctue la présentation. Qui aurait pensé qu’un jour on pourrait acheter une télécommande à 400 euros pour piloter un lecteur de DVD à 20 euros ? A quand des Mercedes à 1000 euros avec une clé de contact qui coûte 50'000 euros ? Certaines voitures, lorsque le réservoir est presque vide, vous invectivent continuellement dans le but unique que vous les nourrissiez. Elles sont même capables de refuser de rouler lorsque la distance qu’elles jugent encore parcourable tombe à zéro. De là à penser qu’il est possible de tomber en panne d’essence virtuelle avec encore quelques litres d’essence dans le réservoir, il n’y a qu’un pas. Qui ne s’est jamais énervé contre un lecteur de DVD qui refuse de laisser sauter les messages publicitaires et autres menaces anti-piratage. Comme nous l’avons déjà indiqué dans un autre article, les copies pirates sont évidemment dépourvues de ces contraintes stupides. Seuls les acheteurs honnêtes sont punis. Que dire enfin des logiciels que l’on installe juste pour les essayer, ou qui nous sont imposés lors de l’achat d’un PC neuf ? Ces logiciels peuvent se montrer vraiment très agressifs lorsqu’ils insistent par tous les moyens, même malhonnêtes, pour que vous les achetiez. Ils vous menacent de tous les fléaux informatiques si vous ne souscrivez pas à un abonnement hyper-avantageux, mais dont vous ne parviendrez jamais à vous débarrasser. Certains de ces malwares officiels, de ces virus au casier judiciaire vierge, de ces petites choses au comportement spameux, ont même été volontairement conçus pour que vous ne puissiez pas les supprimer. Moralité : il est encore temps de brûler tous les appareils qui ont tendance à nous dicter leurs quatre volontés (attention néanmoins dans le cas des voitures !).
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Libellés : Société
samedi 9 juin 2007
Scénario catastrophe
Un homme détourne un avion à l’aide de sa ceinture. En menaçant d'étrangler une hôtesse, le passager arrive à prendre le contrôle du cockpit de l'appareil. Une femme détourne un avion en assommant le pilote ainsi que le copilote avec une chaussure. En frappant ainsi les deux membres de l'équipage, la passagère est parvenue à prendre le contrôle du cockpit de l'appareil. Une femme blesse une hôtesse et détourne un avion à l'aide de ses lunettes. En arrachant une branche de sa monture de lunettes, elle a réussi à prendre le contrôle du cockpit de l'appareil. Un homme d’affaires parvient à pénétrer dans le cockpit d'un avion et à le détourner. Il a enroulé son pantalon autour de la poignée et utilisé un effet de levier. L'homme a réussi à prendre le contrôle de l'appareil. Un enfant désireux de visiter le cockpit d'un avion réussit à le détourner. Prétextant une passion débordante pour l'aéronautique, le jeune passager a pris le contrôle de l'appareil en s'enfermant dans le cockpit. Une prétendue hôtesse de l’air a étranglé le pilote et le copilote en se servant de sa longue chevelure tressée. Une jeune femme complètement nue et le crâne rasé est retrouvée morte sur le toit d'une grange dans le Texas. Elle est tombée d'un avion en voulant aller au WC. La pauvre femme, très myope de surcroît, semble s'être trompée de porte, n'ayant pas le droit de porter ses lunettes. Les dernières règles de sécurité entrées en vigueur dans l'aéronautique ne seront toutefois pas remises en question.
Les ceintures seront désormais interdites en avion.
Les chaussures seront désormais interdites en avion.
Les lunettes et leurs différents accessoires seront désormais interdits en avion.
Les vêtements seront désormais interdits en avion.
Les enfants seront désormais interdits dans les avions.
Les cheveux ou tout autre accessoire capillaire seront désormais interdits de vol.
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Libellés : Transports
vendredi 8 juin 2007
Abuser n'est pas jouer
Rien n’est plus énervant que de se sentir commercialement pris en otage. Pire encore : être un otage consentant. Pourtant nous le sommes tous, à des degrés différents. Mais qui sont donc ces vilains kidnappeurs ? Le commerce en général, et plus particulièrement les sociétés ayant mis la main sur une activité liée à des produits induisant dépendance et accoutumance. Prenons les SMS. Il est techniquement évident que le prix d’un SMS ne devrait pas dépasser un ou deux centimes. Or, nos jeunes têtes blondes et les quelques invétérés des messages courts et bourrés de néologisme les paient bien plus cher. Pourquoi peut-on acheter une imprimante à jet d’encre pour 20 à 30 euros, alors qu’un seul jeu de cartouches de rechange coûte plus du double ou du triple ? Est-ce vraiment justifié que cet encre coûte plusieurs milliers d’euros par litre ? Même combat pour les cartouches de toner pour imprimantes à laser. Autre escroquerie : on peut trouver des brosses à dents électriques pour une vingtaine d’euros, mais quatre petites brosses de rechange coûtent plus cher que l’appareil lui-même. Que faut-il penser des machines à cafés dont le prix des capsules est bientôt plus élevé que celui d’un vrai café servi dans un bar ? Est-il logique d’acheter un projecteur vidéo à 600 euros (avec une ampoule neuve incluse, bien entendu) et de payer une ampoule de rechange 400 euros ? Il en va de même avec nombre de produits d’utilité courante comme les sacs d’aspirateurs, les piles de montres ou les ampoules électriques. Tous ces exemples participent de la même stratégie escroquo-commerciale : on attire le client à l’aide d’un produit séduisant et, qui plus est, souvent très utile, ensuite on le fidélise de force en aspirant jusqu’à la moelle le contenu de son portemonnaie en échange de quelques consommables vendus à prix d’or. Moralité : on ne tue pas une vache à lait, surtout si elle a des millions de congénères, traînant chacun un camion-citerne de ce liquide tant convoité.
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Libellés : Mondialisation
vendredi 1 juin 2007
Chronique d’une agonie annoncée
Sans donner dans l’art divinatoire ou autre nécromancie Dellirante, on s’aperçoit depuis quelques mois que les ventes de Dell sont en diminution. Et la tendance pourrait bien s’emballer; cette société a perdu 13.9% de parts du marché mondial au premier trimestre 2007 et va licencier 10% de ses employés. Comment expliquer ce phénomène alors qu’en apparence rien n’a changé dans le mode de vente du géant texan ? Bien sûr Hewlett-Packard er Acer se montrent agressifs sur les prix et la technologie, mais la vraie cause est probablement à chercher du côté de Dell. Une simple visite de leur site internet qui, rappelons-le, constitue leur seul canal de distribution, suffit à mettre en évidence quelques problèmes. Avant d’en énumérer quelques uns, il convient de rappeler que les connaissances techniques de l’acheteur d’ordinateur moyen n’ont pas beaucoup changé ces dernières années. Pendant ce temps, la complexité liée à l’évolution du matériel informatique n’a cessé de croître. Une multitude de déclinaisons de Windows favorisent le doute lors d’un achat. Le site Dell est relativement complexe pour un non initié. Trop d’information tue l’information. Le changement rapide des prix et des configurations peut être un atout pour le suivi technologique, mais il peut également perdre des acheteurs potentiels. L’absence de points de vente physiques ne permet pas de voir ou de toucher un ordinateur avant de l’acheter. Certaines questions viennent lorsque l’on se trouve face à un portable, mais on ne penserait pas à les poser par téléphone. De même, en cas de problème, savoir que le seul lien avec le fabricant est le téléphone n’est pas des plus rassurants, au vu de la connotation négative du support téléphonique en général. Le support (téléphonique) de Dell efficace, mais il faut s’armer de patience. En cas de rappel, on tombe rarement sur la même personne et tous les interlocuteurs n’ont pas les mêmes compétences. Passer d’une garantie par défaut de trois ans à une année est une augmentation de prix déguisée. Les clients ne sont pas dupes. Sur le site Dell, pendant le choix et la configuration d’un ordinateur, une pléthore d’offres à paillettes sont disséminées à tous les niveaux. Un prix barré par-ci, une offre choc par-là. Si au moins tout était clair. Tout ceci est sans compter les bévues courantes : même configuration à des prix différents pour un particulier ou une entreprise, indication « französich » pour voir le site en français (corrigé depuis peu), mélanges de langues et absences de traductions, Que penser encore d’une alerte de non-compatibilité pour avoir gardé l’option par défaut « Pas de logiciel de sécurité/protection antivirus - Allemand [Inclus dans le prix] » au lieu de cocher l’option « Pas de logiciel de sécurité/protection antivirus - Français ajouter CHF 0.00 ». Où est l’incohérence, puisque dans les deux cas on ne veut pas de ce fichu logiciel antivirus, limité à trois jours, et qui vous harcèle à longueur de journée pour que vous l’achetiez ? Bien entendu tous ces désagréments ne sont pas vérifiables puisqu’ils changent quasiment toutes les deux minutes. En revanche, ils dérangent, agacent, et peuvent même perdre un client à tout jamais. Dell est parfaitement adapté à notre société de zapping et de produits kleenex. Cependant il correspond probablement de moins en moins aux demandes de la majorité des personnes. Moralité : Dellire total ou fidellisation ratée ? L’avenir jugera.
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Libellés : Commerce
dimanche 20 mai 2007
Les mystères de la vie
Si vous êtes à la recherche de sujets de conversation originaux qui pourraient vous mettre en valeur lors de soirées mondaines, vous apprécierez certainement ce qui suit. Posez tout d’abord la question « Des frères siamois sont-ils des jumeaux ? ». Vous serez ébahi par la diversité des réponses obtenues. Le sujet garantit au moins un quart d’heure de discussions acharnées. Vous pouvez pimenter le débat en ajoutant : « Jumeaux oui, mais vrais ou faux jumeaux ? ». Dès que l’effervescence retombe vous pouvez relancer la machine en demandant : « Combien de temps au maximum peut-il s’écouler entre la naissance de deux bébés (de la même mère) pour qu’ils soient encore considérés comme jumeaux ? ». Il y a toujours quelqu’un pour proposer deux semaines, ou encore neuf mois. Si cela ne suffit pas, essayez de vous aventurer dans la génétique. Une femme (dont les cellules possèdent une paire de chromosomes XX) accouche d’un garçon (affublé, lui d’une paire XY). « A quel endroit de la mère et du bébé se trouve la frontière entre les cellules XX et les cellules XY ? ». Beaucoup penseront au cordon ombilical, mais ce n’est pas la bonne réponse. Documentez-vous sur le sujet afin d’épater vos amis. Juste avant de quitter cette charmante soirée, racontez l’histoire des deux frères siamois, dont l’un a été séparé, mais pas l’autre. L’un des deux, celui qui n’avait pas été séparé, s’est suicidé de désespoir. Jusqu’où est-il mort ?? Moralité : une soirée, ça se prépare.
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Libellés : Science
samedi 19 mai 2007
La Suisse est-elle une secte ?
En observant attentivement cet inutile nombril au centre de l’Europe, ce modèle inadapté de démocratie virtuelle, certains détails surprennent. En début d’année, la TSR (Très Sainte Religion) énumère quasi quotidiennement, dans les journaux télévisés, les indécents bénéfices des grandes multi nationales helvétiques. Plus de sept milliards de bénéfice annuel pour Novartis, près de dix milliards pour Roche (le pharmacien de quartier) et quasiment autant pour des dizaines d’autres sociétés. Visiblement le gourou et ses évangélistes se portent bien. Où est donc le problème ? Chaque Suisse devrait exploser de joie à l’annonce de ces réussites financières. Le pays prospère et chaque citoyen naïf pourrait se prendre à espérer des retombées bénéfiques sur sa vie quotidienne. C’est sans compter sur un détail : ces milliards engrangés ne profitent pas aux adeptes dont le seul rôle est de travailler à l’expansion des organes de propagande. Les bénéfices sont communiqués dans le but que chacun se remotive régulièrement pour œuvrer dans l’intérêt général de la communauté. Les assurances se portent à merveille, alors que les assurés passent pour quantité négligeable. Les primes ne cessent d’augmenter et les disciples n’ont aucune autre alternative que de payer sans rien dire. Dans cette « référence démocratique », la moindre virgule, le moindre poisson supplémentaire dans le Léman sont soumis à votation. Encore faut-il que les objets soient simplement énoncés, que les sous-entendus et les effets de bord soient avoués. Plus d’un membre de cette étrange communauté s’est retrouvé à subir les conséquences néfastes d’une votation dont il n’a pas forcément mesuré les impacts, faute de clarté. Il se sent alors coupable et l’équipe de gestion le prend alors sous son aile protectrice et le console. Quand il s’agit de voter sur une question du genre « Etes-vous d’accord pour une gestion plus saine et transparente des finances de l’Etat ? », qui oserait dire non ? Le résultat n’est pas acquis d’avance ; il y a souvent une raison cachée derrière une question anodine. Un adepte pourrait vouloir se rebeller, vouloir partir ailleurs ! Une telle décision est difficile à prendre tant les liens qui le retiennent sont nombreux : travail, obligations militaires ou fiscales, études. Il peut alors devenir pauvre et errant dans le pays le plus riche du monde. Avec un peu de chance, il parviendra même à mourir de faim. N’oublions pas que chaque Suisse dont la situation devient désespérante dispose, dans son armoire, d’un fusil d’assaut. Son utilisation inappropriée provoque près de 300 morts par an. S’agirait-il de déçus tentant un transit vers Sirius, autosuggestionnés qu’ils sont d’être devenus inadaptés ? Pour un pays neutre et sans ennemis, disposant d’une armée de « paix », cela fait beaucoup de vies perdues. Moralité : non, la Suisse n’est pas une secte, mais un merveilleux pays géré par chacun dans l’intérêt de tous.
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Libellés : Suisse
vendredi 18 mai 2007
La création
Une vieille dame agresse sauvagement une bande de skinhead. Un piéton renverse et tue un automobiliste. Un jeune enfant blesse un pitbull dans un parc. Une société licencie 30 directeurs. Un handicapé en fauteuil roulant utilise abusivement des places de parc automobile. Une mère de famille se suicide en se jetant par la fenêtre de son appartement du rez-de-chaussée. Un chat sauve un pompier coincé dans un arbre. Un parapentiste chevronné se tue dans un ascenseur. Le groupe de sauvetage nautique retrouve un canard noyé dans le Léman. Un automobiliste mécontent se casse une jambe en voulant déféquer dans un nid de pigeons. Un cycliste amateur qui refusait le dopage par peur des aiguilles meurt du tétanos. Dorénavant, pour des raisons d’économie, le transport d’organes pour les greffes se fera par les transports publics. Un badaud fait exploser accidentellement trente kamikazes. Un taureau met à mort un torero et repart avec les oreilles et la queue. Un gardien de prison se fait la belle ; les prisonniers sont à sa recherche. Un moustique pulvérise une tapette à mouches. Intoxication dans une église : les hosties n’étaient pas fraîches. Dans une pharmacie un client demande deux hosties pour mieux avaler un crucifix. Un curé se confesse par accident à l’un de ses fidèles. Un iceberg coule à pic en heurtant un chalutier. Un paysan transgénique meurt après avoir mangé du maïs bio. Une icône du bureau de Windows fabriquée par Ikea s'effondre et tue le Docteur Watson. Un adolescent disparaît. Google engage des recherches et pense pouvoir le retrouver en 0.03 secondes. Un chômeur travaille dur pour retrouver un emploi. Un vétérinaire pique sept fois un chat en fin de vies. Un dragueur invétéré met en place un réseau « Oui, fille ! »
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Libellés : Faits divers
lundi 14 mai 2007
Grippe aviaire
Bonaparte aimait le chocolat. Il faut bien avouer que ce n'est pas très utile. Fleur coupée et mousse n'amassent pas le baratin de Xavier. Qui est Xavier ? Je ne sais pas, peut-être jeudi ou Robinson. Et là, plus personne ne suit, ciel bleu et nuages. Dans le triangle de la fenêtre ouverte, on sent le vent à travers les feuilles de l'arbre à drogue qui rugit dans sa caisse. Poules et crustacés, avec un matelas pneumatique, promenez-vous en ville. Les palmes et le tuba sont des moyens de communication rouges et jaunes. Et si la canne adhère c'est la grippe aviaire. Le chat n'est plus là, il est parti avec le réfrigérateur et le répondeur. Le pauvre s'ennuyait, car le poulailler a brûlé jeudi matin. C'est la faute de Xavier, mais qui est donc ce Xavier ? Le Titanic a sombré hier après-midi. Ce n'est pas très grave, car il était déjà au fond de la piscine lorsqu'on l'a découvert. Aucune victime à déplorer, uniquement des morts. L'armoire ne s'en est pas sortie, il faut dire à sa décharge qu'elle était normande. Tout le monde le dit: "Armoire normande, Poivre d'Arvor". Je préfère le poivre de Cayenne, surtout le court. Et les cheveux, on n’en parle pas, mais les cheveux c'est important. Ça sert à friser, à défriser, et à sucrer les fraisiers. Après tout, les fraises c'est bleu et conique comme un clown blanc. Encore Napoléon, mais cette fois-ci le rouge a gagné. C'était prévisible, car il n'avait pas d'armoire normande, lui. Mais si le rouge a gagné, c'est aussi parce que le jaune a coulé le Titanic. À l'envers Titanic ça fait Cinatit. N'est-ce pas une marque de colle tout usage ? Non, c'est Bergamote, le chat de Zébulon qui ne colle pas dans l'histoire. Oui, toujours cette histoire de poulailler. Il faut dire que les poules se sont toutes échappées en moto. La voiture roulait vite; normal, le chauffeur était mort. C'est bien la première fois que le jaune conduisait tout en étant décédé. Le kiosque vert trônait au centre de la place. On l'appelait Joséphine, car il était en face du café Bonaparte. Manchot, son casque était noir, peut-être même blanc, ça dépend de la lumière. L'éléphant à trois cornes jouait de la cornemuse en sifflant dans un tuba. Le tuba de la mouche, on ne se mouche pas dans un tuba, sinon ça fait un démonte-pneu.
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Libellés : Délire
mardi 8 mai 2007
La banane tue
L'OMSAC a récemment publié une étude démontrant la dangerosité des bananes. La consommation, même modérée, de bananes serait nocive pour la santé. Cette conclusion se fonde sur une analyse effectuée pendant trois ans sur les statistiques d’accidents/décès liés directement à la consommation de bananes. Il peut paraître étonnant, voire troublant, qu'une banane puisse être dangereuse. Ce problème pourtant bien connu des services d'urgences des hôpitaux est fréquemment évincé des médias. L'économie mondiale de la banane est l'une des plus florissantes. La banane est une source de revenus importante pour les pays en voie de développement. Les conclusions de cette étude déplaisent fortement aux pays exportateurs de bananes. Pourtant l'aspect nocif de ce fruit ne peut être négligé. D’après des analyses scientifiques certains décès peuvent être imputés directement à la banane. Mme Schickitung, mère de famille depuis 1993 témoigne : "J'ai vu toute ma famille décimée à cause de ce fruit. Au début, je ne comprenais pas. Il a fallu que je me rende à l'évidence. La banane avait causé la perte de tous les êtres que j'aimais". Ce témoignage poignant est une preuve de plus que la banane est dangereuse. Une campagne d'information sera prochainement diffusée dans tous les médias afin d'aider la population à comprendre tous les aspects néfastes de la banane. Une loi est également à l'étude afin d'apporter un nouvel étiquetage qui porterait la mention « La banane tue ». Après ces terribles constatations, l'OMSAC (Organisation Mondiale de Surveillance des Aliments Courbés) tient à rassurer la population concernant la toxicité d'autres fruits. La papaye n'est absolument pas dangereuse. C'est le cas également des oranges et des mandarines. Toutefois, une réserve est émise pour les citrons. Nous pourrions bientôt assister à un moratoire sur la vente , et donc la production, de ces derniers. Moralité: avoir la banane devient dangereux. Il faut très vite se rabattre sur la frite. 
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Libellés : Alimentaire
dimanche 6 mai 2007
Mes documents
Encore une fois, merci à Microsoft sans qui je ne saurais pas où mettre mes affaires. Depuis que le dossier Mes documents existe je suis sauvé ; tout ce que je possède est enfin à portée de main. Avant, mon disque dur était totalement désorganisé. J’avais des fichiers dans tous les recoins. Depuis que Windows m’a suggéré un endroit unique pour enfouir mes documents, je me sens mieux. Plus besoin de réfléchir. Ma vie est un paradis, aussi bien organisée qu’une fourmilière. Je sais maintenant que j’ai 180 Goctets de choses qui m’appartiennent. Quand je vois une belle photo au hasard de mon butinage de toile, je la place dans Mes documents. Instantanément elle devient mienne. Après tout ce sont Mes documents ! C’est mon espace privé. D’ailleurs Mes documents se trouve dans un dossier qui porte Mon nom. Son contenu est même doublement en ma possession. Microsoft a pensé à tout. Pour bien me convaincre que ces fichiers son en ma possession, il a créé des subdivisions bien pratiques pour l’organisation de mon bordel ambiant : Ma musique, Mes albums, Mes eBooks, Mes fichiers PSP, Mes formes, Mes Google Gadgets, Mes images, Mes ordinateurs virtuels, Mes vidéos. Et Microsoft sait que je dois travailler mon anglais ; alors il m’a aussi créé des dossiers My Light Notes, My Pictures, My Skype Received Files, May Wallpapers, My Web Sites, My Widgets, etc Tout est regroupé, tout est à moi. Ma vie est dans Mes documents. Quand je pars en vacances je prends Mes documents avec moi. Rien n’y manque. Quoi que… Comme j’ai bien compris cette avancée technico-philosophique de Microsoft, je l’ai améliorée en ajoutant Ma voiture, Mon dentifrice, Mon dernier rhume, Mes animaux, Ma poubelle, Ma carte d’identité, Mes fantasmes, Mes lunettes, Ma femme, Ma plante verte et bien d’autres. J’ai même fait mieux ; le premier niveau ne m’a pas suffi. Dans Mes animaux j’ai créé Mon chien, Mon chat. Et là, tout à coup, la faille du système, le grain de sable qui met le bâton dans les roues. Mon chien m’appartient, mais il a parfois des tiques et ses tiques me posent des problèmes. S’agit-il de Ses tiques ou de Mes tiques ? J’ai demandé conseil à Microsoft et il est ressorti que les tiques de Mon chien sont, pour des raisons techniques d’organisation de fichiers, également les miennes. Moralité : depuis quelque temps mon dos me démange. Je pense prendre un rendez-vous chez mon vétérinaire.
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Libellés : Informatique
samedi 5 mai 2007
Le lingot dort
Tout le monde en a vu un au moins une fois dans un film et s'en fait une image très précise. Pourtant, c'est un objet dont on ignore quasiment tout : le lingot d'or. Selon l'encyclopédie, le lingot est une masse définie d'un métal coulée en un bloc solide. On l'utilise surtout pour les métaux précieux. L'or, l'argent ou le platine sont ainsi lingotés afin de permettre aux banques centrales de thésauriser des réserves de fonds. On parle également de lingot en finance et notamment en bourse. Il existe même un lingot spécial dit "lingot d'or de bourse". Attention, il ne s'agit pas d'un vulgaire morceau de métal ; ce lingot-là possède des propriétés qui le distinguent de ses congénères. Tout d'abord son poids ; il pèse entre 995 et 1005 grammes. Son titre de pureté est au moins de 995 grammes d'or pur pour 1000 grammes de lingot. Et il est toujours accompagné de son diplôme de lingot d'or appelé aussi « certificat ». En revanche, ce n'est pas un kilo d'or normal. C’est un kilo d'or « de bourse ». Grâce à cette fonction, il n'est pas soumis à la TVA. Étonnant ? Ce n'est pas tout. Lorsque vous le vendez, il n'est pas non plus soumis au BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux). Le lingot d'or de bourse, c'est la crème des crèmes. Les lingots sont fabriqués par des fondeurs, mais il existe un métier bien plus surprenant dans le domaine, celui « d'essayeur ». Ce dernier est chargé d’établir le certificat après mesure et validation du lingot. Une des techniques utilisées consiste à faire « sonner » le lingot. En fonction de la douce mélodie entendue, on peut identifier un faux lingot d’un vrai. Pendant la guerre, on a fabriqué de faux lingots. Appelés lingots « tocs » ou lingots « fourrés » ils sont, pour les premiers, entièrement en plomb et leur poids et leur certificat sont faux. Les seconds sont bien plus finement pensés. Sous une épaisseur d'or, ils cachent une âme de plomb ou de tungstène. Ils pèsent le même poids qu'un vrai lingot et sont muni d'un certificat authentique. Ils étaient entièrement évidés à la main, avec une gouge, afin d'être rempli avec un autre métal. Les finitions étaient parfois faites avec une fraise de dentiste. Il existe également des mégas lingots ; ceux que l'on voit d’ailleurs dans les films. Il s'agit d’une « barre d'or de bourse ». Elle pèse plus de douze kilos, ce qui la rend plus facilement falsifiable. En effet, les balances qui mesurent des poids d’une dizaine de kilo avec une précision d’un dixième de gramme ne sont pas légion. On peut trouver différentes qualités de lingots. En fonction des pays dans lesquels ils sont coulés, certaines caractéristiques peuvent changer. Heureusement tous pèsent légalement un kilo. Les lingots de facture française sont, par exemple, un peu plus irréguliers, épais et portent des traces du moule. En Suisse ou en Afrique du Sud, les lingots sont beaucoup plus soignés. Leur poids est rigoureusement exact et identique pour tous, 1000 grammes, et leur titre est toujours de 995/1000. Ils contiennent donc exactement 995 grammes d'or. Leur forme de petite plaque parfaitement régulière et lisse permet de les appeler « lingots d'or plats ». Ils sont toutefois plus rares et légèrement plus chers. Tous les lingots ne se valent décidément pas. Moralité : quand le lingot dort, le banquier veille. 
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Libellés : Commerce