vendredi 7 avril 2006

Sites internet: l'horreur!

Pourquoi les sites internet des grandes sociétés sont-ils antant ratés ? Plus les moyens mis en œuvre pour les réaliser sont énormes, plus le résultat est catastrophique.

Il n’est pas question ici d’établir une liste des sites les pires de la planète, mais uniquement de pointer du doigt quelques couacs parfois révélateurs. Un site internet est une vitrine virtuelle pour laquelle le soin apporté à sa réalisation doit être égal et même supérieur à celui pris pour la mise en place d’une vitrine physique. Bien plus de personne défilent devant un site internet que devant une magasin réel.

Prenons le cas de www.coop.ch, une grande chaîne de supermarchés. Il y est totalement impossible de chercher un produit dont le nom possède moins de 4 caractères. L’enseigne ne devrait pas s’étonner d’avoir une chute de ventes pour des articles tels que : thé, Axe, Cif, OB, … La liste est bien longue. Un informaticien vous expliquera certainement que c'est entièrement voulu. En réalité, les développeurs du sites ont peut-être simplement voulu éviter le problème d’avoir à gérer les mots non significatifs : la, le, des, ou, du, aux…

Autre exemple avec le concurrent et néanmoins multinationale et multimilliardaire en chiffre d’affaires : www.leshop.ch. En suivant successivement les liens : « 1ère visite », « Supermarché », « Bio & équitable », « Fruits frais », cliquer sur la banane, ensuite utiliser la flèche « précédent » de votre navigateur. Tiens ! Comme c’est étrange, on se retrouve sur la page d’accueil. Il suffit de cliquer sur le bouton « suivant » du navigateur et là, merveille technologique, magie de l’informatique, stupeur suprême, horreur et putréfaction. On tombe sur une page pour le moins louche

Une librairie suisse importante (Payot semble-t-il) s’est même offert le luxe récemment de fermer son site de commerce en ligne pendant plus de deux semaines, en affichant simplement un message d’excuses. Lorsqu’un site fonctionne, quelle raison peut-elle impliquer une panne de plus de deux semaines ? Matériel ? On peut le changer rapidement. Logiciel ? Mais puisque le site fonctionnait! Autre raison ? A vous de trouver.

Mais tous ces couacs sont peut-être volontaires. N’ont-ils pas été générés afin de figurer dans un quelconque bêtisier ? Ces anomalies sont forcément voulues. Sinon, comment imaginer que des sociétés qui brassent des millions, voire des milliards, ne soient pas capables de dépenser quelques malheureux milliers d’Euros pour faire tester leur site, même par le dernier imbécile venu ?

Moralité: ti as du fric ou ti en n’as pas, de toute façon ton site il est ringard.

mercredi 5 avril 2006

Obligés de jouer au Loto

Bientôt l’état pourrait obliger les citoyens à jouer au loto. En effet, dans le canton de Vaud les finances d’une commune ne se sont jamais aussi bien portées depuis au moins 1043 av. JC. Questionné sur les raisons de cette bonne nouvelle, un élu explique que cela est dû à la présence d’un gagnant de l’Euro Million sur son territoire. Ah ! Sacrés impôts.

Fort de cette expérience, l’état devrait favoriser ou même subventionner les jeux de hasard afin de renflouer ses caisses, bien évidemment toujours vides.

On a enfin trouvé le fameux remède miracle tant recherché et qui ne fait que des heureux. Le gagnant de 100 millions d’euros explose de joie. Il donne 30 à 40 millions au fisc, donc à l’état, et n’en reste pas moins content, lui qui aurait dû travailler pendant près d’un millénaire pour gagner une telle somme. L’état, de son côté, encaisse un petit pactole rondelet, sans prendre de risque, sans acheter une seule grille de loto et donc sans dépenser le moindre centime. Les concitoyens du gagnant en profitent également indirectement. Même l’Européenne des Jeux y trouve son compte. En plus, cela fait de la pub pour le buraliste, pardon le débitant, pardon le kioskiste.

Mais qui y perd dans l’histoire ? Cherchez l’erreur.

Moralité : jouer au loto et gagner, ou alors payer plus d’impôts.

mardi 4 avril 2006

Taille des voitures

Les publicités pour les voitures soulèvent une question fondamentale: pourquoi les dimensions des voitures augmentent sans cesse, alors que les routes, parkings et autres ne changent pas ? En effet, jamais dans une pub automobile vous n'entendrez:

  • "La nouvelle Ford Nouba est maintenant moins large"
  • "Fiat sort une Koala plus courte de 20 centimètres"
  • ou encore "Mercedes a réduit toutes les dimensions des Classe F"
Dans (quasiment) toutes les publicités, journaux et émissions spécialisés dans l'automobile, c'est toujours le contraire dont on parle:
  • "La nouvelle Golf, plus spacieuse et confortable est plus large de 8 centimètres et plus longue de 21 centimètres…"
  • "Enfin une Seat plus habitable; elle gagne 6 centimètres en largeur et 16 en longueur…"
  • "Volvo revoit l'habitabilité des ses modèles coupés; ils sont désormais plus larges…"

Jamais une marque de voiture ne va sortir un modèle plus court ou étroit que l'année précédente. Donc, tout ce qui ne diminue jamais, ne peut qu'augmenter. Ou bien rester le même, me direz-vous. Mais d'un point de vue marketing, annoncer un "non-changement" n'est pas toujours original.

Les voituriers ont le droit de construire des modèles plus grands, mais en faire un argument publicitaire est aussi artificiel que de vanter le nombre de branches des volants ou la couleur des pare-chocs (voir prochain article).

Voici une proposition à l'intention des constructeurs et/ou des publicitaires voituriers. Pourquoi ne pas construire dès l'an prochain des voitures de 10 mètres de long, 2,5 mètres de large et 2 mètres de haut ? Un constructeur qui décide de sortir un tel véhicule prendrait une avance incroyable sur tous ses concurrents! Les avantages sont multiples, du moins ne ce qui concerne les clients-acheteurs:

  • puisqu'il paraît primordial et même vital qu'une voiture soit la plus grande possible, imaginez l'impact d'une telle annonce!
  • il n'y aura plus besoin d'augmenter les dimensions de quelques malheureux petits centimètres chaque année. C'est fait d'un coup et on est bon pour au moins dix ans
  • il sera enfin possible de se concentrer sur les vrais avantages des nouveaux modèles
Ou alors je n'ai rien compris. C'est peut-être simplement pour suivre l'évolution de la taille des être humains, qui, comme chacun le sait, augmente de 5 à 10 centimètres chaque année.

Finalement le commerce, c'est facile:

  • vous créez une nouvelle voiture, la plus petite possible
  • chaque année vous augmentez sa taille, plus que la concurrence
  • vous faites fortune
Smart l'a bien compris, et ils ont de la marge. A quand une Smart de la taille d'un semi-remorque ?

S'il vous plaît, Messieurs les marketeux du véhiculisme, un peu d'originalité! On n'achète pas une voiture comme on achète un baril de poudre à lessive.



(les arguments publicitaires et les marques cités dans cet article sont purement fictifs et ne correspondent à aucune réalité)

lundi 3 avril 2006

Vive la météo

Il est temps de faire table rase de la météo. Cela fait bien des années que l’on nous rebat les oreilles avec les progrès de la météo. Les météorologues nous expliquent qu’il faut de plus en plus d’infrastructures techniques et informatiques afin d’améliorer les prévisions, leur fiabilité.

Soit tous ces millions n’ont jamais été donnés aux météorologues et leurs grenouilles et autres grigris sont détraqués, soit les bugs informatiques ont encore frappé.

Faisons le bilan de ce que nous apportent les prévisions météorologiques. A part en pleine canicule lorsque la météo nous annonce qu’il fera encore chaud, ou quand l’animateur vedette nous indique le saint du jour et l’heure du lever de soleil, il n’y a rien d’impressionnant derrière cette science.

Un jour un collègue qui se trouvait à Zermatt sous une pluie torrentielle, appelle avec son portable les grands spécialistes de la météo nationale pour savoir quel temps il faisait à Zermatt, s’est vu répondre : « aucun problème, grand beau temps ». Oui je sais, les micro climats, la difficulté de prédire le temps en montagne, etc.

Le problème est que la météo est entrée dans les mœurs, mais nous est-elle vraiment utile dans la vie de tous les jours ? Admettons que la météo marine revête une certaine importance pour naviguer dans des zones à risque, ou qu’un bulletin d'annonce d’avalanches puisse sauver des vies. Mais les moyens sont disproportionnés. Les progrès ne sont pas assez visibles. Tous cet argent ne serait-il pas mieux investi dans la lutte contre des maladies ravageuses ou, par exemple, dans l’aide alimentaire aux populations du tiers monde ?

A certains égards la météo a parfois des relents d’horoscope. A entendre les conversations de bistrot, elle se trompe toujours. Bon, disons dans la moitié des cas ; et c’est quasiment l’équivalent d’un effet placébo.

Messieurs les météorologues, faites un effort. Informez les gens que vous n’êtes pas les mages tout puissants qu’ils pensent que vous êtes. Ou alors soyez meilleurs ! Faites en sorte que n’importe qui ne puisse pas se vanter de faire de meilleures prévisions que les vôtres. Il est évident que la météorologie est une science exacte et à part entière. Mais son domaine d’application est très complexe et difficilement vulgarisable. La météo doit soigner sa communication.

Il est des régions dans lesquelles il n’y a besoin d’aucun météorologue pour savoir qu’il va faire beau pour au moins une semaine. Il est également des endroits pour lesquels la météo ne peut rien car les changements sont rapides et peu prédictibles.

Lorsqu’elles lisent dans le journal « mardi il va pleuvoir, avec un indice de fiabilité de 20% », il y a encore beaucoup de personnes pensent qu’il va donc faire beau ! En revanche, bravo pour les photos par satellite. On peut les utiliser pour des tests psychologiques et y reconnaître toutes sortes d’objets familiers ou imaginaires. Ça détend. Chapeau également pour les présentateurs(trices) météo de la télévision, toujours pimpants et intéressants.

Moralité: vive la météo utile ; celle qui annonce l’éruption imminente d’un volcan. A bas la météo qui me dit si demain après-midi la température est au-dessus ou au-dessous des normales saisonnières.

Défaire la vie

La monde de l'informatique s'est souvent inspiré du monde réel. Oui, réel: les trottoirs, les voitures, les chiens et les crottes sur le trottoir ! Par exemple, les routes (highway) les souris (Logitech) et les crottes (spam) figurent au catalogue. Toutefois on ne trouve pas (encore) les enclumes, les fruits (avec une exception pour les pommes) et les éponges.

Le but recherché consiste à simplifier le langage informatique en utilisant des termes connus et ainsi permettre à tous d'accéder au monde obscure l'informatique. Geste louable certes, mais un peu abrutissant.

L'informatique a également des valeurs qui lui sont propres, notamment la touche ESC associée à la fonction annuler ou défaire. La vie réelle ne dispose pas de commande annuler et c'est fort regrettable. Imaginez : je gare ma voiture et dans un moment d'inattention je défonce la voiture de devant. Que faire ? Fuir ? Laisser un mot ? Pas du tout. J'active la touche annuler et je refais mon parcage.

Un verre cassé, un excès de vitesse, un examen raté, un crash d'avion, tous ces problèmes disparaissent grâce à la touche annuler.

Comment pouvons nous vivre sans cette fonctionnalité ? Tous les scientifiques doivent se pencher sérieusement sur le problème. Annulons tout et recommençons indéfiniment. Devenez vous aussi des annuleurs. Annulez cet article, annulez-vous! Bonsoir!

Paris-Dakar: enfin la faim

Chaque année le Dakar se court sur les routes du continent africain. A l'origine ce rallye motorisé partait de Paris et se terminait à Dakar. Actuellement le départ se situe au Portugal, et après avoir traversé l'Espagne, le Maroc, le Sahara Occidental, la Mauritanie, le Mali, et la Guinée, les coureurs arrivent au Sénégal.

Pourquoi le Dakar n'est-il plus une course "de Paris à Dakar" ? Les organisateurs l'ont vite compris: le paysage français ne tient pas la comparaison face aux dunes sous un coucher de soleil saharien. La famille Bidochon ne fait pas vendre du rêve. Une autre raison à ce changement d'itinéraire est que le Dakar défonce tout sur son passage. Il est donc moins dommageable que ce rallye se déroule dans des pays où l'infrastructure routière est quasi inexistante.

Mais le Dakar, c'est avant tout du sport et du rêve. Il n'a pas vocation à faire disparaître la faim dans le monde, mais seulement à la diminuer. Dans les pays traversés, une manne coule dans son sillage, alimentant des régions en argent que seuls le tourisme peut apporter. Les pays se battent pour avoir le Dakar.

Le pire, ce sont les morts. Pas les pilotes qui, eux, ont choisi de prendre des risques, mais bien les enfants qui meurent quasiment chaque année, écrasés par une moto ou par un camion d'assistance. Cette année, deux premiers gosses sont passés sous les roues des voitures ("Décédés dans le sillage de la caravane du rallye" comme le dit si poétiquement la dépêche de l'AFP). Le troisième a été heurté par un camion de manière beaucoup plus brutale.

Le Dakar a-t-il tué de futurs prix Nobel ou brillants avocats ? Ou simplement trois garçons qui aimaient le sport mécanique, qui avaient la vie devant eux et qui sont morts pour permettre à la télévision de continuer à diffuser du rêve à tout prix ? Ne faudrait-il pas stopper définitivement une course qui tue en toute légalité des enfants innocents ?

Le pilote et les copilotes du camion d'assistance concernés ont été entendus par la gendarmerie locale, comme dans "tout accident de la route se produisant au Sénégal", a précisé le directeur de l'épreuve. Comment ce même directeur pourra-t-il annoncer aux parents des victimes qu'il s'agit d'un simple accident de la route !

Lorsqu'un motard australien meurt en course, 1'882 articles sont publiés sur lui. On n'hésite pas à ériger des stèles, à organiser des cérémonies commémoratives, mais jamais on ne remet en question la légitimité d'une telle course.

Moralité: le Dakar est une course qui permet de détruire des paysages et des habitants de régions dans lesquelles la mort est considérée comme un dégât collatéral, d'après les organisateurs.

La télévision et la pub

Hier soir je regardais par hasard la télévision (c'est toujours par hasard) et, dans une frénésie de zapping, je suis tombé sur "Les enfants de la télé" présenté par Arthur. Comme invités, les bronzés, venus présenter leur dernier film "les bronzés 3".

"Il faut allez voir ce film" clame le présentateur. "Ce film est génial et nous attendions depuis longtemps votre retour. Nous vous souhaitons un grand succès. Vraiment, tout le monde doit aller voir ce film".

L'émission, qui doit bien durer au moins deux heures, noie le téléspectateur sous des avalanches de "il faut absolument aller voir ce film", entrecoupées de making off et d'anecdotes. Quand j'ai éteint la télé j'ai appelé par accident mon chien Popeye et je voulais acheter une perruque.

A quoi en est réduite la télévision en 2006 ? La quasi totalité des émissions ont comme but principal de nous vendre un auteur, un spectacle ou un DVD. Même au journal télévisé suisse la présentatrice reçoit des invités venus parler de leur dernier livre. Il en va évidemment de même dans les émissions culturelles. Rien n'est gratuit. On invitera de préférence une personne qui vient de sortir un livre ayant un vague rapport avec le sujet traité, plustôt qu'un éminent spécialiste qui lui, n'a pas le temps d'écrire des livres.

Le but et l'intérêt de la télévision est-il vraiment de mimer les panneaux publicitaires ? Y a-t-il au moins encore des émissions dont le seul objectif serait de nous divertir ?

Trouvé ! "Le plus grand cabaret du monde" de Patrick Sébastien. A première vue seulement, car Patrick Sébastien n'échappe pas à cette nouvelle tendance et, avec son style bien à lui, il nous assène des : "Alors j'ai lu ce livre. Il m'a bouleversé. Vraiment, jamais je n'avais lu de telles choses".

"Qui veut gagner des millions" ? Encore raté, il existe la version DVD du jeu avec 10'000 questions permettant de s'entraîner en cas de grève.

"Vidéo gag" ! Eh oui. Pas de publicité, présentateurs sans grand intérêt, sujets variés et surtout des frais de production vraiment réduits puisque le contenu est entièrement et gracieusement fourni par les téléspectateurs.

En 2006, une télévision sans publicité est donc une télévision composée de vidéos envoyées par les téléspectateurs, présentée par des animateurs lobotomisés et sans humour. Une télévision au contenu pitoyable dont la seule utilité est d'éviter l'achat d'un caméscope.

Moralité: il faut tomber bien bas pour échapper à la publicité. Et nous n'avons certainement pas encore tout vu.

On patauge dans le yaourt

Pour une fois cette célèbre expression n'est pas au sens figuré mais bien au sens propre. Au propre, c'est beaucoup dire d'ailleurs. En effet, certaines marques de yaourts que l'on trouve dans nos magasins d'alimentation n'ont rien de très propre. Vous ne voyez sans doute pas où je veux en venir, alors cessons de tourner autour du pot et détaillons le sujet de manière scientifique.

Un pot de yaourt, c'est quoi ?

  • c'est un respectable réceptacle généralement en matière plus dure que le contenu qu'il est sensé contenir. Généralement non poreux, parce que ça ne fleurerai pas top dans le frigo.
  • un couvercle qui permet de l'ouvrir une seule fois de manière rapide, afin de se délecter au plus vite du nectar ventriculaire.
  • Mais avant tout, c'est un contenu, en général une matière gluante et collante souvent de couleur claire, parfois avec des intrus appelés "morceaux de fruits" et un léger goût de quelques chose qui nous rappelle un vague produit issu du milieu agricole (en général, fraise, mocca, ou ananas parfois les trois en même temps).

Voyons maintenant comment les fabricants de yaourt s'y prennent pour nous compliquer la vie. "Nous compliquer la vie ???" Mais il est fou, c'est pas compliqué un pot de yaourt me direz-vous ? Depuis quelques années déjà, pour diverses raisons que nous allons évoquer plus loin, le yaourt de base a complètement changé. En bien ou en mal, à vous d'en juger.

Le pot tout d'abord. Il y a très très longtemps (au moins 100 ans), le pot était en verre. Il y a très longtemps (au moins 10 ans) il était constitué d'une pièce en plastique sur laquelle étaient imprimées diverses propagandes publicitaires à propos des vertus de manger du flan. Maintenant, c'est bien différent. Prenons les yaourts de base que l'on trouve à la Migros (chaîne suisse de supermarchés pourvue de plusieurs maillons faibles). Le pot, c'est quelque chose à voir! D'abord une première pièce en matière synthétique, une sorte de PVC mou et blanc, soi-disant moins polluant dans la nature (c'est la Migros qui le dit… pas les castors…) par-dessus, une pièce de carton sur laquelle figure toujours ce slogan alimentaire.

Quand on jette le pot à la poubelle, deux solutions. Mauvais écologiste, je jette rageusement et rassasié mon pot directement aux détritus, ou alors helvète abouti comme l'est le suisse allemand de base, je démonte mon pot en deux pièces que je jette dans mes deux poubelles destinées au plastique et au carton (la jaune et la verte).

Fatiguant ! C'est compliqué et stupide, je propose de simplifier le problème. Imprimons directement la propagande migrosienne sur le pot en plastique mou et abandonnons la partie carton au profit de la forêt amazonienne. Pas bête ! Voilà une idée qu'elle est bonne. Enfin, on l'avait déjà eue il y a 10 ans. D'ailleurs, il y a 10 ans, on faisait même mieux, la propagande figurait uniquement sur le couvercle, on n'imprimait rien sur le pot.

Le couvercle, ou opercule pose également problème. Chaque année les laboratoires Nestlé innovent et pour une fois, l'ingénieur qui s'en est occupé n'est pas tombé dedans (le yaourt donc). Vous voyez de quoi je parle ? Non ? Le couvercle en plastique !!! Enfin une idée géniale. Une simple feuille de plastique collée sur le dessus du pot qui fait office de capuchon. C'est vrai, souvenez-vous du passé, le couvercle en aluminium (ça coûte cher l'aluminium). On tirait sur la languette afin d'ouvrir le pot et huit fois sur dix, on déchirait l'alu. Et là, c'était foutu, la guerre des nerfs commençait. Il fallait délicatement, au risque de ce planter de fines lamelles d'alu sous les ongles, retirer tous les restes d'alu autour du couvercle. Tâche très difficile, parfois même impossible. L'alu, très bon nageur, profitait d'un moment d'inattention pour plonger dans le yaourt au caramel. C'était dégueulasse. D'ailleurs c'est pour ça que jusqu'à l'âge de 20 ans je ne mangeais pas de yaourt. J'avais bien essayé, mais tant que je n'avais pas retiré tous les restes d'alu du pot, je ne pouvais manger mon yaourt. En général, quand j'avais terminé, le yaourt avait tourné et prenait une odeur innommable.

Bref, on vit une époque formidable. Mais alors, pourquoi certains fabricants primitifs continuent-ils à mettre des couvercles en alu ? Pourquoi s'acharnent-ils à nous détruire nos fins des repas ? Peut-être que la machine à coller les couvercles a coûté tellement cher qu'ils ont calculé l'amortissement sur 226 ans ?

Venons-en au contenu. A la base c'est un produit laitier simple. Une sorte de lait assez fermenté pour donner du yaourt, mais pas assez pour obtenir du fromage. Un fabricant ne le voit pas du tout de cet oeil. Pour lui un yaourt, c'est un coût de fabrication. Le principe étant de baisser le prix de la tonne sans toucher au poids de la tonne. Les consommateurs, quant à eux sont des vaches à lait friandes de produits doux et sucrés qui achètent de la gelé blanche au gramme. On peu aussi définir le yaourt comme une base neutre, sans goût, sans odeur et sans texture sur laquelle un vicieux ordinateur automatique va ajouter des colorants, des goûts artificiels et des petit morceaux de déchets carnés et faisandés pour créer une texture (parfois c'est aussi de l'éponge).

Il ne se passe pas une année sans que l'on invente un nouveau yaourt encore moins dangereux pour la santé. A chaque fois les fabricants nous promettent monts et merveilles: toujours meilleur pour la santé que le précédent. Je me souviens de l'année où une grande marque avait innové avec un yaourt dépourvu de produits laitiers. Une sorte d'huile de tournesol gélifiée, soit disant 100 % naturelle (c'est la pub qui le disait !). Imaginez le tableau, un pot rempli d'une vieille huile émulsifiée avec un léger goût de chocolat ou de banane.

On a aussi connu la tendance "Le yaourt est un complément alimentaire et vous apporte tout ce qui vous manque: LC1, Omega 3, Bifidus et compagnie". Non mais ils plaisantent les tartés du marketing ??? Si notre alimentation supposait une quelconque carence, cela fait longtemps que l'humanité aurait disparu. En l'occurrence ce n'est pas le cas, bien au contraire.

Mais le plus beau, c'est les pots 0 %. Génial, mes préférés ! Pas de graisse à l'intérieur. Rien, niet, nada ! C'est pas très éthique de jouer sur les méfaits de la sédentarité pour culpabiliser nos riches bourgeoises à propos des graisses qui obstruent leurs canapés. Le problème principal, ce ne sont pas les graisses dans l'alimentation (c'est un problème important certes) mais bien le manque d'activité physique en général. La plupart des gens à notre époque stagnent devant la télévision à regarder des publicités qui vantent des produits qu'ils sont en train de consommer la télécommande à la main.

samedi 1 avril 2006

La recherche informatique

On assiste depuis quelques années à un comportement qui est en passe de changer nos habitudes de vie : la recherche effrénée d’informations. Avant Internet, la recherche ne préoccupait personne sauf, bien entendu les chercheurs, qui d’ailleurs trouvent rarement ce qu’ils cherchent. A cette époque les recherches se résumaient à ouvrir l’annuaire téléphonique pour chercher urgemment un médecin ou le dictionnaire pour chercher le sens d’un mot de neuf lettres apparu dans un jeu télévisé. A part cela, jamais personne ne cherchait quoi que ce soit.

Or, tout à coup, il devient impossible de vivre sans chercher. Chercher quel temps il fera à Noël prochain. Chercher des tablatures pour une chanson de Brassens. Chercher le dernier tube des chaussettes noires en MP3 et si possible gratuit. Chercher la solution d’un devoir de math. Chercher la dernière illusion d’optique à la mode. Chercher le numéro de téléphone de son voisin. Chercher une recette à base de champignons et chantilly. Ou encore chercher dans le vague sans savoir exactement ce qu’on cherche. Essayez d’imaginer la journée type d’un adolescent ou d’un connecté à Internet en l’absence totale de moteurs et de sites de recherche. Un calvaire !

Même les chercheurs cherchent. Le premier réflex avant même d’entreprendre n’importe quelle tâche ménagère, intellectuelle, sociale, ou autre est de se ruer sur son Toogle favori afin de savoir si quelqu’un l’a déjà fait. Si oui, la recette est simple :

  • copier coller
  • apporter quelques modifications personnelles
  • en parler à ses amis
  • publier rapidement le résultat sur Internet

Et cela fonctionne. Cette culture de surface, ce verni de savoir, ce semblant de puissance courent les autoroutes de la désinformation. Tout n’est que répétition et déformation. Tout un chacun a l’impression d’être un cyber-professeur, un pilier de la connaissance. Mais lorsqu’une vraie question se pose, une bien dodue et poilue, vous pouvez toujours chercher. Les as de la débrouille, les caïds des critères pointus sont aux abonnés absents. Comment faire, alors ? C’est scandaleux, la réponse n’est pas sur Internet. Il va falloir travailler et réfléchir, comme il y a vingt ans ; ce n’est pas très moderne.

La diffusion de l’information à outrance a un goût de liberté et de convivialité, mais sa pertinence est à prendre avec des pincettes. Après la fièvre de la recherche viendra certainement d’ici peu l’obsession du filtre.

Moralité : sur Internet, quand on cherche, on trouve toujours, mais dans quelles conditions !

Paradoxe de l’ère Internet

Merci Messieurs Google, Yahoo et autres Hasta luego. Grâce à vous quand je cherche dans quel sens tourner le bouton du volume de mon ampli Marantz de 1972 pour entendre plus fort, j’ai la réponse en moins d’un dixième de seconde : vers la droite.

Grâce à vous, avant d’aller skier sur le toit du monde, j’ai l’image de la piste sur laquelle je serais dans deux heures. Vive les webcams. En fait, il y a un peu trop d’attente au télésiège ; je vais plutôt me faire livrer un pizza dont je choisis les ingrédients on-line et au gramme près.

Comme tout internaute qui se respecte, j’ai acheté le PC dernier cri, avec de la mémoire en surabondance, un disque dur à faire pâlir d’envie un éléphant. Et tout à coup j’ai besoin d’un document que j’ai écrit il y a un mois. Comment faire ? Une recherche sur mon disque dur, dans cette forêt de dossiers qu’on appelle arborescence. Pas simple ! Au moins cinq minutes pour que mon PC m’indique où le trouver.

Paradoxe ultra-moderne. Google trouve n’importe quel détail dans la mémoire de l’humanité en moins d’une seconde, alors que je suis incapable de savoir ce qui se trouve sur mon disque dur. N’y aurait-il pas comme un problème. Visiblement un des deux a progressé trop vite.

Moralité : il faut vite que Google index mon disque dur. Il est vraiment indispensable, ce Monsieur.

jeudi 30 mars 2006

Taxes et surtaxes

Logiciels « pire tout pire », copie privée, chanteurs au chômage, téléchargement sauvage. Quelle horreur ! Les multinationales de la musique et de la vidéo sont au bord de la faillite, car plus personne n’achète des CD ou des DVD. Les pauvres gars !

C’est vrai que les gens sont méchants avec ces philanthropes désintéressés qui nous proposent nos chères musiques et films préférés. Si certains commettent bourdes sur bavures, agissements illégaux (d’ailleurs condamnés par les tribunaux de la majorité des pays) sur excuses bidon, c’est pour notre bien. Pour nous éviter d’avoir des accidents de la route en essayant de glisser malencontreusement une galette musicale dans notre autoradio et ainsi pouvoir simplement écouter de la musique achetée en toute légalité.

Afin d’éviter à ces Saint-Bernard du divertissement de rester incompris à jamais et de risquer l’anéantissement complet de leur espèce, il existe des solutions, dont certaines sont d’ailleurs déjà en vigueur : les taxes. Il ne faut pas en rester aux taxes sur les CD et DVD vierges, les disques durs, les ordinateurs, les baladeurs MP3. Voici d’autres possibilités permettant de renflouer les caisses de nos amuseurs publiques :

  • Taxe sur les lecteurs de CD et DVD (y compris les modèles pour automobiles)
  • Taxe sur les haut-parleurs
  • Taxe sur les fauteuils et canapés utilisés pour écouter de la musique
  • Taxe sur les habits, à moins d’apporter la preuve que l’on écoute toujours la musique dans le plus simple appareil
  • Taxe sur l’électricité, étant donné que la plupart des radios/lecteurs/graveurs/baladeurs sont d’une manière ou d’une autre électriques
  • Taxe sur les transports en commun utilisés pour se rendre chez les marchands de musique
  • Taxe sur les browsers internet
  • Taxe sur les piles des baladeurs MP3
  • Taxes, en fait retenue de salaire, sur les heures passée à écouter de la musique sur son lieu de travail
  • Taxe sur l’air, car sans air il n’y pas de propagation des ondes sonores
  • Taxe sur les oreilles, payable en 12 mensualités dès la naissance
  • Taxe sur la naissance de tout mélomane potentiel
  • Prime à l’avortement, technique permettant tout de même d'éviter de multiplier des pirates en herbe et autres téléchargeurs anonymes
  • Taxes applicable, par solidarité, à toutes les personnes non soumises aux taxes ci-dessus

En cherchant bien, on doit pouvoir faire encore mieux pour aider une industrie à la dérive, mais tellement indispensable.

Heureusement que les fabricants de films pour appareils de photos ont su s’adapter à l’évolution technologique.

Mais que devraient dire les petits épiciers, les rémouleurs, les promeneurs solitaires ?

mercredi 15 mars 2006

Douaniers sans frontières

Après Médecins sans frontières, Reporters sans frontières et bien d'autres, une nouvelle association vient de naître: Douaniers sans frontières. En effet, avec la construction de l'Europe et la disparition progressive des douanes traditionnelles, les douaniers ont perdu leur territoire, leur chasse gardée, leur petit mètre carré dans lequel ils sont tout puissants.

Finalement, bien mieux que la disparition des frontières en Europe, c'est la disparition des douaniers qu'il faut saluer. Ce non-métier, exercé par des terriens du troisième type oscillant entre le sadisme primaire et la bêtise sur-entraînée (vous savez, le truc qui n'a pas de limites) est bien étrange. Chacun peut en faire l'expérience. Il vous suffit de passer devant un douanier sans baisser les vitres de la voiture. Normalement vous allez recevoir invectives, menaces et autres armes des faibles en habit d'apparat. La prochaine fois, essayez de vous arrêter et de baisser la vitre devant un douanier en train de parler avec un collègue. Là vous risquez un: "Ben alors! Allez-y!!".

Qui parmi vous n'a jamais eu une étrange hésitation devant le même douanier toujours en train de parler avec son collègue (à croire que le travail en binôme, comme en informatique, évite les bavures), lorsque celui-ci semble faire un signe de la tête. On ne sait si le vague geste fait partie de sa conversation hyper-intéressante ou bien si c'est à vous qu'il essaie de dire "Allez-y!". A croire qu'au fil des années la relation entre le douanier et sa proie s'est optimisée au point que sa seule présence devrait nous plonger dans une osmose permettant de se comprendre sans une parole, sans même un geste, aussi embryonnaire soit-il.

Bien sûr, c'est caricatural, exagéré, généralisé, mais tellement vrai. Et comme, parmi les douaniers, il doit y avoir la même proportion de gens sympathiques que dans le reste de la population, c'est forcément la fonction qui pose un problème et non l'humain qui la revêt.

Le franchissement d'une douane peut être ressenti comme une mini garde à vue, et, pour une fois, n'importe qui peut avoir l'impression d'être dans la peau d'un malfaiteur ou d'un criminel. Si vous êtes en quête de sensations fortes, traversez une douane plusieurs fois par jour. En cas de problèmes ultérieurs avec la justice, vous vous serez ainsi un peu accoutumé à l'atmosphère carcérale.

La disparition des douanes a donc poussé nos braves barrières vivantes à se mettre au service de pays étant en manque de douaniers. De cette manière, en cas de conflit, les reporters sans frontières nous tiennent au courant des événements, les médecins sans frontières essaient de soigner les plus démunis et les douaniers sans frontières sont là pour les empêcher de passer.


lundi 13 mars 2006

Durée de vie du proton


(inspiré d'une présentation de R. Carreras)

La durée de vie du proton est d’environ 1040 secondes. Après…il se transforme. Sachant que quasiment la moitié de toute la matière qui nous entoure est constituée de protons, à frotiori un être humain, les gens devraient être paniqués à l’idée que la moitié de leur corps se désintègre petit à petit. Toutes les 1040 secondes un proton disparaît. Angoisse suprême !

En fait ce n’est peut-être pas si grave. Bien que ce nombre de 1040 puisse paraître normal, voire même petit, rappelons que la moindre calculette peut nous afficher des 10308, il représente tout de même un temps très long. Pour s’en rendre compte, voici trois histoires.

Combien de dés ?
Imaginons qu’une personne lance un dé chaque seconde. En moyenne, le chiffre 6 sort toutes les 6 secondes. Si la personne lance 2 dés chaque seconde, en moyenne toutes les 36 secondes (6 fois 6) il y aura 2 fois le chiffre 6. Avec 4 dés il faudra attendre en moyenne 1296 secondes pour obtenir uniquement des 6.
Combien faudrait-il de dés (à lancer chaque seconde) pour qu’en moyenne il faille 1040 secondes avant que tous tombent sur 6 ? La réponse est : 51 dés.

Les trois peties bêtes
Imaginons une petite bête qui fait le tour de la Terre par l’équateur. Cette bête avance de 1 millimètre chaque année. A cette vitesse 2000 ans représentent un parcours de 2 mètres pour notre petite bête.
Quand la petite bête, que nous appellerons A, a terminé un tour de Terre, une autre (que nous nommerons B) démarre. A chaque toure de Terre de A, B avance de 1 millimètre. Quand B a terminé un tour de Terre, Une troisième, C, avance de 1 millimètre.
C’est seulement lorsque C aura effectué 4 ou 5 tours de Terre que 1040 secondes se seront écoulées.

Les timbres-poste
La troisième histoire est encore plus incroyable, mais elle nécessite la présence d’un extra-terrestre fictif. Imaginons cet extra-terrestre qui débarque sur Terre et colle un timbre-poste sur le sol. Pour fixer les idées prenons un timbre de 2cm x 2cm et d’une épaisseur de 0,1 millimètre. L’extra-terrestre s’en va et revient après 100'000 ans afin de coller son 2ème timbre à côté du premier. En 100'000 ans n’importe quelle civilisation a très largement le temps de disparaître.
Notre extra-terrestre est tenace et tous les 100'000 ans il revient pour coller un timbre. Lorsqu’une surface équivalente à celle de l’europe est entièrement recouverte, il remet une couche, toujours au rythme d’un timbre tous les 100'000 ans.
Lorsque l’épaisseur des timbres atteint le sommet de la tour Eifel, l’extra-terrestre enlève tous les timbres et il recommence avec un premier timbre, un deuxième etc, toujours au même rythme, jusqu’à atteindre à nouveau la hauteur de la tour Eifel. Lorsqu’il aura répété l’opération et atteint 100'000 fois la hauteur de la tour Eifel, il se sera écoulé un temps d’environ 1040 secondes.

Moralité quand votre calculette vous indiquera un nombre du genre 1040, pensez aux petites bêtes ou aux timbres-poste. Vous ne la regarderez plus comme avant.

dimanche 26 février 2006

Y a un problème avec les math

J'ai découvert de quoi démolir la théorie des nombres, le principe de Fermat et la théorie de la relativité. J'achète dix CD vierges avec leur boîte dans un magasin quelconque, il y en a pour 5 Francs. Dans le même magasin j'achète dix boîtes de CD vides, elles me coûtent 8 Francs. Cherchez l'erreur. J'ai donc tout intérêt a acheter les dix CD pour 5 Francs. Je vends ensuite les boîtes vides 7 Francs à quelqu'un qui n'a pas encore compris le truc. Donc j'ai mes CD plus 2 Francs de bénéfice.

Autre cas de figure: j'ai besoin de boîtes pour ranger mes CD. Au lieu d'acheter dix boîtes vides pour 8 Francs, j'achète dix boîtes pleines pour 5 Francs. Je rentre à la maison, je mets les CD à la poubelle. J'ai donc économisé 3 Francs et j'ai tout compris au commerce. Autre exemple: j'ai besoin d'une mini pile bouton. Le problème est qu'elle coûte au moins 3 Francs. Je vais chez Interdiscount, j'achète une calculatrice pour 2,50 Francs (oui, ils en vendent, et même des moins chères). J'ouvre la calculatrice, je récupère la pile et je jette la calculatrice. J'ai ma pile, j'ai économisé de l'argent et je contribue à remplir les poubelles.

Soyons un peu plus modernes. J'achète une imprimante à jet d'encre pour 60 Francs. Ce n'est pas le nec plus ultra, mais c'est mieux que le marteau et le burin, et pas cher. Lorsque les cartouches d'encre arrivent en bout de course, je dois débourser plus de 100 Francs pour les remplacer. Que faire ? Quel dilemme! Je rachète une imprimante, je sors les cartouches et je jette le reste. Oui je sais! Les cartouches des imprimantes neuves ne sont pas toujours complètement pleines (mais chut, certains l'ignorent).

Un beau jour j'achète un lecteur MP3 à 300 Francs. Hélas, je m'assois dessus et la vitre se brise. Je retourne chez le gentil et compétant vendeur du charmant petit hypermarché et je demande un devis pour le réparer. Je dois payer 30 Francs pour avoir un devis, somme déduite au final si j'accepte la réparation. Une semaine plus tard le couperet tombe: il y en a pour 350 Francs. Soit je refuse et me retrouve avec un appareil inutilisable suivi de près par un trou de 30 Francs dans mon portemonnaie, soit j'accepte la réparation et je récupère un appareil d'occasion, mais fonctionnel, pour la modique somme de 350 Francs. Troisième possibilité, vous l'avez tous deviné: la poubelle! Et je retourne dare-dare me racheter un lecteur MP3 à 200 Francs, puisqu'entretemps le prix a baissé.

De qui se moque-t-on ? A quoi riment les marges bénéficiaires. Cela a-t-il encore un sens de mettre un prix sur un objet ? Serait-ce cela la société de consommation ?

Moralité, les vendeurs de poubelles ont un bel avenir.

vendredi 3 février 2006

Piratage et protections

Pourquoi les protections sautent-elles les unes après les autres ? Qu'il s'agisse de protection de logiciels, de cartes bancaires, de CDROMs, de compteurs de voitures, de menus d'appareils de photo ou de n'importe quel autre dispositif un tant soit peu électronique.

Pourquoi lorsque Microsoft, avec ses meilleurs techniciens et des moyens financiers sans pareil, sort une nouvelle protection de Windows XP permettant de déjouer les numéros de série pirates, il se passe moins d'une semaine pour que l'ado du coin ou un chômeur déçu par la médiocrité des programmes télévisés puissent déjouer la mastodontique technologie mise en place par des spécialistes, que dis-je, des experts, et les meilleurs du monde ?

Lorsqu'un homme (ou femme) politique annonce telle ou telle mesure de sécurité absolument inviolable, spécialement conçue par les plus grands spécialistes, testée en secret pendant des années par des milliers de cobayes, pourquoi est-on en droit et même en devoir de ricaner bien bas, sachant pertinemment que cela ne tiendra pas la route?

Des exemples, il y en a plein les journaux, plein les magasins, plein les rues, plein les têtes. Bref, ce ne sont plus des exemples, il s'agit de la pure normalité.

Pourquoi les frêles pirates sont-ils toujours plus forts que les experts sur-spécialisés ? La réponse est très simple: ils n'ont pas les mêmes valeurs, ils ne vivent pas dans le même monde, ils n'ont pas les mêmes motivations.

Prenons le cas d'un spécialiste de la sécurité informatique travaillant pour une banque. Il est employé; il travaille la journée, parfois la nuit (mieux payé), mais tôt ou tard il rentre chez lui, généralement une fois par jour. Il a tout de même droit à une vie privée! Et il essaie de ne plus penser à son travail.

Prenons maintenant un pirate, un hacker en culottes courtes. Il est chez lui. Il n'est souvent pas payé. Dès qu'il s'attaque à un problème, il ne le lâche plus. S'il le faut, il va rester croché jour et nuit, sans dormir. Il doit prouver qu'il arrive à percer tel ou tel système de protection. Il en va de sa réputation, de sa vie, de ce que ses copains vont penser de lui. Ce n'est même plus de la motivation, c'est de l'acharnement, de l'obsession. Souvent c'est même uniquement un défi à relever.

On ne peut pas comparer un spécialiste, ayant une foi inébranlable dans les formules et équations qu'il a apprises durant ses dizaines d'années d'études hautement spécialisées, et un "pas grand' chose" autodidacte, déterminé à 200 % et quoi qu'il arrive, à trouver une solution à son problème. Il n'y a pas photo, les deux ne jouent pas sur le même terrain.

Certaines sociétés l'ont bien compris. Elles engagent des ex-pirates pour sécuriser leurs systèmes. Mais probablement l'avantage n'est que passager. Un hacker engagé aura peu à peu tendance à devenir un employé.

Alors que faut-il faire ? Ne plus rien protéger ? Certainement pas, quoi que… Mais non, ce n'est pas viable. Toute personne ayant été lésée dans ce genre de problèmes vous le dira. Il n'y a probablement rien à faire. Il s'agit d'une escalade protection-piratage- protection-piratage… Disons que si les sur-spécialistes méga-intelligents pouvaient seulement un peu moins se vanter d'être les plus forts, cela contribuerait certainement à calmer le jeu.

Si, d'un autre côté, les super-méga-sociétés hyper-structurées pensaient un peu plus à engager des "mordus" d'informatique", plutôt que des porteurs de centaines de diplômes et de certifications en tous genres, mais visiblement incapables de différencier un 1 d'un 0, elles auraient certainement beaucoup à y gagner.

Moralité: y a pas de moralité, le monde est trop injuste.